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	<title>Histoire - Billet de France</title>
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	<title>Histoire - Billet de France</title>
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		<title>ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&#8217;or des poilus</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 15:01:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Première Guerre mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/01/2026</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-aux-heros-de-la-nation-le-livre-dor-des-poilus/25/01/2026/">ENTRETIEN &#8211; «Aux Héros de la Nation» : le livre d&rsquo;or des poilus</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Influenceur sur Instagram, Henri de Notre France* consacre un ouvrage aux poilus de la guerre de 1914-1918. À travers cet entretien, il revient sur les raisons de cet hommage, sur le devoir de mémoire à l’ère des réseaux sociaux et sur la manière dont une génération connectée peut encore faire vivre le souvenir de ceux qui ont tenu, au prix de leur vie, la ligne de front.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Charles de Blondin : Comment est née l’idée de rendre hommage aux poilus?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Henri de notre France :</strong> Cette idée est née d’une manière assez spontanée. Dans mon salon, trône le portrait de mon arrière arrière-grand-père en uniforme militaire, juste avant la mobilisation générale. Avec mon épouse, nous visionnions une série télévisée sur la Grande Guerre lorsqu’en regardant ce portrait m’est venue cette idée : mettre à l’honneur des poilus dont personne n’a jamais entendu parler. Je suis parti de l’idée que chaque poilu a son histoire, et parfois les plus grand inconnus ont les plus belles des histoires. À ce moment-là, l’idée était née. Lorsque la question m’est venue de « quels poilus mettre à l’honneur ? », j’ai rapidement pensé à ceux de mes abonnés. Sincèrement, au début je pensais recevoir une quarantaine de poilus. Lorsque j’en ai parlé à Colin Simon, mon ami mais également mon éditeur, je lui ai donné ces chiffres-là. Finalement, c’est près de 250 poilus qui sont mis à l’honneur dans ce monument de papier.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Sur quels critères avez-vous sélectionné les soldats représentés dans cet ouvrage, et quelle place ont occupé les archives et les récits personnels dans ce choix ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Les critères étaient simples en réalité. Ayant plus de 90 000 abonnés sur Instagram, et étant proche de ma communauté, j’ai voulu rendre hommage aux ancêtres de ceux qui me suivent. C’est une façon pour moi de remercier ceux qui donnent du crédit à ce que je fais. Pour ce qui est de la place qu’occupent les archives et les récits personnels, j’ai fait des recherches pour chacun des poilus que l’on m’a partagé. J’ai retrouvé de très nombreuses fiches matricules dont j’avais besoin pour connaître le parcours de ces soldats.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Parfois, j’ai eu la chance d’avoir des anecdotes personnelles venant des descendants. Dans d’autres cas, bien plus fréquents, j’ai dû, à partir des seuls noms, dates et lieu de naissance, rechercher le rôle qu’ils ont joué durant la Grande Guerre. C’est ainsi que j’ai réussi à retracer des parcours complets à partir de rien, bien que parfois, des informations détaillées soient plus ardues à trouver. Vous savez, chaque département possède un site d’archives départementales numérisées (plus ou moins ergonomique). Les fiches matricules des poilus font partie de ces fonds accessibles à tous. La clé, c’est avoir la patience de rechercher.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Parmi tous les poilus dont vous avez retracé l’histoire, y a-t-il un destin qui vous a particulièrement bouleversé ou accompagné durablement ? Pourquoi ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Il est difficile pour moi de n’en citer qu’un seul, de nombreux récits m’ayant marqué profondément. Si je devais n’en citer qu’un, là, tout de suite, ce serait celui du Sergent Xavier Hesteau, dont la mort est racontée dans la lettre d’un témoin de la scène. En voici un extrait : « <em>Mon pauvre ami Hesteau est tombé au milieu de la bataille, littéralement broyé par un obus qui l&rsquo;a atteint en pleine poitrine. Pendant tout le combat, il est resté debout sous la mitraille pour mieux commander ses hommes. Je le savais brave. Il est mort en brave dans un combat glorieux à jamais pour le Régiment, pour la France </em>»<em>.</em></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/economie/armee-francaise-le-rapport-choc-de-deux-deputes-francais/11/06/2025/">Armée française : le rapport choc de deux députés français</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Pensez-vous que notre époque mesure encore pleinement le prix humain de la guerre, ou&nbsp;est-ce&nbsp;que la distance historique en a atténué la violence et la réalité ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Malheureusement, je ne le pense pas. Aujourd’hui, à l’aube où notre société semble perdre ses repères, beaucoup de personnes ne mesurent plus le sacrifice immense consenti par nos ancêtres. Certes, ces événements remontent à plus d’un siècle, mais leur impact reste visible encore aujourd’hui, les monuments aux morts parsèment nos communes. L’Europe, et notamment la France, n’a jamais réellement compensé le gâchis humain provoqué par le million et demi de Français morts au front. Cette distance historique tend à atténuer la violence et la réalité de la guerre dans les consciences contemporaines.</span></p>



<p><strong>&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-instagram wp-block-embed-instagram"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:640px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DQ7dldhDSzu/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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</div></figure>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Peut-on parler de courage uniquement sur le champ de bataille, ou réside-t-il&nbsp;encore aujourd’hui une forme de courage dans notre monde moderne&nbsp;?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Le courage ne se manifeste pas uniquement sur le champ de bataille. S’il a longtemps été associé au combat armé et au sacrifice des soldats, je pense qu’il existe encore aujourd’hui des formes de courage dans notre monde moderne. Ce courage est, selon moi, souvent moral et culturel. Défendre la culture française et chrétienne, ses traditions, son héritage et ses valeurs, peut demander du courage dans une société où celles-ci sont parfois minimisées, contestées ou tournées en dérision. Par exemple, le simple fait de faire son bénédicité en public ou d’assumer ouvertement sa foi et son attachement aux traditions françaises peut constituer un acte courageux. De même, transmettre cet héritage, le faire vivre et le défendre face à l’oubli ou au rejet exige une certaine force morale. Je dirais donc que si le courage a changé de forme, il demeure une vertu essentielle, indispensable à la préservation de l’identité et de la mémoire collective.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/entretien-jean-bexon-les-taaf-sont-une-richesse-francaise/18/10/2024/">ENTRETIEN – Jean Bexon : «les TAAF sont une richesse française»</a></strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : En regardant ces vies brisées par la guerre, le courage des poilus a-t-il un message pour notre époque ?</strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> C’est dans l’horreur et la souffrance des tranchées que le courage de nos ancêtres s’est forgé. L’un des messages les plus flagrants selon moi est l’amour pour la patrie, et le devoir de protéger la terre de nos aînés. À Verdun, par exemple, nous comptons plusieurs centaines de milliers de morts pour seulement quelques kilomètres de frontières alors même qu’aujourd’hui nos dirigeants ne sont même plus capable de faire le quart de ce sacrifice pour notre pays. Après tant de nos ancêtres morts la patrie, le message de cette guerre devrait être de ne pas abandonner ce qu’ils sont parvenus à nous préserver et à nous transmettre au prix de leur sang.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>CDB : Quel était votre objectif premier en accomplissant ce travail de mémoire ? </strong></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>HDNF :</strong> Ce travail de mémoire s’inscrit dans un combat contre l’oubli de notre histoire. Aujourd’hui, à l’école de la République, nous pouvons apprendre comment Joffre et d’autres grands généraux nous ont fait remporter la guerre, mais trop rarement nous ne parlons des soldats. Je ne suis pas du genre à dire que les généraux sont les moins méritants car cela serait mentir ; je les évoque d’ailleurs aussi dans le livre. Les responsabilités sont différentes. Cependant, il m’était important de donner du crédit à ceux qui n’en ont jamais reçu, ou si peu. Les portraits que je mets en avant dans mon ouvrage pourraient être ceux des aïeux de n’importe quel Français. Il y a des hommes du rang, partis au front dans le cadre de la mobilisation générale, des militaires de carrière, des officiers issus de grandes écoles… tout le monde y est représenté. Avec ce livre, je souhaite aller au-delà des chiffres et des chants de batailles pour me concentrer sur ceux qui étaient dans les tranchées, dans les sous-marins, dans les chars, sur leurs chevaux… pour parler pleinement de nos ancêtres. Je suis très heureux d’avoir pu leur consacrer mon premier livre.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Vous pouvez <a href="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus" type="link" id="https://www.colinsimon.fr/product-page/livre-d-or-des-poilus">précommander l&rsquo;ouvrage ici</a></span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">*Henri de Notre France est un pseudonyme.</span></p>



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		<title>Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 17:04:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Cadets de Saumur]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Michon]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/08/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-michon-un-chef-pour-les-cadets-de-saumur/28/08/2025/">Charles Michon : un chef pour les Cadets de Saumur</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Charles Michon est un militaire français commandant les Cadets de Saumur qui, en juin 1940, ont résisté à l&rsquo;armée allemande avec leurs armes d&rsquo;instruction.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 20 juin 1940, une section de la Wehrmacht rend les honneurs militaires aux élèves aspirants de réserve de l’École de cavalerie de Saumur, après deux jours de combat pour la défense de la Loire : ils entreront dans l’Histoire sous le nom de « Cadets de Saumur ». Vétéran du Maroc, blessé de la Grande Guerre, leur chef, le colonel Charles Michon, qui est à l’origine de cet acte de résistance, reste pourtant méconnu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Ils s’instruisent pour vaincre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">François, Marie, Charles Michon naît le 17 juillet 1882 à Joigny, sur les bords de l’Yonne, d’un père lieutenant de dragons. Son ancêtre direct, Pierre Bénigne Michon fut fait chevalier d’Empire et mourut lors d’une campagne napoléonienne. Étudiant dans un collège jésuite de Dole, Charles Michon est tiré au sort pour le service militaire en 1902, à vingt ans. Catholique fervent, attiré par l’expansion coloniale de la France en Afrique et conquis par cette première expérience au sein des Armées, il présente le concours de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr l’année suivante. Il intègre la promotion « La Tour d’Auvergne », décimée entre 1914 et 1918, plus d’un tiers des élèves ayant été déclaré « morts pour la France ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Affecté au 14ème régiment de chasseurs à cheval de Dole, le jeune sous-lieutenant est d’abord formé à Saumur, au sein de l’École de cavalerie. Noté « très bien » malgré un apprentissage laborieux de l’équitation militaire, il est déjà remarqué pour ses qualités d’officier et son aptitude au commandement. En 1906, après avoir choisi le 2ème régiment de chasseurs d’Afrique, unité qui répond au cri d’« En avant, tout est vôtre ! » depuis les combats face à Abd el Kader, il découvre l’Oranais et la frontière marocaine. Atteint d’une fièvre typhoïde, il devance la fin de sa convalescence pour vivre son baptême du feu lors de l’affrontement de Port-Say, où deux mille marocains assaillent les troupes françaises.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« C’est dans cet endroit délicieux que j’ai eu la vision nette de ce que peut être l’Enfer » [1]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marié en 1912 et père d’un premier fils l’année suivante, Charles Michon apprend l’attentat de Sarajevo à Beaune, où il sert au sein du 16ème régiment de chasseurs. Dès août 1914, il prend part à la bataille de la trouée de Charmes et assure la liaison téléphonique de sa division sous feu nourri durant trois jours. Cité à l’ordre de la division à la suite des combats d’Apremont et du bois d’Ailly, il est promu capitaine en février 1915. Volontaire pour « l’arme du martyre » déjà décimée, il est affecté au 106ème régiment d’infanterie en tant que commandant de compagnie, comme l’est alors Maurice Genevoix. Il rejoint son affectation cinq jours avant l’attaque des Éparges.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 26 avril 1915, à proximité de l’endroit où tombait, un an auparavant, l’écrivain Alain-Fournier, Charles Michon reçoit une balle qui lui transperce trois côtes. Enseveli durant deux jours sous les cadavres, il est porté disparu. Retrouvé par des soldats allemands, il est soigné à Stuttgart, avant d’être transféré, comme prisonnier de guerre, en Suisse, où le rejoint sa femme. Chevalier de la Légion d’honneur en 1917, Charles Michon souffrira toute sa vie du fait de cette blessure, qui l’invalidera à 30%.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé attaché militaire auprès du consulat français de Lausanne dès la fin de la guerre, le jeune capitaine est muté en Turquie, où les tendances nationalistes exacerbent les tensions avec la Grèce et occasionnent les massacres des chrétiens grecs et arméniens. Cette parenthèse diplomatique close, il reprend ses fonctions militaires dans plusieurs régiments de cavalerie, où il assure la formation des escadrons et se consacre à ses six enfants, nés au gré de ses différentes affectations. En 1935, il est affecté à l’École d’application de la cavalerie et du train à Saumur, dont il prendra le commandement en second cinq ans plus tard : commence alors un nouveau chapitre de sa vie, insoupçonné.