Excursion au Grand Palais pour le Salon du Livre Rare et de l’Objet d’art

Salon du Livre Rare et de l'Objet d'art 2019 au Grand Palais

La grande verrière inonde de lumière le vaste espace qu’occupe pour la treizième fois le Salon International du Livre Rare et de l’Objet d’art. Immersion au Grand Palais entre les chefs d’œuvres littéraires et les objets d’art qui ont fondé notre passé commun. Reportage.

 

La manifestation rassemble des professionnels du monde entier, des Français, des Allemands, des Italiens, des Hollandais, des Anglais, des Belges, des Américains. Toutes les grandes librairies et galeries se retrouvent encore une fois au Grand Palais pour présenter au public parisien, amateur ou éclairé, simple curieux ou bibliophile, le meilleur de leurs collections. Des livres, estampes, dessins, tableaux, objets très rares et parfois jamais encore montrés.

Après avoir passé les contrôles de sécurité, je me retrouve sous la grande coupole de verre. Je décide de commencer ma visite par la partie gauche du palais, la nef sud.

Mes pérégrinations me conduisent chez un marchand lyonnais où le public parisien a pu découvrir un morceau célèbre de notre passé national : un joli papier ancien où est écrit, d’une calligraphie certaine et élégante, « La vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera – Emile Zola». Il s’agit d’une pensée autographe de l’écrivain suite à l’affaire Dreyfus, à laquelle il prend part en publiant notamment la célèbre lettre ouverte au président Félix Faure : « J’accuse ». Plus loin, une galerie chinoise expose un bel exemplaire de L’Année terrible de Victor Hugo. Il s’agit de l’édition originale, dont la reliure est en cuir grenu de couleur noisette et où figure sur la page de titre un envoi autographe de l’auteur à Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, qu’il courtise… Encore un joli témoignage de notre passé littéraire.

Le sol est recouvert d’une moquette noire, où se détache aux abords des stands de galeries et librairies, un liseré beige. L’allée centrale qui suit la grande verrière est recouverte d’un grand tapis rouge. Un mobilier en bois laqué blanc a été installé tout le long de cette grande artère pour permettre aux visiteurs de se reposer tout en admirant les incroyables collections ici présentées. Alors que je m’asseyais sur un de ces bancs, mon regard se posa sur des feuilles dont le papier avait jauni. Me rapprochant, je découvrais avec surprise qu’il s’agissait de plusieurs chansons originales écrites de la main de Georges Brassens dont le célèbre morceau La Chasse aux papillons. Continuant mon chemin, mon regard est attiré par une jolie gravure ancienne. En discutant avec le marchand, celui-ci m’apprend qu’il s’agit d’un livre très ancien et qu’il a un trésor inestimable dans sa bibliothèque. Il sort délicatement un petit livre d’une vitrine et me le présente. Il s’agit d’un livre d’heures du XVIe siècle, vers 1540. L’édition est très rare, imprimée sur une peau de vélin (il s’agit d’une peau de jeune veau) et comportant dix-neuf illustrations issues de bois gravés et mises en couleur lors de l’édition du livre. Un exemplaire rare qui manque à la collection de la Bibliothèque Nationale de France (BNF) !

Toutes les périodes sont couvertes. On trouve ça et là des lettres autographes du Che Guevara, d’Albert Camus, de Gustave Eiffel, de Jean Cocteau, de Claude Debussy et même de Pierre Rubens !

En quittant la partie consacrée aux livres et manuscrits, j’entre dans la partie du salon dédiée aux estampes et dessins. On y trouve des estampes japonaises du XIXe siècle, celles-ci même qui ont inspiré nos peintres impressionnistes dans le dernier quart de ce siècle; mais aussi des dessins anciens et rares comme une étude d’homme tenant un rouleau à l’encre par Giambatista Tiepolo, ou encore une étude d’homme noir à l’aquarelle par Théodore Géricault. Une galerie parisienne présente même une petite gravure de Rembrandt !

Je repasse sous la coupole et me dirige vers la nef nord, à partir d’ici se trouvent les objets rares. Bronzes, bijoux, tableaux, argenterie, miniatures… C’est sans doute dans cette partie du salon que se trouve le stand le plus pédagogique et le plus intéressant du salon. Le stand des experts. Avec une grande ingéniosité, ces derniers ont monté une exposition d’objets confrontant le vrai et le faux. Une fausse assiette de porcelaine, de facture moderne à côté d’une assiette ancienne du XVIIIe siècle. C’est à l’amateur averti de tenter de faire la différence. Le résultat est accablant, la quasi-totalité des amateurs ayant tenté leur chance ont échoué. Les experts expliquent à tous comment distinguer le vrai du faux à travers des cycles de conférences. Tout s’y prête : argenterie, mobilier, vaisselle, tableaux, art africain etc.  Chacun est reparti davantage aguerri pour déceler dans le futur tout ce qui pourrait être de qualité douteuse.

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