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	<title>Moyen-Orient - Billet de France</title>
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	<title>Moyen-Orient - Billet de France</title>
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		<title>L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Yves de Cara]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Nov 2023 22:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Émirats arabes unis]]></category>
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		<category><![CDATA[Sorbonne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 13/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/lenseignement-superieur-un-outil-dinfluence-lexemple-franco-emirati/13/11/2023/">L’enseignement supérieur, un outil d’influence : l’exemple franco-émirati</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>L’enseignement supérieur constitue désormais un marché international. La mobilité des étudiants à travers le monde incite les établissements d’enseignement à attirer des étudiants étrangers, parfois par des formations spécifiques, ou inversement à projeter leurs offres de formation à l’étranger. Dans le second cas le défi est d’une tout autre ampleur. L’Amérique, l’Asie, le Proche Orient sont des régions cibles privilégiées avec des fortunes diverses liées notamment à la langue et à la culture locale. Dans le golfe arabo-persique, l’ouverture de la Sorbonne à Abou Dabi a suscité une curiosité narquoise, des espoirs, des imitations puis une certaine concurrence.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon fédéral des Émirats arabes unis (EAU), existaient plusieurs institutions. L’Université des EAU avait été créée sitôt après l’indépendance, en 1976, à Al Ain, couvrant les humanités et sciences sociales, l’éducation, les sciences administratives et politiques, le droit et la Shari’ah, l’agriculture et la santé. Elle a été suivie par les Higher Colleges of Technology en 1988 pour satisfaire des besoins de productivité, d’autonomie et de formation technique, puis par l’université Zayed (1998) et celle d’Al Ain en 2004, de nature pluridisciplinaire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">A côté de cet embryon d’enseignement supérieur, des établissements privés apparaissent sous l’impulsion d’entreprises, comme l’université Khalifa de sciences et technologie dont la création en 1989 est liée au développement des télécommunications puis à l’industrie pétrolière et à laquelle s’est ajoutée une branche recherche en 2007 (KUSTAR) ; par la suite l’Institut Masdar de recherche et de formation dans le secteur des énergies nouvelles et du développement durable y a été associé. Un décret de 2017 fusionne l’université et les centres de recherches Masdar et l’institut du pétrole.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A l’échelon de chaque émirat, des établissements d’enseignement supérieur sont établis ; ils sont tantôt publics (Ajman, Fujeirah, Dubai, Charjah…), tantôt privés comme l’American University of Sharjah fondée par l’émir Cheikh Sultan bin Mohammed al Qasimi ou l’université Al Ghurair de Dubaï du nom de la famille qui l’a créée en 1999 et qui a fermé ses portes en octobre 2022. Certains établissements sont pluridisciplinaires et proposent des formations générales qui se spécialisent à l’échelon du master, d’autres sont spécifiques et liées à une activité locale (Emirates Aviation university, Emirates Academy of Hospitality à Dubaï, Emirates Institute for Banking and Financial Studies à Charjah). Cette trentaine d’universités nationales traduit la volonté des autorités de conduire le développement du pays et de dégager une élite nationale destinée à se substituer aux étrangers qui participent à l’encadrement du jeune État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un programme ambitieux</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’ambitieux programme de développement et d’internationalisation de l’enseignement supérieur s’est donc fait jour très tôt aux Émirats. Néanmoins, la place des expatriés était et demeure dominante dans les secteurs de pointe du développement économique, technique, administratif et de l’éducation. Les nationaux représentent moins de 12% d’une population d’environ dix millions d’habitants. Or, il importe encore de former les cadres nationaux appelés à intervenir dans les différents domaines visés par les plans stratégiques de 2030, 2050 ou pour la 4e révolution industrielle (Mohamed bin Zayed university of artificial intelligence), et de créer des centres de recherche.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ce contexte, l’entrée d’universités étrangères sur le marché de l&rsquo;enseignement supérieur aux Émirats est encouragée. Sans doute est-elle soumise à des contraintes administratives notamment d’accréditation du ministère de l’Éducation. Elle doit s’inscrire aussi dans la perspective du développement durable des Émirats tout en assurant l’accès aux humanités, à une formation juridique adaptée et aux techniques avancées de la finance. A cette fin, a été établi The University Leadership Council présenté comme un hub chargé d’identifier les entreprises ou les projets innovants et de coordonner les principaux intéressés avec le monde académique pour renforcer les capacités de la jeunesse nationale (BUNYAN initiative for the capacity building of the youth).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un intérêt stratégique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’arrivée de ces universités étrangères aux Émirats peut servir leurs intérêts financiers, leurs ambitions de développement international (American University in the Emirates 2006, University of Wollongong 1993), ou une stratégie politique. Elles résultent parfois de l’amitié des princes (Université Mohammed V). La création de</span> <a href="https://www.sorbonne.ae/fr/">Paris Sorbonne Abou Dhabi</a> <span style="color: #000000;">en 2006, à l’initiative inspirée du Président Jean-Robert Pitte et sous le patronage du Prince héritier Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan, a un sens diplomatique ; elle s’inscrit aussi dans la tendance des universités françaises à s’internationaliser. Mais en raison d’une tradition anglo-saxonne plus ancienne dans la région et pour des raisons culturelles et linguistiques, la mission est périlleuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pour les EAU, il s’agit de la volonté d’offrir aux élites de l’Émirat, de la Fédération et du Golfe, une option entre la formation anglo-saxonne traditionnelle dans cette région, orientée vers la technique, la gestion, les affaires, et une formation française classique, ouvrant la voie à l’esprit critique, à l’éducation des femmes et permettant aux Émirats d’affirmer leur indépendance face aux alliances traditionnelles, tout en se proclamant « un pont entre les civilisations ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour la France, l’ouverture de la seule université francophone du Golfe arabique favorise à terme un rayonnement culturel et politique. Elle complète le projet de construction d’un ensemble de musées dont le Louvre. Elle est étroitement liée aux autres projets dont la Sorbonne est le symbole et son succès dans l’esprit des autorités de l’État hôte, la condition de la poursuite des autres projets : militaire, contrats, investissements, art et culture…</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le rapprochement avec la France</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Fondée par un accord de partenariat entre l’Université Paris Sorbonne et l’Émirat d’Abou Dabi, et par une loi de l’Émirat, l’université Paris Sorbonne Abou Dhabi (PSUAD) est un établissement émirati, dont le campus définitif est installé en 2009 sur l’île de Reem. Aussitôt, il est apparu que les programmes ne correspondaient pas à l’attente des Émiratis. Il fallut compléter le projet par une formation juridique et économique confiée en 2007 à la Faculté de droit de l’université Paris Descartes aux termes d’une convention particulière entre les deux universités parisiennes. Cette dernière, au départ simple prestataire de services est devenue le premier département académique de l’université par le nombre d’étudiants. Elle a contribué largement à l’implantation de l’université dans la région, par le succès de ses formations de troisième cycle et en assurant la majeure partie des ressources financières propres de l’établissement, dans des circonstances difficiles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Celles-là tenaient à la situation régionale dominée par les intérêts et la présence enracinée des pays anglo-saxons, aux différences culturelles profondes, à l’absence de tradition linguistique française, à l’engagement incertain du partenaire français, dès 2008 lors de la succession de Jean-Robert Pitte. Dans ces circonstances, la convention a été renouvelée en 2016 mais elle a été amendée de telle sorte que l’établissement n’est plus Paris Sorbonne mais bien la Sorbonne d’Abu Dhabi. A la faveur des évolutions de l’université en France, l’établissement s’est affirmé comme une institution nationale dans sa direction et son administration et elle s’est élargie aux formations scientifiques en mathématiques en physique.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Néanmoins, la concurrence a été stimulée. Du côté français, outre quelques tentatives avortées, l’université Paris 2 Panthéon Assas poursuit son programme d’internationalisation en ouvrant, en 2018, une nouvelle antenne de son École internationale de droit, après l’île Maurice et Singapour. Son projet s’attache à répondre aux besoins de la région avec une offre plus sélective, ouverte aux étudiants diplômés en droit, relations internationales et diplomatie. Aux termes d’une convention avec la Dubaï International Financial Centre Authority, elle propose une formation au droit international des affaires au niveau du master sanctionnée par un LLM.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Les universités anglo-saxonnes</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">New York University s’est établie sur de toutes autres bases que les universités françaises. Avec efficacité, détermination et unité d’action elle s’est imposée par son sens de l’adaptation, la diversité de ses actions culturelles et sa volonté d’ancrage dans la société locale, n’ouvrant ses premiers cours qu’en 2010, trois ans après son arrivée. Les établissements étrangers se sont multipliés, anglais, américains, australiens, canadiens avec, parfois, des replis obligés telle que Georges Mason University ouverte en 2005, fermant en 2009 mais dont le campus est repris par le Cheikh Saud bin Saqr el Qasimi pour constituer l’American University Ras al Khaima.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le marché est étroit : 295 000 étudiants inscrits avec un taux de défection important, dont 242 000 en licence, 27 420 en master. Les thèses entreprises visent davantage le titre de docteur que l’ébauche d’un travail de recherche à long terme. La connaissance des langues étrangères, notamment du Français est approximative, alors même que les Émirats sont membre associé de l’organisation internationale de la francophonie. Ce fait paradoxal et l’intérêt porté par les cheikhs à la présence d’universités étrangères aux Émirats dénotent combien l’enseignement supérieur participe désormais de la diplomatie culturelle des États.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Israël &#8211; Gaza : le massacre des Innocents</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/israel-gaza-le-massacre-des-innocents/09/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Aubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 20:43:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[7 octobre 2023]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Gaza]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Julien Aubert]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 09/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/israel-gaza-le-massacre-des-innocents/09/11/2023/">Israël &#8211; Gaza : le massacre des Innocents</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 7 octobre 2023, le Hamas mène une attaque sur Israël assassinant plus de 1 000 civils, 350 soldats et forces de sécurité israéliennes et capturant plus de 200 otages. Julien Aubert, ancien député du Vaucluse, vice-président des Républicains, président d&rsquo;Oser la France et chroniqueur pour le média <a href="https://lediplomate.media/author/julien/">Le Diplomate</a> revient sur ce massacre.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">11 septembre, Bataclan : les comparaisons ont été nombreuses pour donner un nom à l’innommable. Israël a désormais son « Sabra et Chatila », du nom des deux camps où des civils palestiniens avaient été massacrés par des phalangistes au Liban : il s’agit des kibboutz de Kfar Aza et Beeri. Y ont été retrouvés une centaine de corps. Hommes, femmes, enfants, personnes âgées peu importe. Signes de tortures, brûlés vifs dans leur maison, fusillés. Une journaliste relate avoir trouvé une femme enceinte éventrée avec le bébé accroché au cordon ombilical à côté d’elle. Sans compter des bébés décapités.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Bien sûr, la désinformation s’est mise en marche pour nier les faits, ce qui est la preuve que les soutiens du Hamas ont compris leur funeste erreur. L’agence de propagande turque d’Erdogan a ainsi publié un prétendu article affirmant qu&rsquo;aucun enfant n&rsquo;avait été décapité, laissant entendre qu&rsquo;aucun enfant n&rsquo;avait été tué par le Hamas. Ce n’est pas la première fois. La négation de la Shoah -présentée comme un mythe ou une propagande occidentale- a été soutenue en son temps jusqu’au plus haut niveau des autorités politiques du monde arabe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le déni israélien</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour comprendre la douleur des Israéliens face à ce déni, que les arabes se souviennent de Deir Yassin, ce village martyr de 700 habitants, situé légèrement à l’ouest de Jérusalem, dont une partie de la population &#8211; environ une centaine, d’après les recherches les plus récentes, dont des femmes, des vieillards et des enfants &#8211; avait été massacrée le 9 avril 1948 par des mouvements paramilitaires sionistes. Le souvenir de ce massacre avait servi de cri de guerre aux palestiniens et profondément marqué les opinions publiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/trafic-dantiquites-de-lirak-aux-etats-unis/11/10/2023/">Trafic d’antiquités : de l’Irak aux Etats-Unis</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En mars 1969, le ministère israélien des Affaires étrangères avait pourtant publié des « Background Notes on Current Themes : Deir Yassin » pour laver l’honneur des sionistes : le document déclarait cyniquement qu’aucun massacre n’avait eu lieu et que, depuis 1948, les Arabes s’étaient rendus coupables de « projection de leur culpabilité » et de la technique du « grand mensonge », dans le but de détourner l’attention des atrocités commises par leur côté. Il allait même à dire que le « mythe de Deir Yassin » faisait partie d’un « ensemble de contes de fée, destinés à être exportés ou consommés à domicile ». Ces affirmations étaient fausses, mais assassinaient une seconde fois les victimes.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Qu’on soit athée, juif, chrétien ou musulman, de tels crimes ne peuvent être ni compris, ni admis ni pardonnés. Pourtant, pour beaucoup de gens qui sont défenseurs d’un État Palestinien et critique du sionisme en tant qu’il nie au peuple palestinien le droit d’exister, cette vérité dérange et certains esprits faibles ont été tentés de minorer la responsabilité du Hamas, en rappelant les exactions commises par Tsahal. Qu’on se rassure, personne n’a oublié Mohammed Al Dura, un jeune Palestinien de 12 ans, tué par balles à Gaza, le 30 septembre 2000. Personne n’ignore que le conflit israélo-palestinien existe, et qu’il ne tue pas que d’un seul côté. Rappelons qu’en 2022, au moins 220 personnes ont péri dans des attaques israéliennes dans les territoires occupés, dont 48 enfants.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Invoquer la loi du Talion ne rendra cependant ni la terre ni la paix au Proche-Orient.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Elle est du reste ici en décalage, car si des morts civiles ont pu être recensées lors de ripostes ou d’attaques israéliennes, elles n’étaient pas visées en tant que telles, mais victimes collatérales d’affrontements militaires. Ce fut le cas en juillet 2002 lorsqu’un chasseur F-16 des FDI (Forces de défenses israéliennes) a largué une bombe d’une tonne sur une partie densément peuplée de la ville de Gaza qui a fait 17 morts pour l’élimination d’un responsable du Hamas. De même, lors des intifada, la majorité des enfants palestiniens tués l’ont été dans les Territoires occupés, lorsque des membres des FDI, l’armée israélienne, ont réagi à des manifestations et à des jets de pierres en faisant un usage abusif de la force armée, au mépris du droit international.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Tout ceci est vrai. La guerre est tragique, et voilà pourquoi le droit essaye de fixer des règles à une lutte à mort, pour que les belligérants n’oublient pas qu’on ne fait pas la guerre pour la guerre, mais au service d’un objectif politique &#8211; et que celui-ci peut parfois être atteint par la voie de la diplomatie. Yasser Arafat l’avait compris. Or, lorsque la guerre dépasse certaines limites, plus aucune paix n’est possible : les blessures sont trop profondes pour pardonner et oublier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;horreur du 7 octobre 2023</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les exemples cités étaient des violations claires du droit de la guerre, mais n’atteignaient pas le seuil critique atteint le 7 octobre 2023. Ici, une étape vers l’horreur a été franchie car il s’agissait de tuer pour tuer, en semant l’effroi. Au plan juridique, ce terrorisme est assimilable à un crime contre l’Humanité : des meurtres et actions d’extermination « dans le cadre d&rsquo;une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population et en connaissance de l&rsquo;attaque ». Mais au-delà du droit, c’est une vérité humaine et intuitive car en permettant de telles exactions, c’est chaque humain, en tant que père ou mère, qui est meurtri.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/">Afghanistan : les Taliban et le djihad international</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Hamas a ouvert les portes de l’Enfer et rejoint un club très fermé de gens qui dans l’Histoire ont massacré de sang-froid des enfants au nom de la race, comme les nazis ou les soldats de Daech. Les tentatives de recontextualisation dans un processus plus large de conflit au Proche-Orient sur la terre de Palestine, et sur le Ciel, entre deux religions, n’excusent rien. Le Hamas <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/mossad-shabak-aman-comment-israel-sest-fait-pieger-et-enfumer/05/11/2023/">a attaqué Israël</a> non pas en invoquant un État Palestinien mais au cri de « Dieu est grand » &#8211; mais que disent les textes religieux musulmans ?</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans la Tradition musulmane, la vie est sacrée dès son commencement jusqu’à sa fin naturelle : « Ne tuez qu’en toute justice la vie que Dieu a faite sacrée », dit le Coran v 151 s 6. Le Coran verset 93 s 4 confirme : « Quiconque tue intentionnellement un être humain, sa rétribution sera alors l’Enfer, pour y demeurer éternellement. Dieu l’a frappé de Sa colère, l’a maudit et lui a préparé un énorme châtiment ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En Islam, on ne tue pas les enfants même en situation de guerre contre un ennemi, car le Prophète a interdit de tuer les femmes et les enfants, comme le rapportent les hadiths. Le même hadith, attribué à &lsquo;Abdallah Ibn &lsquo;Umar &#8211; le fils du second Calife Umar &#8211; est recensé par Mouhammad al-Boukhari dans son Sahih al-Bukhari et Muslim ibn al-Hajjaj dans son Sahih Al-Musnadu Al-Sahihu bi Naklil Adli (dit Sahih Mouslim) « J&rsquo;ai trouvé une femme qui avait été tuée durant l&rsquo;une des batailles du Prophète (que la prière d&rsquo;Allah et Son salut soient sur lui), alors le Prophète (que la prière d&rsquo;Allah et Son salut soient sur lui) a interdit de tuer les femmes et les enfants ». On trouve un autre hadith dans le Sahih Mouslim, de Buraydah ibn Al-Ḥusayb Al-Aslamî : « Lorsque le Prophète nommait quelqu&rsquo;un à la tête d&rsquo;une armée ou d’une brigade, il l&rsquo;exhortait à craindre Allah et à bien se comporter avec les musulmans qui étaient avec lui, puis disait : « Conquérez au nom d&rsquo;Allah, pour la cause d&rsquo;Allah et combattez ceux qui renient Allah ! Conquérez, ne dérobez point de butin, ne trahissez point, ne mutilez point de cadavres et ne tuez point d&rsquo;enfants&#8230; ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ces hadiths tranchent avec la violence présente dans la Torah.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le Deutéronome, cinquième livre de la Bible Hébraïque (Ancien Testament) et dernier de la Torah, qui contient le récit des derniers discours de Moïse aux Israélites et le récit de sa mort, il est écrit : « Mais dans les villes des peuples dont l&rsquo;Éternel, ton Dieu, te donne le pays pour héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. Oui, tu extermineras ces peuples – les Hittites, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Jébusiens – comme l&rsquo;Éternel, ton Dieu, te l&rsquo;a ordonné » (20/16). La raison de cette injonction est explicite : « Tu ne feras point de pacte avec eux ni de compromission avec leurs divinités. Qu’ils ne subsistent point sur ton territoire car ils te feraient prévariquer contre Moi, de sorte que tu en viendrais à adorer leurs divinités, et ce serait pour toi un écueil. » (Exode 23:32).</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le livre de Samuel (15/3), qui raconte les faits d’armes de Saul (ou Talut dans le Coran), premier roi des Israélites en Terre d’Israël, il est dit à propos des Amalécites, un terme générique et sans doute historique pour désigner l’Ennemi constant, voire héréditaire d’Israël : « Vous devrez vouer à l’interdit tout ce qui lui appartient. Tu ne l’épargneras point. Tu mettras à mort, hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et moutons, chameaux et ânes ». Saul épargne le bétail et l’Éternel le punit.