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête des Cadets de Saumur</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mai 1940. Alors que le commandement des armées françaises, sous l’impulsion du général Weygand, tente d’enrayer l’irrésistible percée des troupes allemandes, échoie à l’École de cavalerie de Saumur la défense de quatre ponts à proximité de la ville. Minés, ces ponts offrent à des millions de réfugiés une porte de sortie vers le sud de la France. Le 14 juin, dans la cour de l’École, le colonel Michon convoque ses 768 élèves et clame : « On nous demande de combattre sur place pour sauver l’honneur de l’armée. Si vous êtes d’accord, vous le dites ! ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Devant l’assentiment général, il organise, en lien avec le Ministère, la défense de son secteur, au mépris du discours du maréchal Pétain et des réticences des édiles locales, qui déclarent Saumur « ville ouverte ». Après le départ de ses chevaux vers Montauban, l’École accueille plusieurs unités dispersées, portant à 1890 hommes les effectifs combattants.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Malgré les difficultés annoncées de la mission, la bataille de Saumur s’engage le 19 juin, dans la nuit. Sacrifiant tout repos à la coordination des combats et aux destructions successives des ponts, le colonel Michon apprend, par épisodes successifs, les actes héroïques des Cadets de Saumur, ainsi baptisés par un officier allemand persuadé, à l’issue des combats de la ferme d’Aunis, d’avoir combattu un régiment entier. Après trois jours d’acharnement allemand et de faits d’armes français, le commandant de l’École décide, avec hauteur de vue, d’ordonner le repli général.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la tête d’une colonne surarmée, il se rend à Montauban, tandis que ses élèves sont déclarés libres par le commandement de la 1. Kavallerie Division, admiratif de l’impétuosité des jeunes élèves-officiers de réserve. Cité à l&rsquo;ordre de l&rsquo;armée le 24 août 1940 par le général Weygand, le colonel Michon entre dans l’Histoire : « Reflétant l&rsquo;âme de son chef, l&rsquo;École Militaire et d&rsquo;Application de la Cavalerie et du Train a combattu les 19, 20 et 21 juin 1940, jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrême limite de ses moyens de combat, éprouvant de lourdes pertes, prodiguant les actes d&rsquo;héroïsme et inscrivant dans les fastes de la cavalerie une page digne entre toutes de son glorieux passé, a suscité, par sa bravoure l&rsquo;hommage de son adversaire ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur 560 élèves-officiers, 79 sont morts ou disparus, 47 sont blessés, 366 restent vivants. 12 officiers et 30 élèves recevront la Croix de guerre. Le colonel Michon est terrassé par une embolie pulmonaire à Montauban, le 26 octobre 1940. Son corps est inhumé, à Dole, dans le caveau de sa famille.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Nous vous avions confié nos enfants. Je vous remercie d’en avoir fait des hommes » [2]</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En faisant des Cadets de Saumur un nom de légende, la Grande Histoire a failli, laissant le grand public ignorant du nom de leur chef. Réparation fut faite de cet oubli en 2020, lorsque sa petite-fille, Pascale Michon, publie, avec le journaliste et biographe Thierry Dromard, une biographie richement sourcée. Avec « Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice », ressuscite la vie héroïque d’un officier français resté debout, dans le tumulte des journées de juin 1940.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A l’occasion de la préface de cet ouvrage, le général de brigade Patrice Dumont Saint Priest, ancien commandant de l’École de cavalerie, souligne que « cette décision n’est pas celle d’un irresponsable ou d’un va-t-en-guerre, c’est au contraire celle d’un colonel d’expérience, ayant déjà beaucoup souffert, celle d’un homme de devoir, de caractère et de convictions, celle d’un officier de cavalerie qui n’avait rien à gagner et tout à perdre, et enfin celle d’un chef respecté par ses hommes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_11889" aria-describedby="caption-attachment-11889" style="width: 204px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-11889 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="204" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=204%2C300&amp;ssl=1 204w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=695%2C1024&amp;ssl=1 695w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?resize=768%2C1132&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2025/08/Pascale-Michon-et-Thierry-Dromard-Le-colonel-Charles-Michon-Chef-des-Cadets-de-Saumur-Lhonneur-au-prix-du-sacrifice-2020-Editions-Lamarque-207-p.-19-euros-.jpg?w=950&amp;ssl=1 950w" sizes="(max-width: 204px) 100vw, 204px" /><figcaption id="caption-attachment-11889" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pascale Michon et Thierry Dromard, Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice, 2020, Éditions Lamarque, 207 p., 19 euros</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[1] Lettre du colonel Charles Michon à son épouse, 11 avril 1915. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>Le colonel Charles Michon, Chef des Cadets de Saumur, L’honneur au prix du sacrifice</em>, 2020, Éditions Lamarque, p. 19.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">[2] Hommage du père de l’un des Cadets de Saumur au colonel Charles Michon. Cité par Pascale Michon et Thierry Dromard, <em>op. cit.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Armand Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 10:22:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Louis XV]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Poivre]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 06/06/2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-poivre-le-botaniste-manchot-chasseur-depices-de-louis-xv/06/06/2025/">Pierre Poivre : le botaniste manchot chasseur d’épices de Louis XV</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Botaniste, explorateur et missionnaire, Pierre Poivre fut l’un des grands aventuriers du XVIIIe siècle. Curieux infatigable, il parcourut l’Asie pour rapporter des plantes rares et briser le monopole hollandais sur les épices au profit de la couronne de France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de Pierre Poivre commence le 23 août 1719 à Lyon. Issu d’une famille de six enfants, il est le fils de Hilaire Poivre, négociant en soieries.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après de brillantes et rapides études, il suit, auprès des Missionnaires de Saint Joseph, des cours de théologie lors desquels il se fait remarquer. Les Jésuites, appréciant très peu de voir cet esprit sagace s’épanouir en dehors de leurs murs, tentent alors de le convaincre de rejoindre leurs rangs. Alors que ces derniers font appel à l&rsquo;archevêque de Lyon pour les soutenir dans leur tentative, le jeune novice prend la décision de ne pas les rejoindre. Sentant sa volonté et son libre-arbitre contraints, il choisit les Missions étrangères à Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/">Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre poursuit à Paris son instruction en étant également chargé des catéchumènes. Le dessin et la peinture sont perçus par le jeune étudiant, qui s’y intéresse, comme un moyen de collecter des connaissances pour sa patrie lors de ses futurs voyages. Son attrait pour l&rsquo;état de missionnaire est également motivé par la possibilité de voyages et d’exploration de l’Asie, de l&rsquo;Amérique, de l’Afrique et l&rsquo;étude de leurs diverses cultures, afin d’en faire bénéficier l’Europe.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">1741, premier voyage pour la Chine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les missionnaires, percevant la fougue et le désir du large de leur jeune ouaille, l’envoient le 17 janvier 1741 pour la Chine. Arrivé à Canton, un Chinois qui avait été offensé par des Européens fait parvenir à Pierre Poivre une lettre fallacieuse, censée en apparence lui ouvrir des portes auprès des mandarins. Pierre, porté par son ardeur, présente sa lettre comme « faire-valoir » au premier mandarin venu : il est immédiatement jeté en prison. Derrière les barreaux, il parvient à séduire le vice-roi de Canton par son exemple et ses nombreuses qualités, dont l’apprentissage rapide de la langue. Avec les faveurs du vice-roi, il passe deux ans en Chine à découvrir l&rsquo;intérieur du pays. Son cas marque alors un précédent ; les Français furent dès lors traités plus justement face à la loi, et la Compagnie des Indes y trouva un intérêt certain, forte des relations de Pierre Poivre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1745, Pierre Poivre part de Canton pour rentrer en France. Son voyage se devant d&rsquo;être une aventure, il participe le 5 février au combat naval du détroit de Banca. Lors du combat, un boulet lui arrache la main. Restée sans pansement, la plaie s&rsquo;infecte obligeant le chirurgien anglais à l’amputer. Un séjour forcé de rétablissement permettra au jeune missionnaire de découvrir le commerce des Hollandais et l’importance des épices.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 10 décembre 1746, arrivé sur l&rsquo;Île de France (nom de l&rsquo;île Maurice jusqu&rsquo;en 1810), Pierre Poivre ne se contente pas uniquement de l’aspect commercial de son voyage. Il apporte de nombreuses plantes prêtes à être acclimatées à l&rsquo;île afin de fournir de nouvelles ressources. Le poivrier, le cannelier, divers arbres utilisés pour la teinture et plusieurs espèces d’arbres fruitiers composent sa valise : il est désormais un botaniste explorateur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après avoir quitté Port-Louis le 5 mars 1747, il atteint la France en juin 1748, après de nombreuses péripéties. Pierre Poivre revient avec beaucoup d’observations, mais surtout en étant convaincu de la possibilité et de l’importance d’acclimater des épices fines à l&rsquo;Île de France. Cela permettra à la France de se doter de nouvelles ressources importantes, tout en développant l&rsquo;île et les populations locales. Pendant que la vocation sacerdotale s&rsquo;éloigne &#8211; la célébration liturgique étant devenue compliquée faute de bras, une nouvelle vocation commence à se dessiner.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un explorateur aguerri et un botaniste accompli</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fort des succès de son premier voyage et des intérêts que Pierre Poivre avait fourni à la Compagnie des Indes, un accord est trouvé avec la Compagnie pour mettre en place un comptoir. L’explorateur botaniste a pour projet de retourner à l&rsquo;Île de France afin d’y acclimater des épices fines.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 23 octobre 1748, soit trois mois après son arrivée, il repart pour l’Île de France, qu’il atteint le 13 mars 1749. Il part rapidement après son arrivée pour Huế dans l’actuel Vietnam, afin d’y installer le comptoir. Il rejoint Fai-Foo, en Cochinchine, comme ministre du Roi, avec qui il échange. Le 11 février 1750, le projet de comptoir est suspendu : Pierre Poivre a amassé plusieurs plantes et graines qui sont propres à la germination. Il se doit évidemment de les planter et rentre donc à l’Île de France.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre repart en juin pour divers pays : Manille, Macao, Canton. Il parviendra à collecter dix-neuf plants de muscadier, dont il avait identifié l&rsquo;intérêt dans le commerce des épices fines. Il éprouve des difficultés à atteindre l’Île de France au retour, n’arrivant qu’avec cinq plants de muscadiers.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Les girofliers et muscadiers poussaient alors naturellement dans les îles à épices, comme les Moluques, qui étaient sous le contrôle des Hollandais et sur lesquelles la Compagnie néerlandaise des Indes orientales maintenait un précieux monopole. L’explorateur navigue donc dans ces îles pendant quatre mois afin d&rsquo;acquérir ces végétaux de grande valeur.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour à Port-Louis, le 8 juin 1755, il constate que le sac de noix de muscade et les graines de girofliers qu’il avait acquis sont inadaptés à la plantation. Pierre Poivre présente avec peu de succès au conseil de l&rsquo;Île de France ses différents travaux botaniques. La mort de l’unique plant qu’il avait rapporté le 8 juin et le manque de soutien du nouveau gouverneur de l&rsquo;île à une nouvelle exploration auront raison de son courage. Découragé par ces insuccès, le botaniste explorateur prend de nouveau le chemin du retour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En rentrant, Pierre Poivre fait escale à Madagascar et prélève des plantes pour Bernard de Jussieu, qui est professeur de botanique au Jardin du roi. Il identifiera ainsi le faux giroflier et le muscadier sauvage. À défaut de perdre son dernier bras et de s’ennuyer durant le retour, Pierre Poivre est capturé par… des Anglais qui le ramèneront à Cork, en Irlande. Il rentrera finalement en France le 22 avril 1757.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Retour en France, enfin une vie paisible ?</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">De retour en France, Pierre Poivre présente son rapport et est nommé à l&rsquo;Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon. Il passe ainsi 10 ans désenchantés dans sa petite propriété campagnarde.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il épousera à 47 ans, Françoise Robin, âgée de 18 ans. Mais le couple ne bâtira pas un foyer aux abords de Lyon : leurs destins convergent vers l&rsquo;Île de France. Après le rachat de l&rsquo;exclusivité de la Compagnie des Indes par le Roi, Monsieur et Madame Poivre embarquent à bord du « Dauphin ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé sur l&rsquo;île, Pierre Poivre prononce un discours aux habitants et au Conseil supérieur avant d’entreprendre de nombreuses mesures dépassant le cadre du simple botaniste explorateur : recensement, inventaire du port, rachat de celui-ci à la Compagnie, création de nouvelles voiries, développement d’une imprimerie. De nombreuses initiatives seront entreprises pour le bon fonctionnement et le développement de l&rsquo;île.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au cours de ses différentes explorations, Pierre Poivre put observer de nombreux ports insulaires ; il identifie les éléments nécessaires au bon fonctionnement d’une île portuaire, mais surtout d’une île et de sa population. Pierre passera cinq ans sur l’Île de France : deux de ses trois filles y naîtront. Deux expéditions seront organisées, des milliers de noix de muscade et des centaines de girofliers et muscadiers propres à la germination seront rapportés.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rentré paisiblement à Lyon le 20 octobre 1772, dans sa demeure de La Fréta, il poursuit une correspondance avec le botaniste et agronome Jean-Nicolas Céré, afin de suivre l&rsquo;évolution des plantations d&rsquo;épices. Pierre Poivre s’éteint le 14 janvier 1786.