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Coran a donc apporté sur ce point une véritable avancée humaine &#8211; civilisationnelle &#8211; dans l’appréhension de la vie humaine par rapport aux religions révélées plus anciennes, et est finalement plus proche de la philosophie du nouveau Testament chrétien (où le massacre des Innocents commis par le roi Hérode est présenté de la manière plus négative qu’il soit, puisque Jésus en réchappe). Quant à la Torah, elle a été réinterprétée à la lumière de la modernité. La tâche de l’exégèse rabbinique a défini à quelles conditions il était possible, sinon obligatoire, de surseoir à l’anathème de la destruction de l’adversaire, en s’appuyant sur d’autres passages du livre de Josué ou de l’attitude de Salomon (nommément en cas de reddition et de repentance).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le défi musulman</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour les peuples musulmans, cette sauvagerie est donc un redoutable défi, car il représente une régression et un défi lancé à leur propre civilisation. C’est d’autant plus douloureux que bien entendu leur sympathie naturelle va au peuple palestinien, privé du droit à un État indépendant depuis 1948. Les clés emportées après la Nakba par les familles palestiniennes n’en finissent pas de rouiller mais la lucidité sur le rapport de force oblige à reconnaître que sauf à spéculer sur l’annihilation totale d’un des deux peuples, leur coexistence forcée est un fait structurant pour l’avenir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En commettant de telles exactions, le Hamas s’est discrédité définitivement dans les opinions publiques occidentales, car il ne s’agit pas d’anti-sionisme mais d’antisémitisme. C’est d’autant plus contre-productif que la politique de Benyamin Netanyahou est loin de faire l’unanimité, et que la société civile israélienne était en train de s’insurger. Le Hamas a ressoudé ceux qui s’affrontaient la veille, religieux et laïcs, gauche et droite, car le sang qui a coulé n’a pas de couleur politique ou sociale. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour les peuples concernés, l’heure du réveil a sonné. N’est-il pas temps de comprendre ce qui s’est joué depuis Oslo ?</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis maintenant trente ans, les extrémistes des deux camps cherchent à faire dérailler le processus de paix. En 1995, l’assassinat d’Yitzhak Rabin, Premier ministre israélien à la fin d&rsquo;une manifestation pour la paix en soutien aux accords d’Oslo sur la place des Rois d’Israël à Tel-Aviv, par un terroriste ultra-nationaliste israélien nommé Yigal Amir, a en réalité permis de donner le pouvoir à Tel-Aviv à des faucons, fermement opposés à l&rsquo;initiative de paix d&rsquo;Yitzhak Rabin et particulièrement à l’accomplissement des accords d&rsquo;Oslo. Si on met de côté la parenthèse Ehud Barak et Ehud Olmert (cinq ans), les premiers ministres qui se sont succédés ensuite (en commençant par Ariel Sharon et en terminant par Netanyahou) ont tous œuvré dans un sens sécuritaire. Un quart de siècle perdu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les erreurs d&rsquo;Israël</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La première erreur des gouvernements d’Israël a été de faire de la sécurité un « Tout », comme si la menace nucléaire iranienne &#8211; qui est une menace existentielle pour Israël &#8211; avait le même degré de dangerosité que la menace terroriste palestinienne. Ce faisant, la recherche d’une solution pacifique aux frontières a progressivement été reléguée au second plan. La seconde erreur a été de prioriser dans les faits la recherche de la paix avec le monde arabe, en ignorant l’effondrement de la Palestine et en colonisant sans bruit. Je crois au contraire qu’il valait mieux renforcer comme interlocuteur l’Autorité Palestinienne face au Hamas, pour montrer qu’une coexistence était possible.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Finalement, Israël a réalisé une forme de prédiction auto-réalisatrice, c’est à dire que la « petite » menace palestinienne est devenue un outil de la « grande » menace iranienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">On me rétorquera qu’à défaut de faire la paix en Palestine, les accords d’Abraham permettaient de stabiliser une région qui en a bien besoin. C’est exact et c’est incontestablement un succès pour Netanyahou. Néanmoins, il a précipité une convergence de l’axe chiite avec le Hamas sunnite, de la même manière qu’autrefois le Hezbollah a pu être instrumentalisé par la Syrie alaouite. Le but du Hamas dans cette action terroriste est de détacher l’Arabie Saoudite d’Israël en l’obligeant à réagir aux inévitables drames qui vont ensanglanter les représailles israéliennes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un besoin de courage politique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce cycle mortifère provocation &#8211; massacre &#8211; représailles ne profite à personne. Le peuple Palestinien vit sous le joug d’une administration soit faible et corrompue, soit militarisée et islamisée, et n’a plus aucun horizon d’espoir. Le peuple Israélien s’est barricadé, sa société s’est polarisée et fracturée, et sa démocratie a reculé au profit des ultra-religieux et des penchants autoritaires. Le monde arabe est quant à lui travaillé par des mouvements islamistes terroristes et obligé de s’armer au lieu de développer son économie, alors que nous rentrons dans l’après-pétrole. Un acte de courage serait une réprobation forte et sans nuance des opinions arabes vis à vis du Hamas : pas en mon nom. Ce qui ne fut jamais pardonné à Deir Yassin ne peut pas l’être à Kfar Aza.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre acte de courage est attendu du côté d&rsquo;Israël, une fois l’émotion légitime atténuée, pour agir avec retenue, en se refusant à céder à l’esprit de vengeance. A terme, Israël comprendra que le mur et les barbelés n’amènent pas à la sécurité totale et ne peuvent être qu’un pis-aller face au défi démographique arabe. Il doit mettre fin à la dérive sécuritaire et religieuse qui n’a amené au peuple israélien que plus de haine et d’insécurité.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un troisième acte de courage est nécessaire enfin de la part de l’Arabie Saoudite, en ne cédant pas au chantage du Hamas. L’exemple de la réconciliation franco-allemande montre que la paix ne se fait pas sur la repentance et la recherche de responsabilités, mais sur un acte de courage et en bâtissant des solidarités de fait. C’est à ce prix que les héritiers d’Abraham, au propre comme au figuré, à défaut de s’aimer pourront un jour voir grandir leurs enfants sans crainte de les voir périr sous leurs yeux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Mossad, Shabak, Aman : comment Israël s’est fait piéger et enfumer</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/mossad-shabak-aman-comment-israel-sest-fait-pieger-et-enfumer/05/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Paul Louis Ney]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Nov 2023 20:07:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Aman]]></category>
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		<category><![CDATA[Shabak]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 05/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/mossad-shabak-aman-comment-israel-sest-fait-pieger-et-enfumer/05/11/2023/">Mossad, Shabak, Aman : comment Israël s’est fait piéger et enfumer</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="s4"><span style="color: #000000;"><strong>Il y a plus de vingt-cinq ans, Jean-Paul Louis Ney*, un reporter et chercheur sur les questions de terrorisme français est invité en Israël sur la base militaire de Zéelim dans le Néguev. </strong><strong>Il y expose auprès des pontes locaux sa vision presque prophétique : des invasions terroristes fulgurantes depuis Gaza et des actions cyber dans un futur proche. Récit et analyse.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s5">*Jean-Paul Louis Ney est grand reporter et ancien directeur de recherche au Centre de recherches et d’étude</span> <span class="s5">sur le</span><span class="s5"> terrorisme à Paris.</span><span class="s5"> </span><span class="s5">Spécialiste des actions d’infoguerre et cyber, il est aussi a</span><span class="s5">uteur de plusieurs ouvrages et documentaires sur le sujet.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">En 1997, j’étais venu en </span><span class="s6">Israël </span><span class="s6">en </span><span class="s6">tant que volontaire et observateur sur la base éloignée de </span><span class="s6">Tzéélim</span><span class="s6">, </span><span class="s6">en plein désert du Néguev, à deux pas d’un kibboutz agricole et </span><span class="s6">de </span><span class="s6">ses autruches. Non loin de la base des <em>Shirion</em> (Corps blindé mécanisé de l&rsquo;armée israélienne), il y avait l’institut du contre-terrorisme (ICT). Tout le monde déjeunait alors dans le mess de la base, troufions comme officiers, ainsi que les </span><span class="s6">« </span><span class="s6">chemises</span><span class="s6"> »</span><span class="s6"> de l’institut. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Présentation faites, je suis invité après un mois d’observation </span><span class="s6">à exposer</span><span class="s6"> mon point de vue, une analyse à chaud devant un parterre d’officiers et de civils, souvent très jeunes (mon âge </span><span class="s6">tout au plus, </span><span class="s6">la majorité </span><span class="s6">effectu</span><span class="s6">a</span><span class="s6">nt leur service militaire).</span><span class="s6"> Sans entrer dans les détails, je parle déjà du cyb</span><span class="s6">er – j</span><span class="s6">e termine alors mon premier livre « <em>Terreurs Virtuelles, les nouvelles menaces à l’aube du XXIe siècle</em></span><span class="s6"> »</span><span class="s6"> qui sortira deux ans plus tard</span> <span class="s6">en 1999 </span><span class="s6">– et j’évoque ouvertement la possibilité d’une organisation terroriste appuyée par des états-voyous dans l’enclave de Gaza, aux portes d’Israël. Silence dans la salle, j</span><span class="s6">e déroule </span><span class="s6">ma pensée : </span><span class="s6">le fait qu’il est logique que dans dix ou vingt ans, des ennemis dirigés par la haine et la manipulation des politiques et </span><span class="s6">des </span><span class="s6">religieux s’en pren</span><span class="s6">dront</span><span class="s6"> à des accords de paix de type « Oslo » ou « accords du Caire » (1994, accords dits de « Jéricho-Gaza »). Cette opération se déroulera</span><span class="s6"> en plusieurs phases, </span><span class="s6">six au total, dont certaines prendront des années. Je les dessine sur une feuille dont l&rsquo;étoile de David est présente à chaque branche :</span></span></p>
<ul>
<li class="s8"><span style="color: #000000;"><span class="s6">L</span><span class="s6">a première phase sera d’endormir politiquement Israël tel un homard dans sa cuisson, </span><span class="s6">d’appuyer les partis et intellectuels arabes, de reléguer les « amis d’Israël » et de faire monter les plus radicaux parmi les citoyens israéliens. </span><span class="s6">Il sera aussi question d’éradiquer les </span><span class="s6">Palestiniens</span><span class="s6"> laïcs et progressistes amis de la paix au cœur même de Gaza.</span></span></li>
<li class="s8"><span style="color: #000000;">L<span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">a deuxième phase </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">pour un tel groupe islamiste </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">sera de rejoindre le monde cyber et </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">de </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">communiquer. A cette époque</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">, tout le monde </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">se </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">fichait bien </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">de « l’intifada électronique » </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">qui était </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">déjà en route dans le cyber (et de ce qui deviendra Internet</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> et les réseaux sociaux</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">)</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> : u</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">n </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">« </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">djihad électronique</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> »</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> piloté </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">surtout depuis des </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">universités américaines</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> par de jeunes penseurs musulmans de la mouvance <em>Ikhwan</em></span><em><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> al Muslimin</span></em><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> (frères </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">musulmans).</span></span></li>
<li class="s8"><span style="color: #000000;">La troisième phase sera de rejoindre « le djihad mutualisé » pas encore devenu le « djihad international » de Ben Laden pourtant déclaré un an plus tôt, en 1996<span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> et toujours basé sur la pensée d</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">u Coran alternatif de </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Sayyid Qutb</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">.</span></span></li>
<li class="s8"><span style="color: #000000;">La quatrième phase sera de faire des palestiniens des « victimes éternelles » <span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">et d’utiliser le combat légitime du peuple palestinien </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">dans une </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">stratégie</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> de guerre de l’information tant médiatique que sur Internet</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> (</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">et ce, </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">bien avant les réseaux sociau</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">x, nda</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">)</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">. </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Elle devra comprendre la manipulation et le <em>storytelling</em> auprès des jeunesses arabo-musulmanes </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">et des associations </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">en Occident et ailleurs autour du globe.</span></span></li>
<li class="s8"><span style="color: #000000;">La cinquième phase sera de s’allier avec des états voyous ou jouant la duplicité <span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">(</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">taqîya</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">) </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">pour </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">manipuler </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Washington et Tel-Aviv</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> avec l’aval des gauches occidentales unies</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">.</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> Elle permettra de mutualiser l</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">’idéologie, les </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">armes, les méthodes et les identités (vrai-faux passeports</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">, laissez-passer, instituts&#8230;</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">) ainsi que des échanges militaires et des formations clandestines.</span></span></li>
<li class="s8"><span style="color: #000000;">La sixième phase sera l’attaque frontale de plusieurs groupes <span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">islamistes aux </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">frontières d’Israël mais aussi le </span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">soulèvement de</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> certains group</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">uscules</span><span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;"> arabes israéliens à l’intérieur du pays.</span> <span class="s6" style="font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Ces groupes comme le Hamas, le Djihad Islamique ou le Hezbollah sont soutenus par des états voyous, notamment l’Iran et la Russie (notez que nous sommes en 1997 et qu’il n’est pas encore question du Qatar. NDA)</span></span></li>
</ul>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Cette intervention restera</span><span class="s6"> confidentiel</span><span class="s6">le. C</span><span class="s6">e que je puis en dire </span><span class="s6">aujourd’hui</span><span class="s6"> c’est que ces femmes et ces hommes en charge de la protection d’Israël trouvaient que </span><span class="s6">« </span><span class="s6">j’allais trop loin</span><span class="s6"> »</span><span class="s6">, et que ma « jeunesse » pouvait « me jouer des tours ». Je me souviens d&rsquo;avoir résumé </span><span class="s6">mon analyse </span><span class="s6">par cette phrase : « <em>L</em></span><em><span class="s11"><em>a</em> multiplication des fronts contre Israël, tant militaires que diplomatiques, les faiblesses du système civil et militaire, et trop de confiance en soi sont déjà le talon d’Achille du pays. Vous ne pouvez pas laisser des organisations terroristes prospérer dans votre voisinage, c’est totalement illogique</span></em><span class="s6"> ».</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9540" aria-describedby="caption-attachment-9540" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-9540 size-large" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=640%2C444&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="444" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=1024%2C710&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=300%2C208&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=768%2C533&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=1536%2C1066&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?resize=2048%2C1421&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Frontiere-et-muraille-de-securite.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9540" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Frontière et muraille de sécurité en Israël. ©Jean-Paul Ney</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Malaise dans l’ensemble de l’auditoire, </span><span class="s6">à</span><span class="s6"> tel point </span><span class="s6">qu’une fois le briefing terminé, </span><span class="s6">un commandant me </span><span class="s6">jeta</span><span class="s6"> dans sa jeep et fon</span><span class="s6">ça</span><span class="s6"> tout droit vers le désert.</span><span class="s6"> Quelques kilomètres plus loin, i</span><span class="s6">l s’arrêt</span><span class="s6">a</span><span class="s6">, et me montr</span><span class="s6">ant</span><span class="s6"> du doigt un point dans le ciel : </span><span class="s6">là-haut</span><span class="s6">, </span><span class="s6">devant moi</span><span class="s6">, </span><span class="s6">dans ce ciel azur pointe un œil brillant. « </span><em><span class="s11">C’est un dirigeable, avec ça on voit </span><span class="s11">toute la frontière égyptienne.</span><span class="s11"> C’est bardé de caméras. Ne t’inquiète pas on les verra venir !</span></em><span class="s6"> » me dit-il. Le patron local de l’Aman (le renseignement militaire israélien) est fier de son joujou. J</span><span class="s6">e lui parle de Gaza et il me montre un dirigeable pointé sur l’Egypte&#8230; </span><span class="s6">J’essaye</span> <span class="s6">de me convaincre qu’ils ont raison, que je dois me tromper</span><span class="s6">, que je suis </span><span class="s6">sans doute trop jeune et trop </span><span class="s6">arrogant&#8230; </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Pendant des années je maintiendrai ma vision, au fur et à mesures des différents postes que j’occuperai en tant que reporter et chercheur sur les questions de </span><span class="s6">guerre de l’information et de </span><span class="s6">terrorisme. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Ce matin du 7 octobre</span><span class="s6"> 2023,</span><span class="s6"> j’ai découvert que je n’étais pas le seul à avoir </span><span class="s6">fabriqué</span><span class="s6"> la même </span><span class="s6">analyse jadis. </span><span class="s6">Je n’ai jamais pensé comme un i</span><span class="s6">sraélien</span><span class="s6">, mais comme un terroriste, c’est ça mon boulot</span><span class="s6">. Et l’erreur des Israéliens est de s’être principalement enfoncés dans </span><span class="s6">l’analyse</span> <span class="s6">très et trop </span><span class="s6">« universitaire » du terrorisme à grands coups d’études </span><span class="s6">bidons</span><span class="s6">, de conférences inutiles, de rencontres futiles et de salons superfétatoires. Tout ça pour ça.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s4"><span class="s3" style="color: #000000;">La réussite <span class="s6">« </span>exceptionnelle <span class="s6">»</span> du Hamas face à Israël</span></h3>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Mon travail n’est donc pas de faire plaisir, sinon j’aurais </span><span class="s6">brillé en tant qu’escort</span><span class="s6">-boy ou masseur. Mon job est de produire du jus de cerveau, de sortir de la pensée sécuritaire bridée, de jouer sur tous les tableaux et de rentrer dans la tête des « mecs d’en face ». </span><span class="s6">Comme me l’a dit un jour un officier arabe jordanien</span><span class="s6"> :</span><span class="s6"> « <em>I</em></span><em><span class="s11">l ne faut pas lire ce que la main écrit, mais ce que pense le cerveau qui pilote la main, vous ne comprendrez jamais les islamistes à ce rythme</span><span class="s11">-là</span></em><span class="s6"> ».</span><span class="s6"> Les Israéliens n’ont observé que la main, ont décortiqué son fonctionnement, son rythme, son écriture, ses traits, sa constitution, sa vitesse, sa résistance, ils ont même liquidé le fournisseur d’encre et de </span><span class="s6">stylo et ont passé au scanner la moindre aspérité de cette hamsa (main). Trop occupés, ils n’ont pas levé les yeux pour voir qu’un cerveau pilotait cette main. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Je dois donc déposer à l’entrée toute connivence, tout sentiment et me positionner en observateur, non pas neutre, mais réaliste : Oui l’opération du Hamas est une réussite </span><span class="s6">exceptionnelle, inquiétante et terriblement efficace, </span><span class="s6">les terroristes islamistes (ce sont les mêmes que ceux de novembre 2015 à Paris) </span><span class="s6">se sont organisés sous les radars </span><span class="s6">et à la barbe </span><span class="s6">de la CIA, du Mossad, de l’Aman et des services secrets </span><span class="s6">et</span><span class="s6"> de renseignement militaire des pays arabes</span><span class="s6"> (proches d’Israël ou non). </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Il faut le dire : c</span><span class="s6">ette opération a été préparée avec une </span><span class="s6">discrétion, une </span><span class="s6">minutie et une sécurité d’un haut niveau militaire. Elle a prouvé que les terroristes du Hamas ne sont plus ces va-nu-pieds armés de kalash face à une armée qui jadis avait su mêler technologie et tactiques</span> <span class="s6">de guerre </span><span class="s6">ancestrales</span><span class="s6">.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s4"><span class="s3" style="color: #000000;">Le brouillard de la guerre </span></h3>