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une vie botanique au service du Bien commun</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au-delà de briser le monopole des Hollandais sur le marché des épices, Poivre aura marqué l&rsquo;identité agricole de l&rsquo;Île Maurice, notamment par un jardin botanique où il fit planter ses découvertes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pierre Poivre fut porté toute sa vie par l&rsquo;exploration : sa curiosité, ses quêtes de nouvelles plantes étaient toujours motivées par le service du bien commun. Les habitants des nombreux pays qu&rsquo;il a visités ont été marqués par ses différentes aventures. On peut lire dans ses correspondances des observations pleines d&rsquo;humanité sur la condition de certaines sociétés qui vivaient durement. L&rsquo;intérêt des siens a toujours été une fin en soi ; il n&rsquo;a jamais cherché l’enrichissement personnel.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Comme Pierre Poivre, cultivons sans cesse notre curiosité pour servir notre prochain !</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<item>
		<title>Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Samuel Prévost]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 May 2025 09:47:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronautique]]></category>
		<category><![CDATA[Aviation]]></category>
		<category><![CDATA[Concorde]]></category>
		<category><![CDATA[Monuments historiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 10 mai 2025</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/">Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Symbole de l’excellence aéronautique française, le Concorde n°1, exposé au musée Aeroscopia à Blagnac, vient d’être officiellement classé Monument historique. Une première en France pour un avion de cette envergure, qui consacre autant une prouesse technologique qu’un morceau de mémoire nationale.</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C’est une page de l’histoire de l’aviation et de l’innovation européenne qui vient d’être solennellement reconnue. Le Concorde n°1, immatriculé F-WTSB, premier avion de série français destiné aux essais en vol du programme supersonique Concorde, a été classé au titre des Monuments historiques par la ministre de la Culture ce 5 mai. Ce classement marque une première dans l’histoire du patrimoine aéronautique français.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un avion emblématique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’annonce fait suite à une procédure engagée en mai 2023 par l’Académie de l’Air et de l’Espace, propriétaire de l’appareil, auprès de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Occitanie. Après une inscription au titre des Monuments historiques en octobre 2024, le classement vient d’être confirmé, sur avis unanime des instances nationales compétentes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/dissuasion-nucleaire-limpossible-partage/11/03/2025/">Dissuasion nucléaire : l’impossible partage</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">C</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">e classement ne porte pas seulement sur l’avion lui-même, mais également sur l’ensemble de ses équipements d’essais et de tests, en tant qu’« ensemble historique mobilier ». Il témoigne de l’exceptionnelle valeur technologique, scientifique et esthétique de ce fleuron de l’industrie aéronautique, aujourd’hui exposé au musée Aeroscopia de Blagnac, à proximité immédiate des installations d’Airbus.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Concorde n°1, témoin d’un défi technologique unique</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Premier Concorde de série, le F-WTSB – surnommé « Sierra Bravo » – diffère des prototypes conservés au Bourget et à Yeovilton. Il a joué un rôle déterminant dans la certification de l’appareil et dans l&rsquo;obtention du certificat de navigabilité, permettant ainsi l’entrée en service du Concorde pour le transport de passagers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/societe/marie-france-garaud-une-voix-pour-la-souverainete-francaise/01/11/2024/">Marie-France Garaud : une voix pour la souveraineté française</a></strong></span></p>
<p data-start="1935" data-end="2237">
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son premier vol, le 6 décembre 1973, dura trois heures, dont quarante-trois minutes en vol supersonique, avec André Turcat, Gilbert Defer, Michel Rétif, Henri Perrier et Hubert Guyonnet aux commandes. Il effectua son dernier vol le 19 avril 1985 avant d’être remis à l’Académie de l’Air et de l’Espace.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le Concorde n°1, par son intégrité exceptionnelle et son instrumentation d’origine, est aujourd’hui un témoin unique de la grande aventure technologique des Trente Glorieuses. Il illustre la réussite d’une coopération industrielle franco-britannique exemplaire, au cœur du projet Concorde lancé par un accord intergouvernemental en 1962.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un monument d’ingénierie devenu patrimoine</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce classement s’inscrit dans une démarche plus large de reconnaissance du patrimoine scientifique, technique et industriel en France. Il consacre le Concorde comme un chef-d’œuvre d’ingénierie, mais aussi comme une icône culturelle et esthétique. À la fois œuvre d’art et prouesse mécanique, le Concorde incarne une époque où l’Europe osait rêver à Mach 2.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/cecile-chabaud-de-femme-et-dacier/10/11/2024/">Cécile Chabaud : De femme et d’acier</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La ministre de la Culture a salué « un enrichissement exceptionnel du patrimoine national », soulignant l’importance de transmettre cette mémoire technique aux générations futures. Avec cette inscription, la France confirme l’attention nouvelle qu’elle porte à ses grands témoins de l’innovation du XXe siècle. Le Concorde, longtemps symbole de vitesse et d’élégance, entre désormais dans l’histoire par une autre porte : celle du patrimoine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/le-concorde-classe-monument-historique-par-le-ministere-de-la-culture/10/05/2025/">Le Concorde, classé Monument historique par le Ministère de la Culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<item>
		<title>Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 21:15:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Claude-Nicolas Vaudrey]]></category>
		<category><![CDATA[Napoléon III]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Strasbourg]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=11076</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 03/12/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/claude-nicolas-vaudrey-le-complice-du-premier-coup-detat-de-napoleon-iii/03/12/2024/">Claude-Nicolas Vaudrey : le complice du premier coup d’État de Napoléon III</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Claude-Nicolas Vaudrey est un général et homme politique français principalement connu pour avoir aidé le futur Napoléon III dans sa tentative du soulèvement de Strasbourg en 1836.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La fidélité est une vertu, une sorte de compagne qui traverse le temps et qui ne cherche pas toujours la gloire immédiate. Claude-Nicolas Vaudrey incarne cette fidélité auprès du futur Napoléon III après sa première tentative de coup d’État.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un officier des guerres napoléoniennes</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 25 novembre 1794, Claude-Nicolas Vaudrey fait une partie de ses études à l’école Centrale de Dijon. Il monte à Paris et rejoint la prestigieuse école Polytechnique (1802-1804) pour les terminer à l’école d’application de Metz dont il sort en 1806. En tant que lieutenant au 1er régiment d’artillerie à cheval, il prend part aux campagnes napoléoniennes en Italie la même année, puis en Autriche en 1809, où il est capturé par les Autrichiens. Libéré l’année suivante, il est promu au grade de capitaine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">E</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">n 1813, il rejoint la Grande Armée en direction de la Saxe et se fait remarquer lors de la bataille de Dresde, où il est gravement blessé lors d&rsquo;une charge. Élevé au rang de chef d’escadron, il prend part à la campagne de France en 1814, durant laquelle les forces coalisées envahissent le pays. Suite à la première abdication de Napoléon, il est remercié par le gouvernement de la Restauration.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pendant les Cent-Jours, Vaudrey est réintégré dans l&rsquo;armée avec le grade de commandant d&rsquo;artillerie au sein du 1er corps du général et participe à la bataille de Waterloo en 1815. Il défend sa position contre les Prussiens jusqu&rsquo;à ce que ses munitions soient épuisées. Après la deuxième abdication de Napoléon, il est de nouveau remercié par la seconde Restauration. En 1817, il retrouve son régiment d&rsquo;origine et est promu lieutenant-colonel en 1826, puis colonel en 1830. En tant que libéral et passionné par la politique, il se présente aux élections législatives de 1831 à Semur-en-Auxois, mais ne parvient pas à se faire élire.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>La tentative du coup d’État du futur Napoléon III</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1836, le colonel Vaudrey fait la connaissance de Louis-Napoléon Bonaparte, neveu du premier empereur et prétendant bonapartiste exilé en Suisse. Ce dernier lui propose de mobiliser les troupes de Strasbourg pour marcher sur Paris dans le but de renverser la monarchie de Juillet et d&rsquo;établir un nouvel empire. L&rsquo;objectif est de rallier sur le chemin tous les déçus du nouveau régime. Initialement prévue pour août, l&rsquo;opération est finalement reportée au 30 octobre. Après avoir rallié son propre régiment d’artillerie, la tentative échoue en raison du refus d’un régiment d’infanterie voisin de participer à ce soulèvement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Louis-Napoléon Bonaparte, principal responsable de l’affaire, est condamné à l’exil en Amérique. La monarchie de juillet ne souhaitait pas faire du neveu de Napoléon Ier un martyr emprisonné en France. De son côté, Vaudrey est acquitté et mis à la retraite en mars 1837. Malgré l’échec du coup d’État et ses conséquences, les relations entre les deux hommes perdurent. Au travers de sa mère, Hortense de Beauharnais, la famille finance la défense du colonel lors du procès et lui lègue un portrait de Napoléon Ier en remerciement de son engagement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Gouverneur des Tuileries, du Louvre et de l’Élysée</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1840, Louis-Napoléon quitte l’Amérique et s’exil en Angleterre où il retrouve le colonel Vaudrey qui le dissuade de tenter un nouveau coup d’État. Le 6 août 1840, le prince tente tout de même un nouveau complot et débarque à Boulogne-sur-Mer où il est de nouveau arrêté. En 1848, la nouvelle révolution dépose la monarchie de juillet. Louis-Philippe se présente à l’élection présidentielle et fort de son prestige est élu à la tête de l’État. Claude-Nicolas Vaudrey sort de sa retraite et se voit nommé commandant de la garde nationale de Dijon, reçoit les insignes de commandeur de la Légion d’honneur avant de rejoindre le nouveau chef de l’État en tant qu’aide de camp. En mai 1849, il est élu député de Côte-d’Or.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Après le coup d’État de décembre 1851, sa fidélité est de nouveau récompensée en devenant gouverneur des palais des Tuileries, du Louvre et de l’Élysée. Promu général de brigade en 1852, il est élu sénateur la même année. Le général Claude-Nicolas Vaudrey décède le 11 mars 1857.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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<p><iframe id="haWidget" style="width: 100%; height: 70px; border: none;" src="https://www.helloasso.com/associations/billet-de-france/formulaires/1/widget-bouton"></iframe></p>
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		<title>Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Domitille de Laveline]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Nov 2024 21:25:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[Colonel Rémy]]></category>
		<category><![CDATA[Gilbert Renault]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 08/11/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/colonel-remy-lagent-secret-n1-de-la-france-libre/08/11/2024/">Colonel Rémy : l’agent secret n°1 de la France Libre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Le colonel Rémy est l’un des résistants les plus connus de la Seconde guerre mondiale. Proche du général de Gaulle, celui-ci a rompu avec lui lorsqu’il a souhaité réhabiliter le maréchal Pétain.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Il y a eu des admirateurs du maréchal Pétain, des partisans des idées et du principe de la Révolution nationale, des membres des organismes officiels du régime qui sont devenus des résistants à part entière</em> » écrivait Bénédicte Vergez-Chaignon dans son ouvrage <em>Les vichystos-résistants, Paris</em>, Perrin, 2021. Une vision partagée par le colonel Rémy et parfaitement incarnée par François Mitterrand, futur président de la République.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>De la révolution nationale au gaullisme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 6 août 1904 à Vannes, le colonel Rémy, de son vrai nom, Gilbert Renault, est l’aîné d’une famille de dix enfants élevée dans la tradition catholique. Marqué par ses études chez les Jésuites, il devient sympatisant de l<em>’Action Française </em>sans y avoir jamais adhéré. Il s’engage dans la résistance après le discours du maréchal Pétain : l’armistice aux conditions imposées par les Allemands. Néanmoins, il souhaite rester favorable aux idées de la Révolution nationale proposées par Vichy. Pour lui, la famille et l’éducation sont le noyau d’une patrie victorieuse.