<p class="s4"><span class="s6" style="color: #000000;">Ce matin du 7 octobre dernier, les terroristes du Hamas savouraient leur victoire déjà bien avant de s’élancer. Quand on sait que Tsahal n’a repris des localités que plus de 10 heures après l’attaque : incompréhensible, impensable !</span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">E</span><span class="s6">nfumage, tensions, désinformation, fausse menace du Hezb</span><span class="s6">ollah au nord, </span><span class="s6">déso</span><span class="s6">rganisation de l’armée suite à la crise constitutionnelle, réservistes en </span><span class="s6">grève, hauts</span><span class="s6"> responsables dans le brouillard</span><span class="s6"> (de la guerre)</span><span class="s6">, une partie de ce réseau de </span><span class="s6">renseignement</span><span class="s6">, </span><span class="s6">d’analyse et de vigilance interrompu par la crise </span><span class="s6">sociale et politique</span><span class="s6">, mauvaises relations avec le ministre de la sécurité (</span><span class="s6">ultradroitier</span><span class="s6"> et intégriste religieux xénophobe)</span><span class="s6">, une majorité des services de renseignement et de contre-terrorisme se sont isolés de ce ministre « très agité et infréquentable » selon plusieurs sources</span><span class="s6">. Voilà le puzzle qui s’est mis en place pour ouvrir le chemin de la victoire du Hamas. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">« <em>A la s</em></span><em><span class="s11"><em>uite à</em> cette tension politique interne en Israël, l</span><span class="s11">e cabinet du </span><span class="s11">Premier ministre</span><span class="s11"> recevait donc des informations parcellaires dans une ambiance fortement détériorée</span></em><span class="s6"> » explique un analyste français avec qui je travaille souvent. </span><span class="s6">La machine du renseignement fonctionnait mais au ralenti (ce qui est </span><span class="s6">mortel</span><span class="s6"> en temps de guerre). Une source israélienne confirme que l</span><span class="s6">’information </span><span class="s6">était toujours </span><span class="s6">collectée mais </span><span class="s6">qu’</span><span class="s6">elle a été </span><span class="s6">mal interprétée </span><span class="s6">voire</span><span class="s6"> « gelée »</span> <span class="s6">depuis plusieurs mois. D</span><span class="s6">es citoyens israéliens et étrangers étaient donc déjà condamnés sans le savoir.</span> <span class="s6">Le Hamas a profité du brouillard de la guerre et Israël est allé jusqu’à en oublier le côté kamikaze du groupe</span><span class="s6">. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">A</span><span class="s6">utre fatale erreur, mais aussi autre enchaînement arrogant du tout technologique : l’unité 8200 (</span><span class="s6">Yehida Shmone-Matayim</span><span class="s6">) en charge des interceptions cyber et des écoutes n’a pas détecté le moindre changement dans les habitudes des combattants du Hamas et autres terroristes du djihad islamique. Elle n’a pas </span><span class="s6">décelé </span><span class="s6">la moindre</span><span class="s6"> menace crédible. L’Aman, le renseignement militaire n’a pas vu entrer les armes (ni le Mossad d’ailleurs), les missiles, le matériel nécessaire à la propulsion venant d’Iran par la mer ou par l’Egypte</span><span class="s6">&#8230; Le Mossad n’a pas détecté les achats à l’étranger des moteurs et autres voiles, protections, </span><span class="s6">armes,</span><span class="s6"> munitions, </span><span class="s6">véhicules et motos</span><span class="s6"> nécessaires pour une telle attaque terroriste </span><span class="s6">frontale d’un niveau jamais vu. Certains experts les ont pourtant prévenus.</span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Une autre c</span><span class="s6">onfirmation </span><span class="s6">à ce jour : l</span><span class="s6">e système cyber</span><span class="s6"> d’alarme du mur de protection </span><span class="s6">le long de la frontière avec Gaza </span><span class="s6">a été désactivé avec l’aide de l’Iran et des gardiens de la révolution. D</span><span class="s6">es hackers ont </span><span class="s6">clairement </span><span class="s6">participé à l’attaque</span><span class="s6">, les traces numériques existent selon plusieurs de mes sources. </span></span></p>
<p class="s4"><span class="s6" style="color: #000000;">Le renseignement et la sécurité sont devenus aveugles et sourds facilitant l’entrée des terroristes en Israël, reléguant à l’âge de pierre le grand système technologique : le bouclier de David n’est plus, la grande illusion s’est effondrée, Israël a perdu son flair et son feu, tel un dragon endormi qui ne fait plus peur à personne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s3">Les fautes</span> <span class="s3">et la bande à guignol</span></span></h3>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Tout comme les services américains le lendemain du 11 septembre 2001</span><span class="s6">, </span><span class="s6">les </span><span class="s6">Espagnols en 2004 à Madrid, ou les </span><span class="s6">Français </span><span class="s6">lors</span><span class="s6"> des attaques de Merah en 2012, les espions israéliens se sont réveillés sonnés, vidés, incrédules face à la réalité </span><span class="s6">et la force </span><span class="s6">de la gifle.</span><span class="s6"> Nul doute qu’une commission d&rsquo;enquête sera mise en place après la guerre contre le Hamas et peut-être contre l’Iran. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Autre échec du renseignement : </span><span class="s6">A Gaza, les </span><span class="s6">« capteurs humains » c’est-à-dire les </span><span class="s6">espions palestiniens à la solde </span><span class="s6">d’Israël ainsi que les infiltrés ont été &#8211; depuis plusieurs mois &#8211; méthodiquement repérés puis éliminés</span><span class="s6"> un part un</span><span class="s6"> avec l’aide technologique et humaine des <em>pasdaran</em> Iraniens (Corps des gardiens de la révolution islamique). Une majorité </span><span class="s6">de ces espions </span><span class="s6">ont été « retournés » pour diffuser des fausses informations à leurs agents traitants en Israël</span><span class="s6"> : le Mossad et le Shabak ont été intoxiqués, endormis au GHB.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_9541" aria-describedby="caption-attachment-9541" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-9541" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/Unite-anti-terroriste-en-Israel-a-lentrainement-dans-le-complexe-Chicago.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9541" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Unité anti-terroriste en Israël à l&rsquo;entrainement dans le complexe Chicago. ©Jean-Paul Ney</span></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Et que dire des signaux qui ont été simplement omis, ignorés ou pire : mal analysés ? Car une telle formation militaire de terroristes ne passe pas inaperçue ! Qui avait la charge de surveiller les mouvements de fonds nécessaires à une telle organisation ? Quid des conversations téléphoniques ou numériques, des interceptions ? « </span><em><span class="s11">On</span><span class="s11"> peut voir et comprendre. On peut surtout ne pas voir et dans ce cas être sur</span><span class="s11"> et certain </span></em><span class="s11"><em>que quelque chose se prépare</em> </span><span class="s6">» explique une source du contre-terrorisme : c’est le syndrome </span><span class="s6">Abbottabad</span><span class="s6">, </span><span class="s6">du nom de la ville au Pakistan qui hébergeait Ben Laden</span><span class="s6">. Le</span><span class="s6"> fait qu</span><span class="s6">e cette villa </span><span class="s6">ne soit pas connectée à Internet ni à aucun réseau téléphonique et que plusieurs personnes y habitent </span><span class="s6">a fini par éveiller</span><span class="s6"> les soupçons d’une analyste du renseignement américain</span><span class="s6">. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Les services en charge de surveiller Gaza et le Hamas n’ont pas détecté le moindre comportement suspect ? Le moindre changement de charge sur les réseaux ? « </span><em><span class="s11">C’est impossible, les Israéliens sont capables de voir 1 500 téléphones</span><span class="s11"> mobiles</span><span class="s11"> qui se déplacent d’un coup ou par groupes et s’ils s’éteignent, les alarmes se déclenchent bien quelque part</span></em><span class="s6"><em> </em>» confirme une source qui a travaillé au développement de plusieurs logiciels de contre-terrorisme. </span><span class="s6">Et c’est bien </span><span class="s6">là où </span><span class="s6">le bât blesse : i</span><span class="s6">l est impossible qu’aucun signal faible ou lointain n’</span><span class="s6">ait </span><span class="s6">été repéré. C</span><span class="s6">ette opération n’est pas un tour de magie </span><span class="s6">ou une mauvaise série télé. Elle comporte des éléments détectables difficilement camouflables </span><span class="s6">tant à l’intérieur de Gaza qu’à l’extérieur.</span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">C’est une opération </span><span class="s6">et une attaque multi-fronts (air-terre-mer-cyber) </span><span class="s6">très réfléchie et qui n’a pu se concrétiser que par l’appui d’un « rogue state » </span><span class="s6">(état voyou) </span><span class="s6">militarisé</span><span class="s6">, </span><span class="s6">l’Iran</span><span class="s6">, </span><span class="s6">aux capacités infinies et sans doute aussi du Qatar, qui héberge les têtes du Hamas à Doha, leur donnant un accès quasi inépuisable à une manne financière </span><span class="s6">mais aussi à</span><span class="s6"> des </span><span class="s6">passeports </span><span class="s6">diplomatiques. </span><span class="s6">C’est le Qatar qui va encore négocier alors qu’il finance le Hamas </span><span class="s6">mais</span><span class="s6"> aussi le PSG&#8230; un monde de dingues. </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">« </span><em><span class="s11">Une bande de guignols capables de tout voir, de trop voir, mais pas le moindre changement dans l’</span><span class="s11">attitude</span><span class="s11"> et les habitudes des militants du Hamas ?!</span></em><span class="s6"> » répond </span><span class="s6">aussi </span><span class="s6">à ma question Avit</span><span class="s6">al</span><span class="s6">, un ex du Mossad aujourd’hui consultant. </span><span class="s6">Il a presque raison</span><span class="s6"> et pas forcément tort</span> <span class="s6">devrais-je</span><span class="s6"> dire. </span><span class="s6">Nous sommes à la fin du mois de juillet</span><span class="s6"> 2023</span><span class="s6"> lorsque l’ancien chef de l’armée de l’air, Eitan Ben Eliyahu, met en garde contre </span><span class="s6">« </span><span class="s6">une catastrophe</span><span class="s6"> »</span><span class="s6">, </span><span class="s6">au</span><span class="s6"> moment </span><span class="s6">de la discorde civile </span><span class="s6">où les réservistes israéliens se mettent en grève et refusent de servir </span><span class="s6">(</span><span class="s6">en raison de la controverse suscitée par le plan de réforme de la justice du gouvernement de Benjamin Netanyah</span><span class="s6">ou</span><span class="s6">). </span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Rappelons-nous que la crise politique est très grave et </span><span class="s6">paralyse </span><span class="s6">le pays</span><span class="s6"> perturbant fortement l</span><span class="s6">e système de renseignement. Cette </span><span class="s6">« </span><span class="s6">catastrophe</span><span class="s6"> »</span><span class="s6"> dont a fait mention le </span><span class="s6">général Ben Eliyahu se produit </span><span class="s6">donc </span><span class="s6">le samedi 7 octobre</span><span class="s6"> : « </span><em><span class="s11">Ce qui s’est passé ici est impardonnable</span><span class="s11"> ! Comment avons-nous pu être aussi surpris ?</span></em><span class="s6"> » a-t-il déclaré récemment. Il n’a pas été seul </span><span class="s6">à</span><span class="s6"> déplorer et prévoir cette attaque sans précédent, quelques minutes après, sur un groupe </span><span class="s6">de discussion sur </span><span class="s6">Signal, dans lequel je suis présent. Les spécialistes de ces questions n’étaient pas surpris, c’était logique. C</span><span class="s6">e qui l’était moins c’est comment et pourquoi le soldat Israël s’était endormi.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s3">Le millefeuille parfait</span><span class="s3"> et la cerise sur le gâteau</span></span></h3>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">A </span><span class="s6">s</span><span class="s6">habbat</span><span class="s6"> et pendant</span><span class="s6"> la fête de S</span><span class="s6">oucc</span><span class="s6">ot, </span><span class="s6">le pays vit au ralenti, </span><span class="s6">comme lors de la guerre du Kippour</span><span class="s6"> et ça, le <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/israel-et-les-pays-arabes-une-normalisation-des-relations-de-plus-en-plus-officielle/19/02/2020/">monde arabe</a> le sait et surtout les islamistes</span><span class="s6">. Tout portait à croire</span><span class="s6">, depuis plusieurs jours, </span><span class="s6">que – selon les sources palestiniennes </span><span class="s6">(intoxiquées, nda)</span> <span class="s6">– une révolte aurait lieu en Cisjordanie, vidant alors </span><span class="s6">les principales forces de sécurité du sud </span><span class="s6">d’Israël afin de les déplacer </span><span class="s6">pour sécuriser </span><span class="s6">la Cisjordanie. Il était possible de voir une </span><span class="s6">certaine </span><span class="s6">fièvre monter</span><span class="s6"> :</span> <span class="s6">ce n’était que </span><span class="s6">de la poudre aux yeux</span><span class="s6">. </span><span class="s6">Meurtrière</span><span class="s6"> erreur </span><span class="s6">donc </span><span class="s6">et terrible réussite des services </span><span class="s6">secrets </span><span class="s6">du Hamas : l’intoxication via des sources « retournées » venait de fonctionner à merveille. </span><span class="s6">Eux-mêmes on</span><span class="s6">t-ils </span><span class="s6">sans doute eu du mal à y croire !</span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">L</span><span class="s6">es forces envoyées en Cisjordanie, la faiblesse du gouvernement et la « fitna » entre israéliens issue de la crise politique</span><span class="s6"> ont été les couches d’un millefeuille provoqué, </span><span class="s6">génial dans le mal et </span><span class="s6">idéal </span><span class="s6">dans sa minutieuse préparation </span><span class="s6">avec sa cerise « sur le gâteau » : le festival de musique électronique, </span><span class="s6">le réservoir parfait d’otages et de viande fraîche pour le <a href="http://Israël-Palestine : l’impasse diplomatique de l’Union européenne ?" data-wplink-url-error="true">combattant palestinien </a></span><span class="s6">assoiffé de vengeance. </span><span class="s6">« <em>O</em></span><em><span class="s11">n sait qu</span><span class="s11">’</span><span class="s11">en plus d’être des otages, certains, je dirais certaines, des femmes, </span><span class="s11">et </span><span class="s11">des jeunes filles, sont devenues des </span><span class="s11">trop</span><span class="s11">hé</span><span class="s11">es </span><span class="s11">sexuel</span><span class="s11">s</span><span class="s11"> pour des </span><span class="s11">sauvages</span><span class="s11"> dont les imams justifient la capture de femmes juives pour leur propre satisfaction</span></em><span class="s6"> » </span><span class="s6">confirme un militaire israélien. C</span><span class="s6">ruel à entendre, cruel à dire, mais </span><span class="s6">c’est </span><span class="s6">une stricte réalité dont on imagine à peine ce que ces femmes subissent au moment où vous lisez ces lignes.</span></span></p>
<p class="s4"><span style="color: #000000;"><span class="s6">Israël a échoué fatalement, le K.O </span><span class="s6">est </span><span class="s6">monumental,</span><span class="s6"> pitoyable, </span><span class="s6">le </span><span class="s6">traumatisme </span><span class="s6">gigantesque,</span> <span class="s6">la réputation d’invincibilité</span><span class="s6">, </span><span class="s6">de professionnalisme</span> <span class="s6">du Mossad, du Shabak et de l’Aman </span><span class="s6">à jamais </span><span class="s6">détruite</span><span class="s6">s</span><span class="s6"> sont </span><span class="s6">un fait</span><span class="s6"> dont le petit état démocratique aura beaucoup de mal à se </span><span class="s6">relever. </span><span class="s6">à vrai dire, il ne s’en remettra jamais. J’en mets</span><span class="s6">, hélas, </span><span class="s6">ma main à couper.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Proche-Orient : des relations compliquées avec le monde islamique</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/proche-orient-des-relations-compliquees-avec-le-monde-islamique/16/10/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Henri Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2023 20:17:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9441</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/proche-orient-des-relations-compliquees-avec-le-monde-islamique/16/10/2023/">Proche-Orient : des relations compliquées avec le monde islamique</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b style="color: #000000;">La situation au Proche-Orient entre le Hamas, Israël et les pays voisins interrogent sur notre relation avec </b><b>l&rsquo;Islam</b><b style="color: #000000;"> dans le monde.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans le tourbillon de l&rsquo;actualité des relations internationales, Israël s&rsquo;aventure dans des eaux tumultueuses. Porté par sa puissance militaire et le soutien indéfectible de la diaspora juive, il s&rsquo;est senti en confiance en ne tenant pas compte de l&rsquo;apprentissage des défaites du monde musulman. Croire également que les accords d&rsquo;Abraham, signés avec quelques États arabes ou auto-désignés comme tels, prédisaient une acceptation totale du pays serait minimiser l&rsquo;impact du renouveau islamique parmi ces populations. La vieille guerre entre l’Islam et le judéo-christianisme redevient incandescente.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Le prophète guerrier</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Relisons la biographie de Mahomet par Ibn Hicham. Ce commerçant chamelier, entouré de tribus animistes, chrétiennes et juives, s’est inspiré, pour bâtir son système religieux, de ce qu’il avait retenu du judaïsme et de son prolongement chrétien, en y ajoutant pour faire bonne mesure une dose de paganisme. Ambitieux, intelligent, ayant la volonté et l’orgueil d’un conquérant et la parole facile, il eut l’idée d’une interprétation de ce qu’il avait plus ou moins bien retenu de ses rencontres avec les rabbins et les moines.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/conflans-sainte-honorine-face-a-lislamisme-arretons-detre-laches/18/10/2020/">Conflans-Sainte-Honorine : face à l’islamisme, arrêtons d’être lâches !</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">D’emblée, il conçut son affaire comme un moyen de prendre le pouvoir sur les tribus arabes et de subjuguer d’autres peuples. Ce fut son génie. Pour assouvir son orgueil et sa soif de domination, il fut le premier à imaginer ce qui aujourd’hui se nomme idéologie. Du paganisme, il a conservé la Mecque comme lieu-saint, la Kaaba qui était le sanctuaire des divinités et idoles arabes et les sept tours à faire autour d’elle, tout comme le puits de Zamzam où se seraient abreuvés, selon la tradition orientale, Agar, la servante d’Abraham et leur fils Ismaël. Des Juifs et des Chrétiens le Dieu unique, Jérusalem, autre ville sainte, et Abraham le premier croyant en ce même Dieu. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">À partir du christianisme, il a composé un Jésus prophète, né de la Vierge Marie (citée plus de trente fois dans le Coran), mais absolument pas fils de Dieu, ni fils de Joseph. À l’évidence, pour faire du neuf, il fallait éliminer cet aspect qui concluait la Révélation et revenir au Dieu des Juifs en condamnant l’idée de la Trinité. Il était cependant impossible de nier que Jésus avait vécu, ni sa dimension. Il imagina donc un Jésus, le plus grand des prophètes, ayant eu mission de l’annoncer, lui Mahomet. Jésus devait revenir à la fin des temps. Il faut bien reconnaître dans une telle assertion, l’orgueil démesuré du personnage, mais aussi un moyen remarquable de se sacraliser.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La conquête islamique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Pour dominer vraiment, il fallait convaincre les tribus païennes arabes et convertir ou soumettre Juifs et Chrétiens. Il commença par sa propre tribu, les Quraych contre lesquels il n’hésita pas à se battre. Il poursuivit par l’arc et le sabre sa conquête en massacrant païens, juifs et chrétiens. Il mit au point l’idée du Djihad, la guerre sainte, et engagea des expéditions meurtrières contre ses adversaires, les Juifs de Médine, la tribu juive des Banū Quraiza puis contre les Juifs de Khaybar. Ses premiers successeurs, les califes Abou-Bakar et Omar, puis Othman, lancèrent l’Islam à la conquête militaire du Proche et du Moyen-Orient. La suite, globalement, nous la connaissons. L’Islam se répandit à la vitesse d’une traînée de poudre jusqu’à envahir l’Espagne qui fut occupée et en guerre pendant sept siècles, mais aussi une partie de l’Asie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/emeutes-insecurite-les-francais-endurent-silencieusement/18/07/2023/">Émeutes, insécurité : les Français endurent silencieusement</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il est vrai que le comportement de Mahomet, à l’égard de ceux qui le gênaient, était loin de pouvoir s’inscrire dans la morale chrétienne, dans une vision humaniste, ou même de répondre aux 10 commandements auxquels, pourtant, le Coran se réfère. Il a assassiné, fait la guerre et converti par la force. Il a dirigé lui-même 27 opérations militaires et en a ordonné 38 autres. Mahomet avait bien compris dès le début de son aventure que la seule concurrence véritable pouvait venir des juifs et des chrétiens. En attendant de les convertir, il en fit des<em> dhimmis</em>, des tributaires soumis au bon vouloir des musulmans.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un Islam qui interroge</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Mais alors que dire des atrocités commises de nos jours ? Aucun grand pays n’est épargné. Souvenons-nous du Bataclan, de Charlie-Hebdo ou des crimes de Mohamed Mehra, des attentats de Madrid, de Londres ou de l’abominable attaque du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Les attentats se sont multipliés et les terroristes ont toujours revendiqué leurs actes au nom de cet Islam, endeuillant des milliers de familles.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’humanité s’est ainsi habituée aux massacres perpétrés. Les chrétiens d’Orient ne peuvent que susciter notre admiration. Ils continuent à vivre sous cette menace permanente. Les infortunés Arméniens, enfants du premier État chrétien, chassés du Haut-Karabagh par les troupes azerbaïdjanais détruisant les églises ou les convertissant en mosquées, ont subi le même drame. Des centaines de milliers d’Arméniens exécutés entre 1894 et 1896, par ordre du sultan Abdul-Hamid, en passant par la déportation vers la Syrie organisée par les Jeunes-Turcs, jusqu’aux guerres qu’ils subissent aujourd&rsquo;hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/religion-nos-gouvernants-refusent-dadmettre-ce-quest-la-laicite-et-lislam/18/04/2022/">Religion : «Nos gouvernants refusent d’admettre ce qu’est la laïcité et l’Islam»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Subissant les mêmes menaces et agressions, il est incompréhensible qu’Israël pour des raisons circonstancielles, ait fourni des armes à l’Azerbaïdjan. Il faudrait être inconscient pour ne pas reconnaître que l’exode massif provoqué des chrétiens de Haut-Karabagh, fait définitivement de cette région une terre musulmane. Il faut être bien naïf, ou manquer du plus élémentaire courage, pour ne pas agir désormais par la force, contre cette nouvelle vague.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre de Basquiat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2021 18:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Cole Bunzel]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Djihad]]></category>
		<category><![CDATA[Talibans]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=6047</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/dossier-special-afghanistan-les-taliban-et-le-djihad-international/25/08/2021/">DOSSIER SPÉCIAL – Afghanistan : les Taliban et le djihad international</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Afin d’apporter quelques éléments de compréhension au lecteur sur les dynamiques de l’écosystème djihadiste et sur les manières dont celui-ci perçoit l’arrivée au pouvoir des Taliban, Billet de France propose ici une traduction d’un article publié par Cole Bunzel, chercheur à l’université de Stanford, le 23 septembre 2020, sur le blog jihadica.com. Avec pour titre « <em>Réactions des djihadistes à l&rsquo;accord E.U-Taliban et aux pourparlers de paix en Afghanistan</em> », l&rsquo;article analyse les réactions de différentes organisations et théoriciens djihadistes à l’accord initial signé par les Taliban et les Etats-Unis en février 2020, ainsi qu’aux négociations de paix avec le gouvernement afghan lancées en septembre de la même année. Bien que la situation en Afghanistan ait changé depuis, les éléments présentés dans cet article restent d’actualité et apportent un éclairage précis sur la relation entre les Taliban et les grands pôles du monde djihadiste.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Par Cole Bunzel, traduction en français : Pierre de Basquiat</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="color: #000000;"><em>&nbsp;</em></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 12 septembre 2020, les Taliban et le gouvernement afghan commençaient des négociations au Qatar au sujet du futur politique de l’Afghanistan. Fidèles à l’ « Accord pour l&rsquo;instauration de la paix en Afghanistan », signé par les Etats-Unis et les Taliban le 29 février 2020, les négociations sont censées permettre « <em>un couvre-feu permanent et complet</em> » entre les parties afghanes en guerre, ainsi qu’un « <em>accord pour une future feuille de route politique pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». En échange de la participation des Taliban aux négociations et aux garanties de leur part que « <em>le sol afghan ne sera pas utilisé contre la sécurité des Etats-Unis et de leurs alliés</em> », les Etats-Unis acceptent de retirer toutes leurs forces d’Afghanistan dans les quatorze mois suivant l’accord initial.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/afghanistan-la-chute-de-kaboul-et-larrivee-au-pouvoir-des-taliban/16/08/2021/">Afghanistan : la chute de Kaboul et l’arrivée au pouvoir des Taliban</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans le monde du djihadisme sunnite, l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban ainsi que les pourparlers de paix associés ont suscité toute une série de réactions, allant de la célébration à la condamnation. Cette divergence de vues reflète le fractionnement du mouvement djihadiste, ou son caractère « tripolaire », divisé entre les trois pôles que sont l&rsquo;État islamique, Al-Qaïda et Hay&rsquo;at Tahrir al-Sham (HTS) en Syrie. Les opinions prudemment optimistes de certains théoriciens du djihad viennent ajouter une autre couche de complexité au tableau.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’État islamique</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;État islamique, rappelons-le, considère les Taliban comme un mouvement qui a abandonné l&rsquo;Islam pour embrasser la cause du nationalisme afghan. Ses médias présentent régulièrement les Taliban comme un groupe nationaliste et polythéiste, théologiquement imparfait, tolérant à l&rsquo;égard des chiites et proche des services secrets pakistanais. La « province de Khorasan » de l&rsquo;État islamique a d&rsquo;ailleurs combattu les Taliban à de nombreuses reprises. Il n&rsquo;est donc pas surprenant que l&rsquo;État islamique ait présenté le récent accord et les négociations comme une preuve supplémentaire de l&rsquo;apostasie des Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une première réponse a été donnée sous la forme d&rsquo;un éditorial paru dans le bulletin d&rsquo;information <em>al-Naba&rsquo;</em> de l&rsquo;État islamique à la mi-mars, dans lequel les Taliban étaient condamnés pour avoir pris les « <em>croisés</em> » (c&rsquo;est-à-dire les Américains) comme leurs « <em>nouveaux alliés</em> ». L&rsquo;éditorial se vantait que, contrairement aux Taliban, l&rsquo;État islamique ne cesserait d&rsquo;attaquer les Américains en Afghanistan, citant une récente attaque de l&rsquo;État islamique contre la base aérienne de Bagram. Selon lui, il s’agissait d&rsquo;un message informant les croisés que la guerre de l&rsquo;État islamique contre eux se poursuivra, malgré l&rsquo;accord de paix avec les Taliban « <em>apostats</em> », qui continueront également à être pris pour cible.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/bons-ou-mauvais-citoyens-quand-le-credit-social-chinois-simplante-en-europe/02/06/2022/">Bons ou mauvais citoyens : quand le crédit social chinois s’implante en Europe</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un discours prononcé deux mois plus tard, en mai 2020, le porte-parole officiel de l&rsquo;État islamique, Abu Hamza al-Qurashi, a commenté plus en détail l&rsquo;accord américano-taliban, dénonçant une conspiration entre les deux parties pour détruire l&rsquo;État islamique en Afghanistan. « <em>L&rsquo;accord concernant le retrait de l&rsquo;armée américaine d&rsquo;Afghanistan est la couverture d’une alliance permanente entre la milice apostate des Taliban et les croisés pour combattre l&rsquo;État islamique, ainsi qu’une base pour établir un gouvernement national qui rassemble les Taliban apostats, les Rejetants polythéistes [c&rsquo;est-à-dire les chiites] et d&rsquo;autres sectes apostates et incroyantes</em>. » a-t-il déclaré. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, l&rsquo;accord devrait être compris à la lumière d&rsquo;une prétendue alliance préexistante entre les États-Unis et les Taliban pour éradiquer le « <em>califat</em> » en Afghanistan. Ce que les Taliban rechercheraient, c&rsquo;est un « <em>gouvernement national</em> » auquel ils pourraient participer. L&rsquo;État islamique, cependant, s&rsquo;opposerait à tout cela, résolu à combattre « <em>les croisés et les apostats</em> » jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;un véritable régime islamique soit établi dans tout le pays.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Al-Qaïda</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Qaïda a dépeint l&rsquo;accord sous un jour totalement différent. Le 12 mars, la « direction générale » du groupe a publié une déclaration qualifiant l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban de « <em>grande victoire historique</em> » pour ces derniers, en mettant l&rsquo;accent sur le retrait prévu de toutes les forces américaines d&rsquo;Afghanistan. Selon la déclaration, en restant inébranlables et fidèles à leur foi, les Taliban ont vaincu et fait tomber un ennemi de taille et de force bien supérieure, ce qui est une leçon à retenir pour tous les djihadistes qui luttent contre l&rsquo;oppression et l&rsquo;occupation.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette déclaration ne mentionnait toutefois pas l&rsquo;engagement des Taliban à l&rsquo;égard d&rsquo;al-Qaïda [<em>ndlr : contre la présence du groupe djihadiste en Afghanistan</em>] ni les négociations prévues avec le gouvernement afghan. Al-Qaïda a réagi comme si tout cela n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance. Comme par le passé, l&rsquo;organisation a présenté les Taliban comme initiateurs du futur califat, c&rsquo;est-à-dire comme « <em>le noyau de l&rsquo;État islamique qui régnera par la loi pure de Dieu </em>».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis 2014, al-Qaïda a présenté à plusieurs reprises l&rsquo;Émirat islamique d&rsquo;Afghanistan – le nom officiel des Taliban – comme la base du califat annoncé et le chef des Taliban comme le calife en devenir. En juillet 2014, par exemple, l&rsquo;organisation a publié un bulletin d&rsquo;information renouvelant la <em>bay&rsquo;a </em>(c&rsquo;est-à-dire le serment d&rsquo;allégeance) au mollah Omar [<em>ndlr : le chef des Taliban à cette époque</em>], affirmant « <em>qu&rsquo;al-Qaïda ainsi que toutes ses antennes sont des soldats de son armée agissant sous sa bannière victorieuse</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quelques mois plus tard, lors de la création d&rsquo;al-Qaïda dans le sous-continent islamique, son chef a souligné qu&rsquo;il avait remis la <em>bay&rsquo;a </em>à la fois à al-Zawahiri [<em>ndlr : chef de al-Qaïda</em>] et au mollah Omar. L&rsquo;année suivante, lorsqu&rsquo;on a découvert que le mollah Omar était en fait mort depuis 2013, al-Zawahiri a publié un message audio donnant la <em>bay&rsquo;a </em>à son successeur, le mollah Akhtar Muhammad Mansur. L&rsquo;exercice a été répété pour le chef taliban suivant, Haybat Allah Akhundzadah, après que le mollah Akhtar ait été tué dans une frappe aérienne, au cours de l’année 2016.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/france-kazakhstan-un-partenariat-strategique-entache-par-une-polemique/28/10/2022/">France – Kazakhstan : un partenariat stratégique entaché par une polémique</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ces deux déclarations, al-Zawahiri a indiqué que toute personne qui donne la <em>bay&rsquo;a </em>au chef d&rsquo;al-Qaïda la donne en fait au chef des Taliban, et que cette dernière doit être comprise comme la <em>bay&rsquo;a al-&lsquo;uzma</em>, ou la « <em>bay&rsquo;a suprême</em> », c&rsquo;est-à-dire le type de <em>bay&rsquo;a </em>que l&rsquo;on donne à un calife <em>[ndlr : le chef de l’oumma, la communauté de tous les musulmans</em>]<em>.</em> En 2017, lorsqu’a été créé l&rsquo;un des groupes subsidiaires d&rsquo;al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Jama&rsquo;at Nusrat al-Islam al-Muslimin, son chef a prononcé trois <em>bay&rsquo;as </em>&#8211; une pour le chef d&rsquo;AQMI, une pour al-Zawahiri et une pour Akhundzadah. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans ses discours, al-Zawahiri a continué à insister sur la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda à Akhundzadah. Cette question a même joué un rôle dans le débat entre al-Qaïda et HTS, l&rsquo;ancienne branche d&rsquo;al-Qaïda en Syrie, concernant la décision de cette dernière de quitter al-Qaïda. Dans un discours prononcé en novembre 2017, al-Zawahiri a condamné la démarche de HTS, en disant : « <em>Ô frères. Par la grâce et la faveur de Dieu, vous appartenez à une union plus grande que celle que vous connaissez. Vous êtes dans le groupe Qa&rsquo;idat al-Jihad qui s&rsquo;est engagé dans la bay&rsquo;a envers l&rsquo;Émirat islamique dans une confédération djihadiste expansive. </em>» Un argument qui n&rsquo;a cependant pas suffi à convaincre. Dans une réponse, le représentant de HTS a rejeté l&rsquo;idée que le groupe syrien ait été un jour loyal envers les Taliban.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme le montre tout ceci, pour al-Qaïda, sa relation avec les Taliban est d&rsquo;une importance capitale. Selon l&rsquo;image qu&rsquo;elle se donne d&rsquo;elle-même, al-Qaïda ne serait guère plus qu&rsquo;une unité militaire mondiale au service d&rsquo;Akhundzadah <em>[ndlr : l’actuel chef des Taliban</em>]<em>,</em> qu&rsquo;elle considère comme son quasi-calife. Ce serait donc un coup très dur pour al-Qaïda, en termes matériels et de propagande, si les Taliban devaient couper tous leurs liens avec lui. Ce n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;exige le texte de l&rsquo;accord entre les États-Unis et les Taliban, mais il s&rsquo;en rapproche. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L&rsquo;accord stipule que les Taliban « <em>empêcheront tout groupe ou individu en Afghanistan de menacer la sécurité des États-Unis et de leurs alliés, les empêcheront de recruter, de former et de collecter des fonds et ne les accueilleront pas conformément aux engagements pris dans le cadre de cet accord. </em>» Cependant, menacer les États-Unis et leurs alliés est la raison d&rsquo;être d&rsquo;al-Qaïda, et les Taliban sont censés être leurs « <em>hôtes suprêmes</em> ». Si les Taliban devaient honorer cet engagement – et ils ont dit à plusieurs reprises qu&rsquo;ils le feront – ce serait embarrassant pour al-Qaïda.</span></p>



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<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Hay’at Tahrir al-Sham</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 13 septembre, le chef du comité de la <em>charia </em>de Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), Abu &lsquo;Abdallah al-Shami (alias &lsquo;Abd al-Rahim &lsquo;Atun), a publié une déclaration félicitant les Taliban pour le début des négociations avec le gouvernement afghan. « <em>Cette grande victoire que les musulmans d&rsquo;Afghanistan ont remportée</em> <em>nous réjouit comme elle réjouit tout musulman libre et passionné. </em>» lit-on dans la déclaration. La clé du succès des Taliban, selon al-Shami, outre leur extraordinaire persévérance à résister aux occupants américains, a été leur capacité à traduire les succès militaires en gains politiques, en maintenant un front uni. Ces propos d&rsquo;al-Shami laissent entendre que la stratégie des Taliban est un modèle pour HTS. Récemment, les factions djihadistes les plus dures de Syrie ont reproché à HTS de chercher à obtenir le monopole de la violence sur le territoire qu&rsquo;il contrôle. Une telle approche, semble dire al-Shami, est justifiée par l&rsquo;expérience des Taliban.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">D&rsquo;autres voix au sein de HTS ont fait des commentaires similaires, certains d&rsquo;entre eux présentant encore plus explicitement les Taliban comme un modèle à suivre pour leur organisation. Le 14 septembre, un autre responsable de la <em>charia </em>au sein de HTS, Muzhir al-Ways, a déclaré que « <em>l&rsquo;exemple des Taliban</em> » est « <em>une source d&rsquo;inspiration pour tous</em> », ces derniers étant « <em>un modèle de djihad et d&rsquo;activité politique, un modèle de méthodologie, d&rsquo;approche et de respect des connaissances religieuses et de la jurisprudence </em>». Bien que « <em>chaque théâtre ait ses particularités</em> », a-t-il ajouté, « <em>et qu&rsquo;aucun exemple ne doive être imité dans son intégralité, le cas des Taliban offre des leçons dignes d&rsquo;intérêt</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les partisans d&rsquo;al-Qaïda n&rsquo;ont pas tardé à répondre que HTS et les Taliban n&rsquo;avaient en réalité rien en commun. « <em>L&rsquo;assimilation des Taliban à [HTS] n&rsquo;est absolument pas valable</em> », a écrit Jallad al-Murji&rsquo;a sur Telegram. Dans un autre message, il étaye son affirmation en citant l&rsquo;exemple de la coopération de HTS avec « <em>l&rsquo;armée turque laïque […] qui a participé à la guerre contre les musulmans en Afghanistan sous la bannière de l&rsquo;Amérique et de l&rsquo;alliance croisée de l&rsquo;OTAN</em> ». </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre partisan d&rsquo;al-Qaïda souligne que HTS, dans sa coopération avec la Turquie et la Russie, a été victime du « <em>jeu de la politique internationale. Ce qui est tout à fait contraire à l&rsquo;expérience réussie des Taliban</em> ». « <em>Ne vous laissez pas tromper par ce que vous avez fait et ne vous enorgueillissez pas de vos victoires, dont nous n&rsquo;avons vu que destruction et dévastation</em> » écrit-il. « <em>Comme est grande la différence entre s&rsquo;humilier devant les infidèles et humilier les infidèles.</em> » écrit un autre.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En réponse à ces commentaires, al-Ifriqi al-Muhajir, un partisan de HTS, s&rsquo;est insurgé contre ceux qui qualifient la politique des Taliban comme étant celle d&rsquo;un djihadisme sans compromis. Selon lui, «<em> il y a des éléments de la politique des Taliban que ces voix n&rsquo;ont pas compris, les Taliban n&rsquo;étant même pas francs quant à leur relation avec Al-Qaïda</em> ». Il a cité un extrait d&rsquo;une lettre de l&rsquo;idéologue d&rsquo;al-Qaïda &lsquo;Atiyyat Allah al-Libi (mort en 2011), qui a écrit la chose suivante sur la nature des relations des Taliban avec al-Qaïda : « <em>Bien sûr, la politique des Taliban est d&rsquo;éviter d&rsquo;être vus avec nous ou de révéler toute coopération ou tout accord entre eux et nous. C&rsquo;est dans le but d&rsquo;éviter toute pression internationale et régionale et par égard pour la dynamique régionale. Nous nous en remettons à eux à cet égard.</em> »</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Réactions des théoriciens</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les principaux érudits du mouvement djihadiste, dont les Palestiniens-Jordaniens Abu Muhammad al-Maqdisi et Abu Qatada al-Filastini, ont exprimé à la fois des louanges et des inquiétudes quant aux récentes réalisations des Taliban. Bien que profondément divisés sur la question de HTS – auquel Abu Qatada est globalement favorable, al-Maqdisi farouchement opposé – les points de vue des deux hommes sur le présent sujet ne sont pas si éloignés.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/en-thailande-lancien-premier-ministre-thaksin-shinawatra-remonte-sur-le-ring/17/07/2025/">En Thaïlande, l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra remonte sur le ring</a></strong></span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En février dernier, Abu Qatada a félicité les Taliban pour avoir signé l&rsquo;accord avec les États-Unis. Dans une déclaration sur Telegram, il a écrit que « <em>la situation afghane</em> [est] <em>un modèle important</em> » et qu&rsquo;elle « <em>mérite d&rsquo;être étudiée</em> ». Tout en rejetant l&rsquo;idée que chaque groupe djihadiste devrait suivre la voie des Taliban « <em>étape par étape</em> », il a souligné plusieurs aspects « <em>admirables</em> » de l&rsquo;approche des Taliban. Parmi lesquels figure l&rsquo;engagement des Taliban à « <em>tenir un cap</em> » sur le champ de bataille, leur lien étroit avec la société dans laquelle ils évoluent et le fait qu&rsquo;ils soient un mouvement érudit. Le 13 septembre, Abu Qatada a poursuivi cette idée dans une autre déclaration, saluant le succès des Taliban après qu’ils aient obtenu la libération de milliers de prisonniers. « <em>C&rsquo;est une victoire djihadiste comme on n&rsquo;en a jamais vu dans notre histoire moderne</em> », a-t-il écrit.