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Durant l’Occupation, il devient « l’agent secret numéro un de la France Libre » et se retrouve affublé de plusieurs noms de code dont le plus célèbre demeure « Rémy ». Il est le co-fondateur, avec Louis de La Bardonnie, du réseau de renseignement la « Confrérie Notre Dame ». Il s’agit de l’un des réseaux de renseignement les plus développés sur le territoire français de nord de la Bretagne jusqu’à Bordeaux, qui se maintient durant toute la guerre. C’est le réseau de Rémy qui est le premier à établir une liaison radio avec Londres le 17 mars 1941. </span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il est le pivot dans l’alliance entre les communistes et la France libre et découvre en eux des partenaires courageux, organisés et loyaux. <a href="https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/colonel-remy">Rémy</a> effectue de nombreuses missions en Espagne et en France sous différentes couvertures liées à son activité professionnelle : l’industrie du cinéma, avant d’être rappelé en Angleterre pour sa sécurité par Passy, résistant responsable du deuxième bureau des services secrets de la France libre à Londres, dépendant du Bureau Central de Renseignements et d’Action. Il participe aussi activement au Débarquement et à la libération de la France depuis Londres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>L’instabilité de l’après-guerre</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A la fin de la guerre, Rémy est dubitatif face au rôle qu’il doit tenir. La Résistance lui manque, seul le lien indéfectible qui l’unit à de Gaulle l’aide à garder le cap. Le conflit entre Gilbert Renault et le colonel Rémy prend de plus en plus de place dans son esprit.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Profondément ennuyé et peu convaincu par la politique durant toute sa vie, il refuse de rejoindre un quelconque parti et de s’engager jusqu’à la fondation du RPF en 1947 par le chef de la France libre. Fidèle du général de Gaulle pendant toute la guerre et de nombreuses années durant, il devient son bras droit, son confident et ami, après 1945.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">L’ancien agent secret découvre qu’il n’y a pas eu uniquement la résistance de la France Libre, mais également d’autres, au sein même du territoire français. Il accorde beaucoup d’importance aux nouveaux témoignages qu’il reçoit, et qui le confrontent à une nouvelle vision de la guerre. Rémy est révulsé par la mise en place de l’épuration et le récit de ceux qui sont touchés par cette forme de justice. Par la découverte de ce milieu, Rémy retourne vers ses racines conservatrices et monarchistes, doutant alors de sa place au sein du RPF. Il s’éclipse au fil des semaines et se confronte à l’ambiguïté du général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 11 avril 1950 est sans nul doute une date charnière dans la vie du colonel Rémy. Il dévoile au grand jour ses convictions enfouies et son nouvel attachement au maréchal dans son article « La justice et l’opprobre » au sein de l’hebdomadaire <em>Carrefour</em>. L’article résonne comme un coup de tonnerre dans le milieu de la Résistance. Il y présente non seulement ses excuses au prisonnier de l’île d’Yeu mais surtout il réclame la révision du procès afin de procéder à sa réhabilitation. Il s’appuie sur différents éléments pour justifier son action sans faire outrage au milieu qu’il côtoie depuis si longtemps.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rassembler les Français</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il rédige cet article dans l’espoir de retrouver l’unité nationale, et qui de mieux placé que lui, le fidèle du général de Gaulle pour tendre la main aux fidèles du maréchal. Cependant, Rémy commet une bévue qui lui coûte son amitié avec le chef de la France Libre en justifiant ses propos par des conversations privées qu’il a eues avec le général. La thèse du bouclier (maréchal Pétain) et de l’épée (général de Gaulle) dont Rémy s’empare a longuement été discutée et perdure encore aujourd’hui.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sa tentative de distinction entre le maréchal Pétain et le régime de Vichy est tournée en dérision, et est jugée comme une tentative bien trop précoce dans le contexte historique et politique de l’époque. Étant radié de l’AFL ainsi que du comité directeur du RPF, plus rien ne le retient dans le milieu gaulliste si ce n’est l’admiration et l’affection qu’il continue de porter pour le général.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La présence de l’abbé Jean-Marie Desgranges ainsi que celle des généraux Hering et Weygand, donne à Rémy une ligne directrice à suivre au sein du milieu maréchaliste. Ces personnalités le confortent dans sa démarche et cette vision de la guerre qui l’a poussé à revoir ses convictions. Rémy s’engage pleinement dans ses nouvelles activités avec l’ADMP ainsi que la SAJA, la Société des Amis de Jeanne d’Arc, enchaînant, conférences, écrits et rencontres.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une nostalgie conservatrice</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A partir de 1960, Rémy change ses habitudes, il noue des amitiés avec les plus grands maréchalistes : Georges Lamirand, l’amiral Auphan ou encore le général La Porte du Theil. Ils ont tous des raisons supplémentaires pour continuer le combat. Rémy apprécie les hommes d’ordre, de caractère et de conviction, il le prouve à nouveau par l’admiration qu’il voue à Lord Louis Mountbatten, tout comme envers Salazar avec qui il noue une vraie amitié. Toutefois l’ancien résistant doit aussi faire face à plusieurs démonstrations d’animosité de la part du milieu maréchaliste et notamment Jacques Isorni : l’avocat du maréchal Pétain.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Cette instabilité relationnelle dans laquelle s’installe Rémy provient aussi de la nostalgie qui l’habite. Il espère toujours cette réconciliation avec le général de Gaulle, lui assurant à nouveau sa fidélité avant d’être profondément déçu par la proclamation de l’indépendance de l’Algérie. Pour Rémy, cela marque définitivement la rupture avec son ancien chef, terminant sa carrière et sa vie en maréchaliste convaincu, bien décidé à se battre jusqu’au bout pour ses convictions. Le résistant de 1940, est désormais bien loin de ses convictions et des propos qu’il tenait durant les années de guerre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 09:34:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Madeleine Fourcade]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre Mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Sylvette Dionisi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 14/10/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marie-madeleine-fourcade-libre-resistante-et-inclassable/14/10/2024/">Marie-Madeleine Fourcade : libre, résistante et inclassable</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Seule femme en charge du renseignement militaire au sein de la Résistance, Marie-Madeleine Fourcade s’est hissée, à seulement trente ans, au sommet du réseau Alliance et de ses 3 000 membres. Mère de famille et dirigeante de presse, libre et engagée, elle mena, durant une grande partie de la Seconde Guerre mondiale, une « Arche de Noé » au service de la France.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Marie-Madeleine Fourcade est née le 8 novembre 1909 à Marseille. Son père, directeur des Messageries maritimes françaises à Shanghai et membre du 2<sup>ème</sup> Bureau, y est rejoint par sa femme et ses enfants, choix original pour l’époque. La fratrie y reçoit une éducation moderne et cosmopolite : tandis qu’une <em>amah</em> leur enseigne la culture chinoise, une institutrice anglaise leur permet une émancipation précoce, due à la place tout à fait particulière qu’occupent les femmes au sein de la société britannique. Elevée dans la conscience du Premier conflit mondial, qui ne la touche en réalité que de loin, Marie-Madeleine (née Bridou) développe dès l’enfance un très fort attachement à sa patrie.