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Toutefois, en ce qui concerne les négociations entre les Taliban et le gouvernement afghan, il était beaucoup moins enthousiaste. « <em>Le fait que les Taliban acceptent de s&rsquo;asseoir avec le gouvernement</em> [afghan] <em>est une victoire américaine</em> », écrit-il dans le commentaire du 13 septembre. « <em>Il faut le reconnaître</em> ». Pour Abu Qatada, il s&rsquo;agit d&rsquo;une évolution potentiellement inquiétante, car toute concession au gouvernement afghan à partir de maintenant priverait les Taliban de leur statut d&rsquo; « é<em>mirat légitime pour l&rsquo;Afghanistan</em> ». Le pire résultat possible, selon lui, serait que les Taliban concluent un accord de partage du pouvoir. Il a toutefois jugé cette possibilité lointaine, espérant que les négociations ne se poursuivraient que comme une « <em>tactique</em> » pour obtenir le retrait américain.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Al-Maqdisi s&rsquo;est également félicité de l&rsquo;accord initial des Taliban avec les États-Unis. Fin février, il a écrit que seule la « <em>volonté de combattre</em> » des Taliban avait contraint les États-Unis à négocier avec eux, et que c&rsquo;était une « <em>leçon claire</em> » pour les djihadistes. Selon lui, cela montre que « <em>la solution n&rsquo;est pas dans la démocratie et les urnes ! Elle est plutôt dans le djihad et les caisses de munitions</em> ».</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le lendemain, le 1er mars, al-Maqdisi a publié une « lettre ouverte aux Taliban », plus critique et plus prudente. Dans cette lettre, il s&rsquo;oppose à la nature illimitée de l&rsquo;accord conclu par les Taliban avec les États-Unis, y compris la clause concernant al-Qaïda, en faisant valoir qu&rsquo;un pacte de non-agression avec des infidèles ne devrait pas durer plus de dix ans, conformément à la tradition prophétique. Il ne s&rsquo;agit, selon lui, que d&rsquo;une « <em>transgression jurisprudentielle</em> ». Les Taliban ont certainement le droit de restreindre al-Qaïda, a-t-il ajouté, d&rsquo;autant plus que le mollah Omar n&rsquo;a jamais donné sa bénédiction aux attentats du 11 septembre. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais si l&rsquo;« accord de paix » avec les États-Unis devait conduire à l&rsquo;abrogation du djihad, cela dénoterait un problème plus profond, plus théologique, concernant les Taliban. Al-Maqdisi reproche également aux Taliban d&rsquo;avoir remercié le Qatar, le Pakistan et la Chine, entre autres, dans une déclaration publiée par leur chef lors de la signature de l&rsquo;accord. « <em>De telles expressions de gratitude envers des États dont les dirigeants sont en guerre contre l&rsquo;Islam laissent planer le doute sur d&rsquo;éventuels changements dans la méthodologie</em> [<em>ndlr : religieuse</em>] <em>des Taliban</em> » écrit-il.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/hydrocarbures-en-azerbaidjan-les-enjeux-energetiques-occidentaux-et-eurasiatiques/20/03/2024/">Hydrocarbures en Azerbaïdjan : les enjeux énergétiques occidentaux et eurasiatiques</a></strong></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Selon lui, la clause de l&rsquo;accord qui stipule que les États-Unis et les Taliban « <em>cherchent à établir des relations positives entre eux et s&rsquo;attendent à ce que les relations entre les États-Unis et le nouveau gouvernement islamique afghan après la réinstallation</em> […] <em>soient positives</em> » est particulièrement troublante. « <em>Peut-être que tout cela n&rsquo;est rien de plus que des manœuvres et des étapes politiques pour atteindre des intérêts importants.</em> » spécule-t-il. </span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mais comme Abu Qatada, il s&rsquo;inquiète de ce qui se passera une fois que les Taliban et le « <em>gouvernement afghan client</em> » se seront assis pour négocier. Plus récemment, après le début des négociations en septembre, al-Maqdisi a réitéré ses inquiétudes. « <em>Ce qui m&rsquo;inquiète ce n&rsquo;est pas le fait de s&rsquo;asseoir [à la table des négociations] en soi, mais plutôt les résultats de cette assise !</em> » a-t-il écrit sur Telegram le 12 septembre. Il attend cependant que les résultats soient clairs et documentés pour porter un jugement.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un autre spécialiste du djihad, l&rsquo;Égyptien Hani al-Siba&rsquo;i, installé à Londres et proche d&rsquo;al-Maqdisi sur le plan idéologique, s&rsquo;est montré un peu plus optimiste dans sa réaction aux récentes actions des Taliban. Il a également apporté un point de vue légèrement différent sur l&rsquo;engagement des Taliban concernant al-Qaïda. Dans une prêche prononcée en mars, al-Siba&rsquo;i a souligné que « <em>les Taliban, et c&rsquo;est tout à leur honneur, ne se sont pas dissociés d&rsquo;al-Qaïda et ne les ont pas livrés</em> [aux Américains] ». L&rsquo;engagement des Taliban dans l&rsquo;accord ne serait en réalité pas nouveau, puisque les Taliban interdisaient déjà à al-Qaïda de lancer des attaques contre les Etats-Unis depuis le sol afghan.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un sermon plus récent, à la mi-septembre, al-Siba&rsquo;i a ajouté quelques commentaires sur la question de la <em>bay&rsquo;a </em>d&rsquo;al-Qaïda au chef des Taliban. « <em>La bay&rsquo;a est conditionnelle</em> » a-t-il expliqué. Lorsque al-Zawahiri a donné la <em>bay&rsquo;a </em>à Akhundzadah, il a stipulé certaines conditions, notamment que les Taliban adhèrent à la charia. Par conséquent, si les Taliban devaient s&rsquo;écarter de leur voie actuelle, al-Qaïda serait en droit de retirer la <em>bay&rsquo;a</em>. Pour al-Siba&rsquo;i, cependant, il s&rsquo;agissait du pire des scénarios, et d&rsquo;un scénario lointain. « <em>Attendons et voyons ce qui se passe. Car pour l&rsquo;instant, les Taliban n&rsquo;ont rien concédé</em> » a-t-il suggéré.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une absence de consensus, un avenir incertain</strong></span></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Si une chose est claire dans cet assortiment de points de vue concernant l&rsquo;accord des Taliban avec les États-Unis et leurs négociations avec le gouvernement afghan, c&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;y a guère de consensus dans le monde djihadiste sur la nature réelle des Taliban. Pour l&rsquo;État islamique, les Taliban sont un mouvement impie prêt à renoncer au djihad et à partager le pouvoir avec le gouvernement afghan. Pour al-Qaïda, c&rsquo;est le futur califat islamique. Et pour HTS, c&rsquo;est un modèle de <em>realpolitik </em>djihadiste. Pour leur part, les théoriciens, qui se méfient de l&rsquo;issue des négociations, témoignent d&rsquo;une profonde incertitude quant à l&rsquo;avenir des Taliban. Leur pire crainte est que les Taliban fassent la paix avec le gouvernement afghan et perdent leur caractère d&rsquo;« émirat islamique d&rsquo;Afghanistan ». Leur plus grand espoir est que les négociations s&rsquo;avèrent être une ruse pour gagner du temps. Ils ne sont toutefois pas optimistes au point de considérer ce résultat comme acquis.</span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong><a href="https://www.jihadica.com/jihadi-reactions-to-the-u-s-taliban-deal-and-afghan-peace-talks/">Article accessible ici</a></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"> </p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



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		<title>Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Aug 2021 19:05:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Arlette Carlotti]]></category>
		<category><![CDATA[Olivier Cigolotti]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 20/08/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/guerre-au-haut-karabagh-les-enseignements-pour-la-france/20/08/2021/">Guerre au Haut-Karabagh : les enseignements pour la France</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>La guerre du Haut-Karabagh, qui a opposé l’Azerbaïdjan à la république d’Artsakh soutenue par l’Arménie, a redonné naissance à un conflit territorial ancien. Les hostilités ont pris la forme d’une guerre interétatique moderne. Ce conflit a bouleversé le paradigme d&rsquo;un ordre et d&rsquo;une stabilité internationale idéalisant la paix. Ainsi, quelles leçons les autres États, et notamment la France, peuvent-ils tirer d’un tel conflit ? Pour répondre à cette problématique, Olivier Cigolotti et Marie-Arlette Carlotti, membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat ont remis le 7 juillet 2021 à la présidence de la chambre haute un <a href="http://www.senat.fr/rap/r20-754/r20-754.html">rapport d’information</a> dégageant «&nbsp;dix enseignements&nbsp;» de ce «&nbsp;conflit qui nous concerne&nbsp;».</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;">L’implication de la Turquie, qui a participé à la préparation de l’armée azerbaïdjanaise, et a déployé 1 500 à 2 000 mercenaires syriens, a joué un rôle déterminant dans le conflit. Pour autant, le phénomène de mercenariat n&rsquo;est pas nouveau. On pourrait citer l&rsquo;exemple des États-Unis avec Blackwater ou encore plus récemment, celui de la Russie avec la société Wagner.&nbsp; Le soutien de la Turquie à l’Azerbaïdjan lui permet d’étendre son influence dans le Caucase, région clef reliant la mer Caspienne à la mer Noire, où la Russie et l’Iran ont également des aspirations.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Face à la Turquie qui utilise de plus en plus son influence de manière belliqueuse, le rapport soutien «&nbsp;<em>qu&rsquo;il est regrettable que le gouvernement français ait, initialement, cru devoir adopter une position de</em> « <em>neutralité</em> ». De cette manière, le document propose que «&nbsp; <em>La question du Haut-Karabagh doit figurer à l’agenda de nos relations avec la Turquie, dans toutes les enceintes pertinentes (négociation bilatérales, congrès, sommets, etc.)</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En dehors des ingérences turques, la Russie aménage la sécurité du territoire dans la région. Selon les chiffres énoncés par le rapport, les forces russes seraient présentes dans les trois pays du Caucase du sud avec un effectif d’environ 20 000 hommes. Cependant, la crainte réside dans la tentation expansionniste de l’Azerbaïdjan qui souhaiterait aller plus loin que les territoires récemment acquis. Cette crainte est loin d&rsquo;être infondée si l’on prend en compte la nature belliciste des discours des dirigeants azéris. Il est bon de rappeler que l&rsquo;Arménie reste toujours alliée à la Russie, ce qui lui vaut une certaine protection. Mais pour combien de temps ? Dans ce contexte, le rapport plaide pour un soutien de la France à l’Arménie afin de stabiliser la région («&nbsp;<em>La France qui a laissé pendant longtemps le leadership russe s’exercer dans cette région doit entreprendre un dialogue renforcé avec la Russie afin de l’inciter à jouer un rôle constructif</em> »).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Devoir de protection du patrimoine de l’humanité</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Dans une autre mesure, cette guerre nous enseigne la nécessité de protéger une partie du patrimoine de l&rsquo;humanité. Le conflit récent suscite de fortes inquiétudes. Près de 1 500 monuments arméniens seraient passés sous le contrôle de l’Azerbaïdjan, dont 161 monastères et églises. Si l’on peut espérer une préservation des monuments les plus connus, les risques de destruction du petit patrimoine (comme les cimetières) ou encore la dénaturation de ceux-ci, paraissent en revanche élevés et n&rsquo;entraîneraient pas un apaisement des tensions, bien au contraire. La mission d&rsquo;inventaire proposée par l’UNESCO est vue comme une nécessité. Cette dernière pourrait donner suite à d&rsquo;autres missions plus importantes encore pour protéger le patrimoine.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour résumer, cette mission a pour objet d&rsquo;envoyer des experts internationaux dans le but de dresser «&nbsp;<em>un inventaire préliminaire des biens culturels</em>&nbsp;» pour ensuite assurer «&nbsp;<em>une protection effective de la région</em> ». Toutefois, des désaccords subsisteraient encore concernant les sites visités. Une rancœur due à la décision tardive d&rsquo;agir pour le patrimoine serait en cause. Les Arméniens ont toujours en mémoire l&rsquo;inaction de l&rsquo;UNESCO lors de l&rsquo;effacement de patrimoine arménien du Nakhitchevan par l’Azerbaïdjan entre 1997 et 2006. De la même manière, Erevan reste prudente concernant les négociations dans la mesure où Bakou occupe une place de plus en plus forte au sein de l&rsquo;UNESCO, et possède des liens étroits avec deux anciens directeurs généraux : Koichiro Matsuura et Irina Bokova.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">En France, l’Institut National du Patrimoine s’efforce de rapprocher experts arméniens et azerbaïdjanais. En outre, le rapport affirme qu&rsquo;il serait utile de créer un groupe de contact, impliquant des experts internationaux susceptibles de servir d’intermédiaires afin qu’un dialogue puisse s’instaurer entre les parties.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Vers une guerre du XXIème&nbsp; siècle&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le rapport met également l&rsquo;accent sur l&rsquo;usage de drones, devenu une ressource incontournable dans les guerres modernes (ex&nbsp;: la guerre du Donbass en Ukraine). Ces drones ont l&rsquo;avantage de remplir les mêmes fonctions que d&rsquo;autres engins aériens – comme le renseignement ou encore la frappe pour ne citer que ces deux exemples – pour un coût plus bénéfique. Leur emploi continue toutefois d’évoluer. Au cours des conflits récents, ils ont progressivement été intégrés à de vastes dispositifs offensifs, en coordination avec l’artillerie. Le conflit du Haut-Karabagh est symptomatique d’une étape intermédiaire entre la « <em>dronisation des forces</em> », qui s’est imposée depuis 30 ans, et le « <em>combat collaboratif en essaim</em> », qui pourrait devenir une réalité dans 30 ans.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le rapport rappelle que la France continue, pour sa part, d’avoir un emploi « <em>stratégique</em> » de ses drones. Certes, le système de drones tactiques (SDT) doit arriver dans les forces à partir de 2022, et une partie de notre retard dans le domaine des drones de contact a commencé à être rattrapé (les forces devraient être équipées de plus de 1 000 drones d’ici trois ans). Mais le document précise qu&rsquo;il reste à tirer tous les&nbsp; « <em>enseignements des conflits récents, s’agissant des drones et munitions télé-opérées d’emploi tactique, au profit des unités de première ligne, et de l’usage de matériel moins coûteux, pouvant être considéré comme consommables, au moins sur de courtes périodes</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par conséquent, le rapport souligne l&rsquo;importance de la défense en particulier les défenses sol-Air, et la lutte anti-drone. En effet, les défenses arméniennes pourtant solides, ont été dépassées par l’offensive aérienne azérie. Le document propose ainsi d&rsquo;anticiper des situations dans lesquelles nos forces seraient la cible d’actions impliquant l’emploi de drones.&nbsp; Dans cette perspective, le document insiste sur la nécessité des évolutions des moyens de défense surface air basse couche (SABC).</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ce conflit nous enseigne, une nouvelle fois, que la guerre de haute intensité, implique la mise en œuvre de toute la gamme matérielle à disposition des armées. Ainsi, la guerre de haute intensité est une guerre de stock. Le camp, dont la logistique est plus efficace et le stock plus rempli, part avec un avantage. Car ce type de guerre est consommateur et destructeur. Les chiffres du rapport en témoignent&nbsp;: «&nbsp;<em>4 000 soldats arméniens tués, c’est un chiffre considérable pour un pays qui compte moins de 40 000 naissances par an (environ 10 % d’une classe d’âge)</em> ». Le document rappelle que les armées françaises ont subie des choix budgétaires dans l&rsquo;optique de privilégier du matériel utilisable en opération extérieur. Cependant, une partie du matériel utile face à une guerre de type haute intensité a été délaissé. Ainsi, le rapport insiste sur un développement matériel spécifique à ce type de conflit au sein de nos armées pour retrouver une dynamique croissante des stocks. Par ailleurs, repenser en profondeur l&rsquo;arbitrage entres les ressources matérielles et technologiques ainsi que l&rsquo;effectif des forces constituerait un des principaux enjeux des programmes militaires venir, comme le programme TITAN.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une paix précaire</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Depuis ces dix dernières années, certains événements ont démontré que la paix n&rsquo;est que précaire. Des situations paraissant stables peuvent très vite s&#8217;embraser. On peut citer la prise de Mossoul par l’Etat islamique, l&rsquo;annexion de la Crimée ou encore la chute de l’Afghanistan et la prise de Kaboul par les Talibans en quelques semaines… Ces deux derniers s&rsquo;inscrivent dans cette ligne de « surprises stratégiques ». Le rapport insiste donc sur la nécessité d&rsquo;opter pour une politique visant à anticiper et être plus réactif. En d&rsquo;autres termes, il y a une importance à renforcer l&rsquo;intégration des acteurs au sein d&rsquo;un conflit afin d&rsquo;éviter une inertie. Cela vaut aussi pour le renseignement dont le but serait de solidifier les analyses.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La multiplication des acteurs et des intérêts divers au sein d&rsquo;un conflit ont tendance à rendre la question diplomatique plus complexe. L&rsquo;exemple que l&rsquo;on peut tirer du conflit est celui du partenariat, tout aussi paradoxal, entre Israël et l’Azerbaïdjan. Le rapport développe le fait que cette complexification du conflit «&nbsp;<em>aggraverait les violences</em>&nbsp;» (mercenariat, vente d’armes etc.). Concernant la question du mercenariat, le rapport rappelle que la France, par la loi du 14 avril 2003 réprime cette activité. Par ailleurs, depuis 2008, la France est signataire du Document de Montreux sur les entreprises militaires et de sécurité privées (EMSP) qui vise à promouvoir le respect du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme dans tous les conflits armés où interviennent des EMSP. Cependant, une fois encore, ces conflits nous montrent que le droit est un «&nbsp;tigre de papier&nbsp;».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>7 juin 1099 : début du siège de Jérusalem par les Croisés</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/7-juin-1099-debut-du-siege-de-jerusalem-par-les-croises/07/06/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Wayana Torres]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2021 19:13:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[7 juin 1099]]></category>
		<category><![CDATA[Bataille]]></category>
		<category><![CDATA[Christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Croisés]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Jérusalem]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/06/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/7-juin-1099-debut-du-siege-de-jerusalem-par-les-croises/07/06/2021/">7 juin 1099 : début du siège de Jérusalem par les Croisés</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le 7 juin 1099, le siège de Jérusalem commence. Rendue particulièrement difficile par le manque de vivres et de matériels, la bataille est finalement remportée par les Croisés.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En 1095 débute la première croisade. En cause ? Les Turcs seldjoukides refusent depuis 1078 de laisser libre le passage aux pèlerins chrétiens vers Jérusalem. Entre-temps, la ville est passée aux mains des Egyptiens Fatimides, un califat islamique chiite.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le 7 juin 1099, plus de 3 ans après l’appel du Pape Urbain II et leur départ d’Occident, les Croisés, ayant parcouru plusieurs milliers de kilomètres à pieds et à cheval, arrivent finalement aux portes de Jérusalem. Au nombre de 13 500, ils sont nombreux à pleurer en apercevant enfin la ville sainte.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un siège difficile</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Quelques mois auparavant, les Croisés venaient de mener un dur combat contre les Turcs lors du siège d’Antioche permettant aux troupes occidentales d’être mieux approvisionnées. Néanmoins, une fois à Jérusalem, le siège est d’une extrême difficulté pour les Croisés. Autour de la ville, il n’y a ni vivres, ni eau et la citadelle est, quant à elle, déjà préparée à un siège. Les comtes et chevaliers Godefroy de Bouillon, Robert de Flandre et Robert Courteheuse encerclent la ville au nord et au sud, tandis que le comte Raymond de Toulouse s’installe à l’ouest, en face de la tour de David.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Autour de la ville, des machines de sièges, des tours pour escalader les remparts ainsi que des catapultes sont dressées. Devant toute cette force, le calife Égyptien Iftikhâr al-Dawla, envoie ses ambassadeurs pour parlementer avec les chefs croisés. Il promet la liberté aux pèlerins chrétiens de séjourner dans la ville et de visiter les lieux saints. De l’autre côté, les Croisés demandent la reddition sans conditions des Fatimides. Après le refus de ces derniers, le siège commence. </span><span style="color: #000000;">Les différents assauts chrétiens sont repoussés et le matériel et les vivres commencent à manquer. Heureusement pour les Croisés, une escadre génoise amène à Jaffa du matériel de siège et du ravitaillement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La prise de la ville</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Après plusieurs tentatives d’assaut, la garnison égyptienne incendie le 14 juillet les tours roulantes des croisés avec du feu grégeois. Dans la nuit du 14 au 15, une tour recouverte de peaux de bêtes encore fraîchement écorchées et donc protégée du feu, permet aux croisés de pénétrer dans la ville et de faire ouvrir les grandes portes. Les Juifs et Musulmans présents dans la ville sont massacrés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Apres avoir découvert la Sainte-Croix, une armée, emmenée par Raymond de Toulouse, remporte la bataille d’Ascalon. Cette victoire permet la création du Royaume Latin de Jérusalem. A l’issue de celle-ci, un grand nombre de croisés rentrèrent en Europe, considérant leur mission terminée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Egypte : juste un pogrom de plus pour les Coptes ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/egypte-juste-un-pogrom-de-plus-pour-les-coptes/03/06/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Augustin Herbet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 10:17:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chroniques libres]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Al Barsha]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Coptes]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Islamistes]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Pogrom]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/06/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/egypte-juste-un-pogrom-de-plus-pour-les-coptes/03/06/2021/">Egypte : juste un pogrom de plus pour les Coptes ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><b>Le 26 novembre 2020, des islamistes radicaux ont attaqué le village copte d’Al Barsha en Egypte. Cette agression, qui n’est malheureusement pas un cas isolé dans cette région, est représentative de la situation des chrétiens dans ce pays.</b></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">En Basse–Egypte, la population copte représente la majorité de la population chrétienne égyptienne. Le scénario suit le même schéma que le pogrom dans un village près d’Assiout et celui, encore plus dramatique, de Minya en 2016. À chaque fois une rumeur fait état de chrétiens ayant « manqué de respect » à la domination symbolique musulmane (commentaires « blasphématoires » sur internet et/ou relation amoureuse entre un garçon copte et une fille musulmane. À noter que les viols et conversions forcées de jeunes filles coptes ne provoquent aucun émoi ni défense de la part de coptes contre les vexations systémiques et les agressions quotidiennes). Suite aux rumeurs, une foule islamiste chauffée à blanc par des imams radicaux se rassemble et incendie les maisons et l’église copte. À Minya, la mère du garçon copte « accusé » d’avoir une relation amoureuse avec une fille musulmane, a été sortie de chez elle et dénudée par la foule haineuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un mécanisme similaire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">À chaque fois le mécanisme est le même, c’est l’affirmation haineuse et brutale d’une logique discriminatoire et suprémaciste de la part d’une population musulmane exerçant une oppression sur les Coptes (il n’est d’ailleurs pas étonnant que les attaques arrivent surtout dans le gouvernorat de Minya où les Coptes sont plus nombreux en proportion et où il y a de nombreuses communautés rurales chrétiennes). Les attaques correspondent à la volonté de réaffirmer un ordre symbolique de domination musulmane vu comme menacé par des « provocations » dont on a vu qu’elles correspondaient surtout à une revendication de la part des coptes d’avoir une existence avec une dignité égale à celle des musulmans. Toute la communauté chrétienne est donc rendue responsable de l’acte d’un seul de ses membres dans une logique de punition collective.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI &nbsp;→</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/israel-palestine-limpasse-diplomatique-de-lunion-europeenne/01/06/2021/">Israël-Palestine : l’impasse diplomatique de l’Union européenne ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ce mode d&rsquo;opération suit ceux des pogroms antisémites de la Russie tsariste, des massacres hamidiens de 1894 à 1896 qui ont précédé le génocide arménien ou du pogrom d’Istanbul de 1955 contre les Grecs, les Arméniens et les Juifs. Si le bilan humain en Egypte n’est pas aussi dramatique, c’est que les autorités n’encouragent pas ces progroms et jouent même un rôle relativement neutre &#8211; néanmoins avec ses limites. Une fois les émeutiers islamistes, mais aussi des coptes, arrêtés, elles organisent des réunions de réconciliation où chaque communauté doit présenter ses excuses aux autres. Bien que nettement préférable à une épuration ethnique, ces réunions mettent à égalité les bourreaux oppresseurs musulmans et leurs victimes coptes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une logique discriminatoire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Les Coptes disposent d’une égalité légale réduite à son plus strict minimum (égalité du droit de vote ou service militaire pour tous). Mais ils subissent une discrimination et une oppression systémique qui se traduit par leur très faible représentativité dans la police ou les hauts gradés de l’armée, l’obligation de financer l’université islamique d’Al-Azhar dans laquelle ils ne peuvent étudier, la non-reconnaissance de leurs universités, le fait qu’une grande partie de la législation découle de la charia qui est un système légal discriminatoire envers les juifs et les chrétiens, les difficultés administratives pour obtenir une église y compris dans des endroits où ils sont nombreux et la fermeture de certaines d&rsquo;entres elles. On a également pu voir les mécanismes récurrents de ces pogroms ainsi que les enlèvements de jeunes filles coptes. Enfin, ils sont également la cible attentats et de meurtres de la part des groupes djihadistes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI &nbsp;→ </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-exclusif-hayk-khanumyan-lazerbaidjan-mene-une-politique-de-chantage-en-artsakh/07/05/2021/">ENTRETIEN EXCLUSIF – Hayk Khanumyan : «L’Azerbaïdjan mène une politique de chantage en Artsakh»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Des réformes positives ont cependant vu le jour, que ce soit au niveau des ouvertures d’églises ou d’un discours public affirmant au moins en théorie l’égalité entre coptes et musulmans. Mais elles restent limitées. Les Chrétiens qui demandent une égalité réelle, comme par exemple le défenseur copte des droits humains égyptien Ramy Kamel, sont poursuivis. Une solidarité en soutien des coptes demeure plus que jamais nécessaire, comme l’ont rappelé les tragiques évènements d’Al Barsha. Dès lors, on peut se demander pourquoi les gens restent si silencieux sur des cas aussi documentés d’oppression systémique traversant tout un tissu social. Peut-être est-ce vu comme « juste un pogrom de plus » ? Il faut espérer que cela entraînera un mouvement de solidarité appelant à la justice en faveur des victimes d’Al Barsha et de toutes les autres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Israël-Palestine : l&#8217;impasse diplomatique de l&#8217;Union européenne ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/monde/israel-palestine-limpasse-diplomatique-de-lunion-europeenne/01/06/2021/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Bonnemaison]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 17:49:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[Hamas]]></category>
		<category><![CDATA[Israël ¨]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Pierre Strootbants]]></category>
		<category><![CDATA[Josep Borrell]]></category>
		<category><![CDATA[Olof Skoog]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<category><![CDATA[Union européenne]]></category>
		<category><![CDATA[Ursula Von Leyer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 01/06/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/israel-palestine-limpasse-diplomatique-de-lunion-europeenne/01/06/2021/">Israël-Palestine : l&rsquo;impasse diplomatique de l&rsquo;Union européenne ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël remet en lumière le manque de cohérence de l’Union européenne sur la question palestinienne. Et si la France jouait un rôle plus important au Levant ?</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Le vendredi 21 mai, l&rsquo;Union Européenne (UE) a salué la décision du cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas sous la médiation de l&rsquo;Égypte. La présidente de la Commission de l&rsquo;Union européenne, Ursula Von Leyer, a exprimé sur son compte Twitter l&rsquo;urgence à «<em> renforcer le cessez-le-feu et à parvenir à une stabilité à long terme</em> » en ajoutant que « <em>seule une solution politique peut apporter la paix et la sécurité pour tous</em> ». De la même manière, le Haut Représentant de l&rsquo;Union européenne pour les relations extérieures et la politique de sécurité, Josep Borrell, a également salué l&rsquo;accord qui a mis fin aux violences. Selon les sources officielles, le conflit a fait 232 morts (dont 65 enfants) et 1 900 blessés du côté palestiniens et 12 morts et 355 blessés du côté israélien.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La pomme de la discorde au sein de l&rsquo;Union</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Parmi les 27 pays membres, certains pays comme la Belgique, l&rsquo;Irlande, la Suède et le Luxembourg ont une politique relativement critique vis-à-vis d’Israël. Les pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, en particulier la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie, au contraire, font partie de ceux qui soutiennent le plus Israël. Pour autant, ces derniers jours, le drapeau de l’État hébreu a flotté en bonne place au-dessus du siège du plus grand parti au pouvoir allemand et des bâtiments officiels en Autriche et en République tchèque en soutien à Israël. En Europe du sud, la Grèce et Chypre se sont rapprochées d&rsquo;Israël ces dernières années, en partie à cause des tensions avec la Turquie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La question israélo-palestinienne crée tourmente et division auprès des pays membres de l&rsquo;UE. Un exemple récent de cette désunion est la déclaration de l&rsquo;ambassadeur de l&rsquo;Union européenne aux Nations-Unies, Olof Skoog, le dimanche 22 mai dernier, dans laquelle il « condamnait la violence mais (se) gardait de s’exprimer au nom des États membres”. Une déclaration rejetée par la Hongrie, fervente alliée d&rsquo;Israël. Comme l&rsquo;a énoncé Jean-Pierre Strootbants dans le journal</span> <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/05/17/israel-palestine-l-europe-paralysee-par-ses-divisions_6080430_3210.html">Le Monde</a> : <span style="color: #000000;">« <em>La diplomatie des Vingt-Sept joue en permanence les équilibristes et craint toujours d’envenimer la situation</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">D&rsquo;une part, Israël réclame un soutien plus fort et sans équivoque de Bruxelles en tant que compatriote de la démocratie, et la condamnation du Hamas. D&rsquo;autre part, les Palestiniens accusent l&rsquo;UE de fermer les yeux sur les violations du droit international, sur les décennies d&rsquo;occupation territoriale illégale et de violations des droits internationaux.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Un espoir français ?</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">De son côté, l’Elysée a annoncé que la France «condamnait fermement les tirs de roquettes revendiqués par le Hamas et d’autres groupes terroristes visant le territoire israélien». Les déclarations ont été plus vagues lorsque celles-ci faisaient références aux bombardements israéliens. Toutefois, le président Emmanuel Macron a présenté ses condoléances pour « <em>les nombreuses pertes civiles palestiniennes résultant des opérations militaires et des affrontements en cours avec Israël</em> ». Le chef de l’État a également réitéré son « <em>attachement indéfectible à la sécurité d&rsquo;Israël et à son droit de se défendre conformément au droit international</em> », mais n&rsquo;a pas réitéré son soutien aux droits des Palestiniens.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Cependant, de nombreux diplomates, fonctionnaires et experts ont souligné que la France avait un rôle important à jouer dans cette région du monde. L’entretien entre le président français et son homologue égyptien Abdel Fattah el-Sissi à Paris le 17 mai dernier en est un parfait exemple. Le fait que la France, après le Brexit, soit désormais le seul membre permanent de l’UE au Conseil de sécurité des Nations Unies peut être un levier d’influence. </span><span style="color: #000000;">La France n’a pas de relations diplomatiques avec le Hamas et soutient la médiation égyptienne dans ce conflit. Mais aucun calendrier pour la fin des hostilités n&rsquo;a émergé. Les deux présidents réunis « ont convenu de continuer à se coordonner pour favoriser un cessez-le-feu rapide ». Cette dynamique a pu se traduire par un entretien entre le président Macron et le chef de l&rsquo;Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, bien que ce dernier n&rsquo;ait aucun pouvoir de pression sur le Hamas ou Jérusalem Est.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Néanmoins, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s&rsquo;est engagé dans une diplomatie intense, discutant de la situation avec ses homologues américains, israéliens, palestiniens, jordaniens et égyptiens. Dans un communiqué du 10 mai, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que « La France est vivement préoccupée par les menaces d&rsquo;expulsions forcées visant des habitants du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, qui font partie de la politique de colonisation illégale au regard du droit international. ». Il a réitéré « l&rsquo;attachement de la France à la préservation du <em>statu quo</em> historique dans l&rsquo;enceinte de la mosquée Al Aqsa ». Un bloc entraînant l’autre, le ministre des Affaires étrangères a mis en garde l&rsquo;État Israélien dimanche 23 mai contre « un risque d&rsquo;apartheid » entre populations juive et arabe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Affaire à suivre au-dessus d&rsquo;une ruche diplomatique</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Au-delà de l&rsquo;influence de la politique extérieure de l&rsquo;Union européenne, la question de la paix durable se pose. Un état binational serait-il vraiment possible ? Cette perspective serait fondée sur une approche basée sur le respect des droits des deux peuples et la lutte contre l’impunité, des deux côtés. En ce sens, la fondation américaine</span> <a href="https://carnegieendowment.org/2021/04/19/breaking-israel-palestine-status-quo-pub-84167">Carnegie</a><span style="color: #000000;">, via un rapport publié en avril, préconise une évolution similaire. Selon cette dernière, la seule manière de briser le <em>statu quo</em> serait de «<em> réaffirmer et sauvegarder les droits des Israéliens à la paix et à la sécurité, en accordant la même attention aux droits des Palestiniens</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Face aux ingérences turques et iraniennes dans le conflit, il serait alors bon d&rsquo;aborder une position plus forte. De par son histoire, la France devrait être à l’avant-garde de l’UE dans cette région.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 21:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre Goodarzy]]></category>
		<category><![CDATA[Chrétiens]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Irak]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Otage]]></category>
		<category><![CDATA[SOS Chrétiens d&#039;Orient]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>ENTRETIEN. Alexandre Goodarzy a été chef de mission en Syrie pour l’association SOS Chrétiens d’Orient...</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. Alexandre Goodarzy a été chef de mission en Syrie pour l’association SOS Chrétiens d’Orient de 2015 à 2020. Capturé par des milices chiites à Bagdad en Irak lors d’un déplacement en janvier 2020, il nous raconte ses années passées au service des Chrétiens d’Orient, de son arrivée à sa captivité, puis sa libération grâce au coronavirus.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Charles de Blondin&nbsp;: En 2014, vous partez en Syrie. Quel a été l’élément déclencheur&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Alexandre Goodarzy</strong>&nbsp;: Je me souviens d’avoir eu de la peine pour ce qu’il s’était passé en Afghanistan, en Irak puis en Libye. J’ai remarqué qu’après chaque intervention, il n’y avait jamais eu de plan pour l’après-guerre. On a laissé les gens mourir alors qu’il y avait, à l’époque de Saddam Hussein ou de Kadhafi, une relative sécurité. Quand la question de l’intervention de la France en Syrie s’est posée, j’ai trouvé admirable que Charles de Meyer et Benjamin Blanchard, les deux fondateurs de SOS Chrétiens d’Orient, se soient souciés du problème. Je me suis dit qu’il n’y avait pas d’excuse, qu’il y avait une possibilité de faire quelque chose. J’étais enseignant en histoire-géographie dans un lycée et j’avais un poste de vacataire à l’Université catholique d’Angers. Un de mes étudiants m’a parlé de cette association. En 2014, je participe au deuxième Noël en Syrie organisé par l’association. C’est en revenant de cette semaine que je comprends que ma vie est là-bas, auprès des Chrétiens d’Orient. En mars 2015, je décide de partir un an en Irak, où l’ONG a ouvert une mission. Elle me propose alors d’en monter une en Syrie, que j’ouvre le 1<sup>er</sup> juin 2015.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Quels étaient les besoins à l’ouverture de la mission&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: J’avais appris que les Kurdes avaient profité de la faiblesse du pouvoir central pour prendre d’assaut les écoles publiques pour les forcer à parler le kurde. Comme celles-ci n’ont pas accepté leur chantage, les Kurdes les ont fermées. Tous les enfants sont partis se réfugier dans les écoles privées, détenues par des prêtres, que les Kurdes n’avaient pas encore osé toucher. Ils font attention à l’autorité religieuse. La demande a été multipliée par 3 ou 4 sans que les familles ne puissent payer ces écoles non subventionnées par l’État. La première mission était d’aider les prêtres à financer ces enfants déscolarisés.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À peine revenu, je reçois un message me disant qu’il faut que j’aille à Alep. Un prêtre a besoin de nous. Pour la première fois, SOS Chrétiens d’Orient va emmener des enfants d’Alep en vacances dans la vallée des Chrétiens à côté de Homs. Toutes les semaines, nous avons organisé le départ de plusieurs centaines d’enfants, plus de 3&nbsp;000 durant ces trois mois.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Comment les Syriens perçoivent-ils les Français&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Vis-à-vis des volontaires, il y avait une véritable sympathie. Il y a eu des différents politiques dans l’histoire, mais la culture francophone est bien enracinée en Syrie. Ils aiment la France. Ils étaient contents de voir des étrangers car ils se sentaient moins seuls. Cela signifiait que leur pays n’était pas si fermé que ça. Ils étaient touchés que des jeunes Français quittent leur confort pour venir dans un pays que les habitants veulent fuir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Au niveau politique, ils ont vécu l’action française comme une agression doublée d’une trahison. Ils n’ont pas compris pourquoi la France s’était acharnée sur eux, sur leur président – qui n’est évidemment pas parfait –, sans voir le véritable danger en face&nbsp;: l’islamisme. &nbsp;Ils trouvaient qu’ils ne méritaient pas ça. En tant que français, ils ne nous ont jamais fait ressentir leur colère. Ils ont toujours distingué la politique et les personnes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Le 20 janvier 2020, vous êtes enlevé en Irak avec trois de vos collègues. Comment se déroule cet enlèvement&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Nous venions pour faire un enregistrement de l’association à Bagdad, afin de pouvoir travailler en toute légalité. Nous sommes 17 jours après la mort du général iranien Soleimani, un homme à la tête de toutes les milices chiites rattachées à l’Iran, du Liban au Pakistan, qui se battent contre Daesh. Il s’est fait tuer par un drone américain avec son représentant Abou Mehdi al-Mouhandis en Irak en sortant de l’aéroport. Tous les Chiites et même les Chrétiens sont en colère. Ils cherchent des responsables, ils pensent qu’il y a eu des trahisons en interne. . En nous rendant à l’évêché arménien catholique, deux grosses voitures nous ont bloqués. Ils nous ont sortis <em>manu militari</em> de notre véhicule, nous ont ligotés et installés par deux dans les deux voitures. Au début, nous avions un doute. Est-ce que c’est la police&nbsp;? Est-ce que ce sont des milices chiites&nbsp;? Est-ce <em>Daesh</em>&nbsp;? Nous avions peur. Ils nous ont enlevé nos papiers, nos téléphones. Nous pensions qu’ils allaient nous torturer et nous exécuter sans que personne ne sache ce qu’il s’était passé. Nous envisagions tous les scénarios. C’était très angoissant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_5088" aria-describedby="caption-attachment-5088" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-full wp-image-5088" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=640%2C427&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="427" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/IMG_1950.jpeg?resize=272%2C182&amp;ssl=1 272w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-5088" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">En compagnie de jeunes syriens à Raqqa, ancienne capitale de l&rsquo;État islamique. ©Alexandre Goodarzy</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Quelles sont les conditions de votre détention&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Ils nous ont accusés d’espionnage, d’avoir donné de l’argent à des manifestants anti-gouvernementaux pour déstabiliser l’Irak. Au mieux, nous pensions faire 30 ans de prison Il y a toujours de la lumière là où on est enfermé, on ne peut pas dormir, il y a toujours du bruit. Ils nous mettent le Coran chanté du matin au soir pour nous déstabiliser. Ils font des feux et la fumée qui rentre dans la pièce nous étouffe. Ils nous changent constamment d’un endroit à un autre en nous disant que nous allons sortir dans quelques jours. Une fois, ils nous disent de les suivre et chargent leur arme. Nous pensons qu’ils vont nous tuer. Ils peuvent être très froids mais être gentils à d’autres moments. Ils ne nous ont jamais séparés. C’était très déstabilisant. À côté, on a entendu, via les conduits d’aération, un homme et une femme qui se faisaient torturer à mort. Parfois, on ne mange pas pendant 2 jours voire 3 jours, avec deux boîtes de thon pour quatre. J’ai perdu 15kg. Dès qu’ils rentraient dans la pièce, nous devions mettre des lunettes pour ne pas les voir. Ils nous demandaient comment allaient nos femmes, nos enfants alors que nous n’avions aucun moyen de le savoir.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: En mars 2020, c’est la libération. Comment se déroule-t-elle&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Ils viennent nous voir et nous racontent qu’il y a un virus qui tue le monde entier, que la planète est confinée, les aéroports fermés. Comme nous ne les croyons pas, ils nous allument la télé. Nous voyons que Rome, Paris, Berlin, Pékin, Téhéran sont vides. Nous voyons les chiffres des personnes qui ont attrapé le virus. Nous comprenons que tout est vrai.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le coronavirus allait démonétiser notre valeur. Si celui-ci avait raison de nous, ils ne pouvaient pas rendre quatre cadavres à la France. Nous ne connaissions pas vraiment la dangerosité de celui-ci en mars 2020. C’est un vrai miracle. Les jours passent et ils nous annoncent que notre libération serait un dimanche. Dès le mercredi, ils commencent à vider les lieux. Une heure après, ils reviennent en nous demandant de préparer nos affaires. Ils nous ont transférés dans un autre endroit à côté de Bagdad pour passer la nuit, nous ont redonné nos passeports. L’un d’entre eux nous a filmé avec son téléphone en nous demandant de passer ce message à la France&nbsp;: «&nbsp;<em>Dites à la France de cesser son soutien à Daesh et de ne plus laisser les ressortissants français en Irak sinon nous les exécuterons sans sommation. Ils ne bénéficieront pas du même traitement de faveur que vous</em>&nbsp;».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Une autre voiture est venue nous chercher pour nous amener dans une autre maison. Nous avons pu enlever définitivement nos masques. Là, un homme s’est présenté comme étant un intermédiaire entre le gouvernement français et les milices irakiennes qui nous avaient enlevés. Il s’est excusé pour ce qui était arrivé, nous a dit qu’il avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir notre libération. Un véhicule nous a ensuite emmenés dans une rue qui menait à la résidence de l’ambassadeur de France. Nous avons marché 200 mètres et avons sonné à la porte. Ils étaient sciés. Ils nous ont dit&nbsp;: «&nbsp;<em>Cela fait une semaine que l’on vous attend chaque jour, que les ravisseurs nous appellent pour nous dire que l’échange aurait lieu ce soir et, chaque soir, ils ne donnent plus de nouvelles. Le lendemain, ils nous rappellent pour nous dire que c’est ce soir. Le jour où ils vous ramènent, nous n’avons aucun coup de téléphone</em>&nbsp;». Et ils nous ont dit&nbsp;: «&nbsp;<em>c’était peut-être la meilleure chose à faire car souvent il y a des risques d’escalade au moment de la libération. Une geste brusque, un mot de travers et c’est terminé&nbsp;</em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Le 24 mars 2021, vous sortez votre livre <em>Un guerrier pour la paix </em>aux éditions du Rocher. Pourquoi&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: J’avais besoin d’écrire pour tourner la page. Je ne voulais pas écrire 300 pages racontant mon enlèvement. L’objectif était d’évoquer mes années passées en Syrie. Lorsque j’étais otage, je me rattachais constamment au passé. Le présent était infernal et je n’étais pas sûr d’avoir un avenir. J’y fais mon devoir d’humanitaire et raconte la réalité du terrain. Je prends mon lecteur par la main. Il est enlevé avec moi et je l’emmène dans mes souvenirs de Syrie pendant ma captivité.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: Vous avez évoqué la beauté de l’engagement des fondateurs de SOS Chrétiens d’Orient. Notre société et en particulier notre jeunesse manque-t-elle d’engagement, d’idéal&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong>&nbsp;: Il y a un manque de transcendance, on ne vit plus l’histoire. Tout ce qui fait la beauté de la France est aujourd’hui souillé. Le problème est que la société ne donne rien aux jeunes, aucun idéal. Aider les Chrétiens d’Orient, c’est aider au Bien commun. C’est aider les Syriens à ne pas fuir, à rester chez eux. Cela ne fait plaisir à personne de quitter son pays, de prendre le bateau, de traverser la mer Méditerranée pour ensuite aller mendier en Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>C.B&nbsp;: En mars, le Pape s’est rendu en Irak. La Syrie commémore cette année, ses 10 années de guerre civile. Comment voyez-vous l’avenir des Chrétiens d’Orient&nbsp;?</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;"><strong>A.G</strong> : Je suis très pessimiste. Ils étaient deux millions en Irak avant l’invasion américaine en 2003, ils sont moins de 200 000 maintenant. Ils étaient deux millions en Syrie avant la guerre, ils ne sont plus que 600, 700 000. Les Chrétiens d’Orient sont un échantillon humain en voie d’extinction. La guerre et la démographie jouent contre eux. Je pense que l’islamisme est une conséquence d’un vide que le chrétien laisse en abandonnant Dieu. Quand on choisit de rejeter le Christ de la société, le communisme, l&rsquo;Islam ou autres idéologies mortifères profitent de ce vide pour s&rsquo;installer.&nbsp;&nbsp;</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_5095" aria-describedby="caption-attachment-5095" style="width: 400px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-5095" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?resize=400%2C616&#038;ssl=1" alt="" width="400" height="616" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?w=400&amp;ssl=1 400w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/03/Guerrier-de-la-paix.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /><figcaption id="caption-attachment-5095" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Guerrier de la paix &#8211; Alexandre Goodarzy &#8211; 2021 &#8211; Éditions du Rocher</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%">
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		<title>Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l&#8217;Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/</link>
					<comments>https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2021 14:43:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entretiens]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Artsakh]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de Minsk]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabagh]]></category>
		<category><![CDATA[Hovhannès Guévorkian]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=4589</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 20/01/2021</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/hovhannes-guevorkian-la-turquie-et-lazerbaidjan-ont-mis-en-place-une-politique-dextermination-des-armeniens/20/01/2021/">Hovhannès Guévorkian: «La Turquie et l&rsquo;Azerbaïdjan ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>ENTRETIEN. La guerre éclair de six semaines menée par l’Azerbaïdjan entre septembre et novembre 2020 au Haut-Karabagh a fait plusieurs milliers de victimes. Retour sur le bilan de ce conflit avec le <a href="https://haut-karabagh.com/le-representant/">représentant</a> français du Haut-Karabagh, Hovhannès Guévorkian, fervent défenseur de la reconnaissance de cet état dans la région.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Charles de Blondin : Suite à la guerre au Haut-Karabagh, quel bilan tirez-vous de ces sept semaines de conflit ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>Hovhannès Guévorkian : </strong>Le bilan est assez sombre naturellement. L&rsquo;objectif annoncé de l&rsquo;Azerbaïdjan était de détruire la république d&rsquo;Artsakh. Celle-ci est un élément central de la sécurité des Arméniens vivant dans cette région. En effet, l&rsquo;État que nous avons construit nous a permis d’assurer notre sécurité et de continuer à exister au Haut-Karabagh. C&rsquo;est précisément pour cette raison que la dictature azerbaïdjanaise a visé toutes les composantes de cet État : sa population, en la terrorisant pour l&rsquo;obliger à quitter son territoire – un territoire qu&rsquo;elle est parvenue à morceler et à amputer – ; les institutions et les infrastructures pour mettre fin à l&rsquo;existence des Arméniens dans cette région.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/haut-karabagh-limperialisme-ottoman-derdogan-cherche-a-simposer-dans-la-region/20/10/2020/">Haut-Karabagh : «L’impérialisme ottoman d’Erdogan cherche à s’imposer dans la région»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Aujourd&rsquo;hui la ville de Chouchi, la région de Hadrout et de nombreuses communes d&rsquo;autres régions de l&rsquo;Artsakh se trouvent sous occupation armée de l&rsquo;Azerbaïdjan. Par ailleurs, l&rsquo;Artsakh est en situation d&rsquo;enclave intégrale et son lien terrestre avec l&rsquo;Arménie est fragilisé. Les communes artsakhiotes ont subi beaucoup de destructions. Or, la précarité des logements et des infrastructures due à l’agression azerbaidjanaise ne favorise pas le retour des réfugiés qui ont fui leur commune dans la précipitation. Pour information, les trois quarts de la population artsakhiote ont été contraints de prendre le chemin de l’exode vers l’Arménie. Pour résumer, l&rsquo;Artsakh est fragilisé aujourd&rsquo;hui, politiquement, économiquement et sur un plan territorial et sécuritaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">CDB : Un conflit de cette ampleur était-il prévisible avec l’Azerbaïdjan et ses alliés ?</span></strong></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> Le conflit était prévisible. L&rsquo;Azerbaïdjan n&rsquo;a jamais fait mystère de son intention de supprimer l&rsquo;État d&rsquo;Artsakh, et ce depuis son accession à l&rsquo;indépendance en 1991 et malgré le cessez-le-feu instauré en 1994. D&rsquo;ailleurs, bien que le conflit ait semblé gelé pendant des années, les épisodes d&rsquo;affrontements armés n&rsquo;ont pas manqué. L&rsquo;Azerbaïdjan s&rsquo;est surarmé pendant de nombreuses années, son objectif étant déclaré d&rsquo;avance. Simplement, cette fois-ci le contexte géopolitique était sans doute très favorable au déclenchement d&rsquo;une guerre massive avec la diversion que constituaient les troubles liés au processus électoral américain et la crise sanitaire de la Covid. Le pouvoir azerbaïdjanais n&rsquo;a pas hésité à se saisir de l&rsquo;opportunité pour parvenir à ses fins. La Turquie y a joué un rôle décisif.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Pensez-vous que la communauté internationale et en particulier la France a été à la hauteur des enjeux lors de ce conflit ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> D’habitude, une guerre sonne l&rsquo;échec de la diplomatie. Il est difficile de ne pas en convenir. Avec cet acte d&rsquo;agression, l&rsquo;Azerbaïdjan a ignoré les efforts de médiation que menait la communauté internationale dans le cadre du Groupe de Minsk de l&rsquo;OSCE coprésidé comme vous le savez par la France, les États-Unis et la Russie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/afrique/armee-francaise-au-sahel-quel-est-lavenir-de-loperation-barkhane/19/11/2020/">Armée française au Sahel : quel est l’avenir de l’opération « Barkhane » ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Un des objectifs du Groupe de Minsk était précisément d&rsquo;éviter la guerre et de parvenir à une solution négociée et pacifique du conflit. De ce point de vue, la communauté internationale a été écartée indéniablement. Dans les limites qui sont les siennes, la France, par la voix du Président Macron, a cependant clairement établi et dénoncé les responsabilités. Aucun autre État n’est allé aussi loin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : La République d’Artsakh n’est actuellement pas reconnue par la communauté internationale. Cependant, le 25 novembre 2020, le Sénat français a voté pour une proposition de résolution appelant à la reconnaissance de la république du Haut-Karabagh. Pourquoi souhaitez-vous que ce territoire soit reconnu ? </strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> La reconnaissance internationale de la République d&rsquo;Artsakh a toujours été considérée comme le moyen le plus efficace de mettre la population arménienne d’Artsakh sous la protection juridique de la communauté internationale et d&#8217;empêcher l&rsquo;Azerbaïdjan de commettre l&rsquo;irréparable. Autrement dit, nous avons toujours vu cette reconnaissance comme une garantie de sécurité. Et les récents événements nous ont donné raison dans le sens où l’absence de cette reconnaissance a encouragé l&rsquo;Azerbaïdjan à se considérer en droit d’agresser l’Artsakh. </span><span style="color: #000000;">Hélas, il a fallu que l’agression de l&rsquo;Azerbaïdjan et de la Turquie se matérialise, que les djihadistes mercenaires soient déployés durant cette guerre pour que des acteurs politiques internationaux prennent conscience de cette évidence.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/le-mouvement-des-pays-non-alignes-un-acteur-discret-mais-vivace-de-la-scene-internationale/24/07/2020/">Le Mouvement des pays non-alignés, un acteur discret mais vivace de la scène internationale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans ce contexte, je tiens à saluer chaleureusement l&rsquo;adoption par le Sénat et l’Assemblée nationale français des résolutions sur la nécessité de reconnaitre la République d&rsquo;Artsakh, comme les nombreux appels, motions, vœux et déclarations adoptés par les collectivités territoriales françaises. Ce sont des initiatives très constructives qui, de manière lucide, appellent à protéger les vies désormais menacées des Arméniens de l’Artsakh.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : Quelle place tient l’Arménie dans votre processus de reconnaissance ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> L&rsquo;Arménie s&rsquo;est déclarée garante de la sécurité de l&rsquo;Artsakh. Aujourd&rsquo;hui affaiblie, elle est amenée à partager ce statut avec les forces russes de maintien de la paix. Au risque de me répéter, je dois rappeler que la reconnaissance de la République d&rsquo;Artsakh demeure pour nous une garantie importante de sécurité qui mettrait l&rsquo;Artsakh à l&rsquo;abri de toute tentation de décider de son sort par la force.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>CDB : À terme, une paix est-elle réellement possible dans la région ? Si oui, comment y parvenir ?</strong></span></p>
<p><span style="color: #000000;"><strong>H.G :</strong> Oui, elle l’est. Pour y parvenir il est indispensable de tenir compte des droits des Arméniens d’Artsakh, dont le droit à la vie. Pendant plus d&rsquo;un siècle, la Turquie et l&rsquo;Azerbaïdjan (ces deux États se considèrent comme une seule nation) ont mis en place une politique d’extermination des Arméniens. Génocide, massacres de masse, nettoyages ethniques et autres pogroms jalonnent l&rsquo;histoire des Arméniens depuis la fin du XIXème siècle. Les temps changent, les acteurs et leurs objectifs sont les mêmes : prendre possession des territoires sans les Arméniens. C&rsquo;est probablement la manière turco-azérie de régler la question et d’instaurer la paix dans la région. Une alternative existe : admettre le droit à l&rsquo;existence et à la souveraineté nationale, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;Arménie ou de l&rsquo;Artsakh. Parvenir à une paix durable ou définitive ne se peut sans l&rsquo;acceptation de ces droits. C&rsquo;est ma profonde conviction.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Propos recueillis par <a href="https://www.billetdefrance.fr/author/admin/">Charles de Blondin</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_4633" aria-describedby="caption-attachment-4633" style="width: 946px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-4633" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=640%2C480&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="480" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?w=946&amp;ssl=1 946w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2021/01/2.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-4633" class="wp-caption-text">Le représentant du Haut-Karabagh en France, Hovhannès Guévorkian</figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
<p><center></p>
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		<title>Crise au Liban : un pays au bord de la révolution ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/crise-au-liban-un-pays-au-bord-de-la-revolution/24/05/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2020 13:33:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Liban]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestations]]></category>
		<category><![CDATA[Octobre 2019]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la France s’efforce de sortir de la crise du Covid-19, le Liban, pays...</p>
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</ul>


<p><span style="color: #000000;"><strong>Alors que la France s’efforce de sortir de la crise du Covid-19, le Liban, pays relativement épargné par ces tracas, s’enfonce peu à peu dans une dynamique tragique de paupérisation due à une crise économique majeure. En effet, depuis la fin de l’année 2019, le Liban fait face à un effondrement de son économie entraînant la fermeture des banques et l’appauvrissement le plus total d’une majeure partie de la population. Une véritable révolution se profile dans ce petit état du Proche-Orient.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>Les origines de la crise&nbsp;: le 17 octobre 2019</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Depuis quelques années déjà, les fractures socio-économiques se creusent entre les membres de la population libanaise. Quand 1&nbsp;% de la population amasse plus de la moitié des richesses générées par le pays, le reste de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffrant des difficultés d’accès à l’eau potable, à l’électricité, voire même à un toit. Le chômage grimpe en flèche et la corruption au sein des instances dirigeantes du pays se multiplie. Le Liban est de plus touché par des sanctions économiques américaines visant à affaiblir le Hezbollah. Dans ce contexte catastrophique, le 17 octobre 2019 voit commencer une série de protestations, nommée aujourd’hui la Révolution du 17 octobre, contre le gouvernement libanais. Le but de ces protestations est de renvoyer les pontes de l’État ne parvenant pas à enrayer la pauvreté et prenant des mesures pour le moins contestables. En effet le gouvernement prélève de nouveaux impôts notamment sur l’essence, le tabac et plus étonnamment sur l’utilisation de l’application d’appel en ligne <em>Whatsapp</em> alors que la pauvreté s’est déjà durablement installée. Dès lors, les manifestants demandent sans relâche la démission du Président, du Président du Conseil des ministres (équivalent du Premier ministre) et la tenue d’élections législatives anticipées. Ces manifestations voient défiler plus d’un million d’âmes pour un territoire qui ne compte que sept millions d’habitants.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/syrie-le-retour-en-grace-de-bachar-al-assad/07/01/2020/">Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>Les premières conséquences de la crise</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Treize jours après le début de cette crise politico-économique Saad Hariri (Président du Conseil des ministres) et son gouvernement tombent. Les banques déjà atteintes par la crise économique s’effondrent sous les diverses spéculations obscures de leurs banquiers. Celles-ci ferment à travers le pays laissant le peuple, dépossédé des derniers biens qu’il possédait, se morfondre dans sa nouvelle misère. Certaines banques sont aussitôt incendiées, détruites, mais les richesses ne sont déjà plus là. La livre libanaise est dépréciée tandis que <a href="https://www.la-croix.com/Monde/Liban-Premier-ministre-promet-freiner-forte-depreciation-inflation-2020-05-21-1301095352">les prix ne cessent d’augmenter</a> (50&nbsp;% d’inflation). L’entraide devient la règle dans un pays où même les hôpitaux, en temps de crise sanitaire, ne peuvent plus se fournir en médicaments pour venir en aide à leurs patients. Depuis lors, 45&nbsp;% de la population vit sous le seuil de pauvreté dans ce qu’il reste de la Suisse du Proche-Orient.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →&nbsp;</span><a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/israel-et-les-pays-arabes-une-normalisation-des-relations-de-plus-en-plus-officielle/19/02/2020/">Israël et les pays arabes : une normalisation des relations de plus en plus officielle</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h4><span style="color: #000000;"><strong>L’évolution actuelle et future du Liban</strong></span></h4>
<p><span style="color: #000000;">Le nouveau Président du Conseil des ministres Hassan Diam affirme qu’il va faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter la dépréciation de la monnaie. Pour autant celui-ci déclare aussi que «&nbsp;<em>les ressources du Liban sont limitées et qu’une réponse sur le plan national ne suffira pas</em>&nbsp;». Mais l’aide que semble espérer Hassan Diam n’est pas sur le point de venir selon la députée Paula Yacoubian qui indique au journal <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1218928/yacoubian-tout-indique-que-le-liban-ne-recevra-pas-daide-financiere-du-fmi-ou-de-cedre.html"><em>L’Orient-Le Jour </em></a>que «&nbsp;<em>le Liban ne recevra pas d’aide financière, ni du Fonds monétaire international, ni de la conférence CEDRE</em>&nbsp;». Tandis que l’argent ne rentre pas dans les caisses étatiques, le Liban va très probablement devoir faire face à une crise alimentaire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI →</span> <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/la-guerre-russo-afghane-un-viet-nam-sovietique-aux-consequences-funestes/27/02/2020/">La guerre russo-afghane : un Viêt-Nam soviétique aux conséquences funestes</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi le Liban semble s’engager dans une voie de non-retour. Tandis qu’une partie de la population, trop pauvre, va être dans l’obligation d’émigrer&nbsp;; une autre va devoir faire face aux futures inclinations politiques de ce pays. Les manifestations violentes tenues au Liban laissent déjà cette nation endeuillée par de nombreux morts et blessés. Si le risque de la guerre civile semble s’éloigner du fait du regroupement des ethnies maronites, sunnites et chiites autour d’un même but, à savoir la destitution d’un gouvernement, la révolution, elle, se profile de plus en plus. La question n’est pas de savoir si la situation va dégénérer mais quand&nbsp;?</span></p><p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/crise-au-liban-un-pays-au-bord-de-la-revolution/24/05/2020/">Crise au Liban : un pays au bord de la révolution ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Israël et les pays arabes : une normalisation des relations de plus en plus officielle</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/israel-et-les-pays-arabes-une-normalisation-des-relations-de-plus-en-plus-officielle/19/02/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Aoun]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Feb 2020 21:40:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Billet de France]]></category>
		<category><![CDATA[Israël ¨]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Pays arabes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 19/02/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/israel-et-les-pays-arabes-une-normalisation-des-relations-de-plus-en-plus-officielle/19/02/2020/">Israël et les pays arabes : une normalisation des relations de plus en plus officielle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Esseulé à sa création en 1948, l’État d’Israël a depuis réussi à briser son isolement au prix de nombreuses tentatives de rapprochement et de négociations avec certains pays arabes. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la Palestine représentait la cause fédératrice pour le monde arabe. Or, aujourd’hui la cause palestinienne est devenue secondaire si ce n’est encombrante pour les gouvernements de la région. L’abandon de cette lutte fait les beaux jours d’Israël.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La politique de l’État hébreu consiste à semer la division et le trouble dans le monde arabe en accentuant sans cesse la menace iranienne vis-à-vis des pays du Moyen-Orient. Aidée et soutenue systématiquement par l’administration américaine, Israël a réussi à rendre possible ce qui ne l’était pas : la paix avec ses voisins arabes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une normalisation officielle</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’incapacité militaire des pays arabes à vaincre Israël lors des différentes guerres poussa certains pays acculés à signer des accords de paix.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En effet, les nombreux conflits opposant l’État hébreu à l’Égypte (1948, 1956, 1967 et 1973) ont mis en exergue l’infériorité chronique des armées arabes face à la supériorité israélienne, massivement aidée par l’Occident. Le secteur économique égyptien n’arrivait plus à pallier le déficit des dépenses militaires. Après la mort de Gamal Abdel Nasser, leader arabe charismatique et fer de lance de la lutte contre Israël, l’Égypte se rapproche d’Israël en contrepartie d’une aide économique américaine. Les accords de paix sont signés à Camp David en 1979 par le Général Anouar Al Sadate. Conspué par la rue arabe, le Président égyptien est assassiné en 1981.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Suite à la pacification des relations avec l’État d’Israël, l’Égypte est mise au ban de la Ligue arabe pour trahison envers la cause palestinienne jusqu’en 1990.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Jordanie est le second État à signer la paix avec l’État d’Israël en 1994. Pourtant, plus de la moitié de la population jordanienne est d’origine palestinienne. Les nombreux conflits avec Israël ont fait fuir des centaines de milliers de familles vers la Jordanie, le Liban et la Syrie. Or, engluée dans une crise économique et ne pouvant faire face à la puissance israélienne, le roi de Jordanie Hussein signe un accord de paix avec Israël en échange d’une aide économique américaine. À l’instar de l’Égypte, le pays est suspendu de la Ligue arabe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/syrie-le-retour-en-grace-de-bachar-al-assad/07/01/2020/">Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ignorée du grand public, la Mauritanie a reconnu Israël en 1999. Les Etats-Unis ont accéléré ce processus par le biais de pressions économiques. Néanmoins, les relations avec Israël demeurent compliquées et irrégulières en raison de la question palestinienne.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La pacification avec l’État hébreu ne se fait jamais sans contrepartie. Les États-Unis usent de la <em>« diplomatie du chéquier »</em> pour convaincre les chancelleries arabes d’abandonner la lutte contre Israël et pour acquérir une stabilité économique. Aujourd’hui, cette pacification se mue en un partenariat stratégique, notamment pour l’achat de gaz israélien. Cependant, l’abandon de la cause palestinienne par les chancelleries arabes n’est pas au goût de la rue qui elle, continue de clamer son attachement pour la Palestine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De moins en moins officieuse</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><em>« L’ennemi de mon ennemi est mon ami »</em>, cette théorie schmitienne résume à elle seule la politique des monarchies du Golfe qui n’hésitent pas à se rapprocher de plus en plus ouvertement d’Israël pour s’opposer à l’Iran.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En effet, les monarchies sunnites du Golfe se focalisent sur l’ennemi iranien au détriment de la cause palestinienne. Cette division au sein du monde musulman fait le jeu d’Israël. L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn font front commun avec Israël pour stopper l’influence iranienne au Moyen-Orient. De fait, les rencontres entre dirigeants politiques et militaires sont de plus en plus régulières. Une collaboration étroite s’instaure dans la lutte contre le cyber-terrorisme, dans la formation des services de renseignement et d’espionnage ainsi que la fourniture par Israël d’une aide logistique à l’Arabie saoudite dans sa guerre contre le Yémen.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dernièrement, un haut dignitaire religieux saoudien s’est rendu au camp d’Auschwitz. Visite hautement symbolique qui assoit davantage le rapprochement entre <a href="https://fr.timesofisrael.com/un-haut-dignitaire-religieux-saoudien-se-rend-a-auschwitz/">les deux pays</a>. Enfin, l’Arabie saoudite est sur le point d’accepter des ressortissants israéliens sur son territoire.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette alliance de circonstance est finalement une alliance qui s’inscrit dans la durée. Ce rapprochement avec l’État hébreu se fait au détriment de la cause palestinienne et ce, en dépit des discours hypocrites des pays arabes en faveur de la Palestine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>En devenir</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le sultanat d’Oman a toujours été apprécié pour sa neutralité diplomatique et pour son rôle de médiateur dans la résolution des conflits régionaux. En octobre 2018, le sultan Qabus Ibn Saïd reçoit en grande pompe le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, prélude à une normalisation des relations bilatérales. La vision israélienne du Moyen-Orient trouve de plus en plus d’écho même au-delà des pays arabes qui ne considèrent pas l’Iran comme un ennemi héréditaire. De plus, les partenariats dans les secteurs des hautes technologies des renseignements, du traitement de l’eau, de la sécurité, de l’énergie solaire voire de la santé rendent la diplomatie de Tel-Aviv attractives et efficaces auprès des pays arabes.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dernièrement le chef d’État soudanais, Abdel Fattah al-Burhane a rencontré <a href="https://www.jeuneafrique.com/mag/893434/politique/les-dessous-du-rapprochement-entre-israel-et-le-soudan/">Benyamin Netanyahu en Ouganda</a>. Conscient des difficultés économiques internes, le Président soudanais tente un rapprochement avec Israël afin d’avoir les bonnes grâces des Etats-Unis. En effet par le jeu des sanctions économiques, Washington peut plonger un pays dans une crise économique et sociale, cause d’une colère populaire contre ses propres dirigeants. De ce fait, l’administration américaine use de cette <em>« silver bullet »</em> (nom donné par l’administration Obama pour l’usage des sanctions) comme levier diplomatique. En se rapprochant d’Israël, le Soudan espère mettre fin aux sanctions économiques américaines et sortir de la liste des États terroristes.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De son côté, le Maroc entretient de très bonnes relations avec les Etats-Unis, ce qui ne l’empêche pas de ne pas reconnaître (encore) officiellement l’État d’Israël. Or, depuis plusieurs années des rencontres secrètes ont lieu entre les chefs de la diplomatie marocaine et israélienne. Récemment selon <em><a href="https://www.middleeasteye.net/fr/en-bref/comment-netanyahou-pousse-trump-reconnaitre-la-souverainete-du-maroc-sur-le-sahara">Middle East Eye</a></em>, un accord tripartite est sur le point de voir le jour. En faisant pression au sein des cercles de pouvoir et de décision américains, Israël souhaite que le Sahara occidental soit reconnu par les Etats-Unis comme une province marocaine et non comme une région quasi-autonome. En contrepartie de quoi, le Maroc devra normaliser ses relations avec Israël. Toujours selon <em>Middle East Eye, </em>le ministre des affaires étrangères du Maroc a rappelé en ces termes : <em>« Le Sahara reste la première cause du Maroc et non la Palestine ».</em></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La normalisation des relations avec l’État hébreu fait l’objet d’un chantage diplomatique, économique voire territorial.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Impensable</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les tentatives américano-israéliennes de dislocation du Moyen-Orient  par l’entremise de stratégie de tensions, d’opérations clandestines, de guerres de changement de régime et de prédations économiques, plusieurs pays arabes bannissent tout rapprochement avec l’État hébreu.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’administration israélienne a en effet planifié la refonte du Moyen-Orient par le biais du <em>« <a href="https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2007-2-page-149.htm">Plan Yinon </a>».</em> Datant de 1982, ce plan prévoit le remodelage du Moyen-Orient en plusieurs mini-États antagonistes. Tour à tour, le Liban, l’Irak puis la Syrie subissent ce projet de division interne de la société. Durant la guerre civile libanaise de 1975 à 1990, Israël a tenté d’influer sur le cours des évènements en semant la division communautaire au Liban. Malgré les contacts secrets avec certains partis libanais, un rapprochement avec l’État hébreu est impensable tant l’influence du Hezbollah, parti pro-iranien et ardent défenseur de l’identité libanaise, est omniprésente.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’Irak et la Syrie, deux États profondément attachés au nationalisme arabe, ont subi plusieurs ingérences israéliennes et interventions militaires américaines visant à fragiliser l’économie et à diviser la société. Aujourd’hui, force est d’admettre que le Moyen-Orient est plongé dans un manichéisme. D’un côté, il y a les pays s’alignant sur la politique israélienne, de l’autre il y a les pays proches de l’Iran, à l’instar de la Syrie, de l’Irak et du Liban.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au Maghreb, l’Algérie et la Tunisie refusent catégoriquement tout rapprochement avec l’État d’Israël. Or, il semble bien que la stratégie israélienne porte ses fruits à long terme. Les pressions américaines économiques, diplomatiques voire militaires obligent les États ennemis d’Israël à revoir leurs agendas politiques quitte à abandonner leur idéal panarabe.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur 22 pays arabes, Israël entretient aujourd’hui des relations plus ou moins officielles avec 11 d’entre eux. La moitié restante est composée d’États déliquescents et exsangues économiquement en raison des conflits régionaux, de la faiblesse démographique ou de leur insularité.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alexandre Aoun est diplômé en géopolitique. Arabisant, il est le rédacteur en chef du site  <a href="https://www.monorient.fr/">MonOrient.fr</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/syrie-le-retour-en-grace-de-bachar-al-assad/07/01/2020/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Aoun]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jan 2020 18:00:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<category><![CDATA[Bachar Al-Assad]]></category>
		<category><![CDATA[Diplomatie]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 07/01/2020</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/moyen-orient/syrie-le-retour-en-grace-de-bachar-al-assad/07/01/2020/">Syrie : le retour en grâce de Bachar Al-Assad ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Malgré les huit années de guerres, le maintien d’une poche djihadiste dans la région d’Idlib et le durcissement des sanctions occidentales, le régime de Bachar Al-Assad semble renaître de ses cendres. De plus en plus fréquentable aux yeux de ses voisins arabes, Damas sort peu à peu de son inertie diplomatique.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès novembre 2011, sous la pression des Etats-Unis et de l’Union européenne, la Syrie de Bachar Al-Assad avait été suspendue de la Ligue arabe. En parallèle, la majeure partie des voisins arabes avait fermé leurs ambassades en raison de leur soutien officiel à la rébellion syrienne. Le Qatar et l’Arabie Saoudite étaient les principaux bailleurs des différentes mouvances djihadistes en Syrie. Seul le Liban avait maintenu ses frontières ouvertes avec la Syrie, nonobstant l’afflux massif de réfugiés dès 2012. L’Irak, embourbée dans la lutte contre l’État islamique, avait tant bien que mal conservé des relations avec son voisin baathiste [1].</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/terrorisme-le-groupe-etat-islamique-au-nigeria-decapite-onze-chretiens/28/12/2019/">Le groupe Etat islamique au Nigéria décapite onze chrétiens</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis la libération d’Alep en novembre 2016, des pourparlers au sein des chancelleries arabes avaient laissé sous-entendre un possible dégel des relations avec Damas. Après la reprise de la quasi-totalité du pays par l’armée syrienne et ses alliés, les régimes du Golfe savaient qu’ils avaient perdu le pari du <em>« regime change ».</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Renforcement des alliances préexistantes</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour autant, c’était une victoire à la Pyrrhus pour le pouvoir syrien. Il a, certes, consolidé les alliances d’hier, mais il était englué dans un isolement diplomatique. C’est l’ancien Président soudanais, Omar el Béchir, qui brisa cette apathie arabe envers Damas. Ce dernier s’est rendu en Syrie en décembre 2018. Il devait être suivi le mois suivant par le Président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, mais en raison des pressions américaines, <a href="https://www.lefigaro.fr/international/2019/02/26/01003-20190226ARTFIG00257-l-amerique-et-l-europe-frappent-la-syrie-au-portefeuille.php">la visite a été ajournée</a>. En février dernier, le chef de la sécurité nationale syrienne s’est rendu au Caire. Quant à lui, le Président du parlement était en voyage à Amman en Jordanie pour un congrès panarabe. D’ailleurs, Damas a reçu les chefs d’états-majors iraniens et irakiens pour consolider <em>« l’axe de la résistance »</em> face au terrorisme. La réunion a été suivie de très près par les Israéliens et les Américains.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De surcroît, le voyage de Bachar Al-Assad à Téhéran en avril 2019 a sanctuarisé un peu plus cette alliance protéiforme. Les deux pays ont signé une série de 11 accords, dont un sur la future gestion du port de Lattaquié <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1162866/liran-sinstalle-a-lattaquie-la-russie-voit-rouge.html">au profit de l’Iran</a>. Cet accord vient parachever la réussite de la politique perse au Levant. Le port de Lattaquié est une aubaine pour l’Iran qui doit faire face aux embargos occidentaux. En effet, des marchandises iraniennes pourront être acheminées en mer Méditerranée.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/etat-islamique-vs-daesh-une-guerre-semantique/22/05/2019/">État Islamique vs Daesh : une guerre sémantique</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Compte tenu de l’influence grandissante iranienne au Levant, les pays du Golfe s’activent pour renouer des relations avec Damas. La réouverture de la frontière jordanienne en octobre 2018 et les récentes réouvertures des ambassades émiratis et bahreïnis en janvier 2019 s’inscrivent dans cette logique. Le Président libanais, Michel Aoun a proposé de créer un fond d’investissement arabe <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1153468/sommet-economique-aoun-propose-une-strategie-de-reconstruction-pour-le-developpement-des-pays-arabes.html">pour la reconstruction de la Syrie</a>. Il a milité avec l’Irak pour un retour de Damas au sein de la Ligue arabe. En raison des nombreuses tensions qui planent sur le monde arabo-musulman, ces appels sont restés sans suite.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une opposition occidentale qui perdure</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">&gt;L’Occident reste en retrait en dépit des déboires d’une politique jusqu’au-boutiste. Non seulement, les Etats-Unis et l’Europe ont fait le choix d’une politique sunnite au détriment d’une indépendance et d’une neutralité souhaitable. Mais aujourd’hui, le renforcement des sanctions est là pour rappeler que leurs objectifs ne sont pas atteints. Les aides occidentales imparties à la Syrie concernent uniquement <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/soutien-au-peuple-syrien-dans-le-nord-est-de-la-syrie-la-contribution-de-la/">les régions non contrôlées par Damas</a>.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Deux blocs bien distincts se sont formés suite au conflit syrien. La fracture s’est accentuée. Le monde dominé par Washington et ses différents relais locaux s’oppose à une vision multilatérale. Même la Chine, très discrète jusque là, a réaffirmé son intention de participer à la reconstruction de la Syrie, en s’abstenant d’ingérences politiques. Bien qu’ayant des objectifs parfois opposés (Russes et Iraniens notamment), les alliés du gouvernement syrien scellent un axe « <em>anti impérialiste ».</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/la-reconversion-de-letat-islamique/04/04/2019/">La reconversion de l’État Islamique I</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Quant au voisin turc, il ne nie aucunement ses intentions et ses desseins panturquistes. La lutte contre le YPG kurde dans le Nord de la Syrie n’est qu’un prétexte pour s’ingérer dans les affaires syriennes. Le lent départ des forces américaines du Nord-Est de l’Euphrate laisse les Turcs seuls face aux milices arabo-kurdes. Intrinsèquement divisés, ces milices doivent faire un choix ; soit elles doivent retourner dans le giron de l’armée gouvernementale syrienne et délaisser leur volonté indépendantiste, soit, elles risquent d’être occupées par l’armée turque. Participant respectivement aux sommets d’Astana en novembre 2018 et de Sotchi en février 2019 pour le règlement politique et militaire en Syrie, la Turquie n’entend pas faire de concession à Damas.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Vers un retour progressif de la diplomatie syrienne au Moyen-Orient ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Forcées d’admettre la victoire militaire du régime syrien, les chancelleries arabes ont débattu le 31 mars dernier à Tunis, lors du 30<sup>ème</sup> sommet de la Ligue arabe, sur le potentiel retour de la Syrie comme membre de l’organisation. Le Président tunisien, Beji Cadi el Sebsi, <a href="https://arabic.sputniknews.com/arab_world/201903281040087439-الرئيس-تونس-عودة-سوريا-الجامعة-العربية/">a déclaré</a> : <em>« les chefs d’États meurent, les nations restent »</em><em>.</em> Malgré son absence, la Syrie a été au cœur des discussions. L’annonce programmée et non fortuite de Donald Trump en avril dernier sur la souveraineté israélienne du Golan, a ravivé un discours d’appartenance panarabe. La condamnation est catégorique et officiellement non négociable selon les différentes chancelleries.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La conjoncture régionale rappelle tant bien que mal le bien-fondé de la Ligue arabe. Initialement cette organisation devait faire bloc contre toutes formes d’ingérences d’un pays tiers. Les exactions israéliennes en Palestine et les violations territoriales sur l’un des pays membre font l’objet de discours en apparence unitaire. En raison de l’annonce hasardeuse de l’administration américaine sur le Golan, Damas redevenait <em>« fréquentable »</em> pour ses voisins arabes. À ce sujet, la presse libanaise avait évoqué la possibilité d’une visite présidentielle de Michel Aoun à Damas dans les prochains mois. Pour autant, ce retour diplomatique, source de nombreuses tensions régionales, n’est qu’à une phase embryonnaire.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aujourd’hui, asphyxiée par les sanctions, l’économie syrienne est littéralement exsangue. Or, Bachar Al-Assad, conscient des difficultés internes, tente de sortir son pays de l’autarcie diplomatique et économique avant les prochaines échéances politiques, prévues à la fin de son troisième mandat en 2021.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Il s’agit du parti Baath, créé par Michel Aflak en 1947 en Syrie. Le slogan du parti est « unité, liberté, socialisme », il reprend soigneusement les thèmes du panarabisme du siècle dernier. Ce parti arrive au pouvoir en 1963 en Syrie sous la houlette de la famille Assad et en 1968 en Irak avec le règne de Saddam Hussein. Le parti Baath fera l’objet d’un article détaillé prochainement.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alexandre Aoun est diplômé en géopolitique. Arabisant, il est le rédacteur en chef du site</span> <a href="https://www.monorient.fr/">MonOrient.fr</a>.</p>
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