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/citadelle-de-saint-exupery-une-allegorie-poetique-et-politique/31/08/2024/">« Citadelle » de Saint-Exupéry : une allégorie poétique et politique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Orpheline de père dès 1922, elle intègre le couvent des Oiseaux à Paris, puis l’Ecole normale de musique, y étudiant le piano. Mariée à dix-sept ans au capitaine Edouard-Jean Méric, elle le suit au Maroc en 1925. Suivant son mari dans le bled, elle apprend l’arabe, l’équitation, la conduite automobile, les soins d’urgence et d’accouchement et gagne le respect des caïds et des femmes indigènes. Libre et féminine, elle marque les réceptions de l’état-major stationné à Rabat mais rentre dès 1933 à Paris, avec ses deux enfants, séparée de son mari. Rue Vanneau, elle mène une vie agréable, au cours de laquelle elle obtient une licence de pilote ainsi qu’un emploi à Radio-Cité comme publiciste, où elle côtoie Colette.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Rencontre avec Georges Loustaunau-Lacau</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fréquentant les salons catholiques parisiens, elle assiste chez sa sœur, Yvonne Georges-Picot, aux échanges qui opposent les deux grands officiers du temps, issus de la même promotion de l’Ecole de guerre, Charles de Gaulle et Georges Loustaunau-Lacau. Séduit par la personnalité de Marie-Madeleine Méric, qui n’hésite pas à intervenir lors des discussions stratégiques, ce dernier demande à la rencontrer. Persuadé que « nous allons être confrontés à une Seconde Guerre mondiale et [qu’]il faut s’y préparer », Georges Loustaunau-Lacau tait ses activités à la tête du réseau Corvignolles, qui chasse les communistes évoluant au sein des armées et lui présente son ambition de créer un réseau de renseignement en Belgique, en Suisse et en Allemagne.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/napoleon-iii-lhistorien-thierry-lentz-celebre-la-modernite-inachevee-dun-illustre/15/02/2023/">Napoléon III : l’historien Thierry Lentz célèbre la modernité inachevée d’un Illustre</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La publiciste de Radio-Cité, propriétaire d’une Traction Avant 11 chevaux, est toute indiquée pour établir des contacts avec des informateurs et ainsi prendre le pouls du pays. Très efficace, Marie-Madeleine Méric gère également le groupe de presse de l’officier, La Spirale, notamment orienté vers la propagande anticommuniste et antiallemande. En trois ans, elle s’impose auprès de Loustaunau-Lacau, qui la décrit ainsi : « <em>Elle est le chef d’état-major, le pivot sans lequel rien ne peut tourner : elle a une mémoire d’éléphant, une prudence de serpent, un instinct de fouine, une persévérance de taupe et elle peut être méchante comme une panthère</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un Hérisson à la tête de l’Arche de Noé</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En juin 1940, Marie-Madeleine Méric confie ses enfants à sa mère et rejoint, dans les Pyrénées-Atlantiques, « Navarre », Georges Loustaunau-Lacau, évadé et Châlons-sur-Marne. Se pose alors la question de l’entrée de chacun dans « l’Armée des Ombres ». Après un contact décevant avec le général de Gaulle, elle s’infiltre au sein des administrations déplacées à Vichy dans le double but de constituer des PC de renseignement opérationnels ainsi que de récolter des fonds. Fin 1940, le « réseau SR Alliance » passe dans la clandestinité totale et le quartier général déménage à Pau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès l’été 1941, Marie-Madeleine Méric change de dimension : « Navarre » condamné à de la prison ferme pour avoir tenté de faire entrer l’Armée d’Afrique en dissidence, elle informe Londres et l’Intelligence Service, par un télégramme rédigé au masculin, qu’elle prend la tête du réseau. En octobre, les six premiers émetteurs livrés par les Britanniques sont en fonction. Liant des contacts avec l’ambassade de France à Madrid, elle surprend, comme femme, le monde des renseignements, qui lui fait cependant confiance du fait de ses résultats dans l’organisation du plus grand réseau en lien avec l’Intelligence Service. Elle y emploi de nombreuses femmes et y développe des couvertures inspirées de noms d’animaux : le groupe mené par « Hérisson » est surnommé par les Allemands « l’Arche de Noé ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/leurope-au-temps-de-napoleon-lechec-de-lunification-raconte-par-jean-tulard/12/12/2020/">«L’Europe au temps de Napoléon» : l’échec de l’unification raconté par Jean Tulard</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A une époque où un chef de réseau ne reste en place qu’en moyenne six mois, elle part pour Londres en juillet 1943, après trente-deux mois de commandement. Sommée de rester en Angleterre, où sa connaissance des organisations clandestines est requise, elle assiste à l’hécatombe qui atteint le BCRA, au sein duquel « Alliance » se fond en mars 1944. Les sections du réseau en Bretagne et en Méditerranée procurent d’importants renseignements à la Royal Navy, qui protège ses opérations des U-Boot. Une carte détaillée de dix-sept mètres de long détaillant les défenses allemandes sur les côtes normandes est apportée par l’un de ses agents à l’état-major britannique qui s’étonne du niveau de précision fourni.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Retour en France : l’honneur dans l’horreur</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En mars 1944, le MI6 informe Marie-Madeleine Méric qu’elle est autorisée à rejoindre la France, sous deux identités, qu’elle incarne en se grimant. Se rendant à Aix-en-Provence afin de préparer le prochain débarquement, elle est victime d’une rafle de grande ampleur : refusant de s’adresser à quelqu’un d’autre que le responsable de la Gestapo, elle gagne une nuit. Extrêmement amaigrie, elle parvient à se faufiler entre les barreaux de sa cellule et s’enfuie, pieds nus, dans la campagne. Rejoignant des amis, elle est informée de la vague d’assassinats qui marque les prisons : dans la panique des débarquements de Provence et de Normandie les Allemands liquident tous les suspects qu’ils détiennent. Au volant d’une ambulance de la Croix-Rouge, « Hérisson » suit de près l’avancée américaine dans l’espoir de retrouver les membres de son réseau.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sur le millier de membres du réseau Alliance arrêtés, 438 disparaîtront. Avec grande dignité, Marie-Madelaine Méric affronte les deuils successifs : « <em>J’ai été couverte de honte toute au long de l’occupation par le manque de moyens qui m’empêchaient de sauver mes amis incarcérés. On finissait par admettre sauvagement l’inéluctable : un homme pris était un homme perdu </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/la-fin-du-moyen-age-une-epoque-dune-rare-vitalite-creative/01/10/2020/">«La fin du Moyen Âge» : une époque d’une rare vitalité créative</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La vie de cette « inclassable » résistante ne s’est pas arrêtée en 1945. Le 20 novembre 1947, elle épouse l’homme d’affaires et Français Libre Hubert Fourcade, qu’elle avait rencontré à Londres, ce qui la rapproche de la nouvelle société gaulliste. Marie-Madeleine Fourcade</span><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"> poursuit, quelques années après-guerre, son travail de renseignement au profit du MI6, portant son attention sur les réseaux communistes. En 1957, elle est présentée à Elisabeth II pour ses actions en faveur du renseignement britannique, à la demande du monarque. La <a href="https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/20635/Libre-et-resistante-Marie-Madeleine-Fourcade">biographie</a> que lui consacre en 2024 Sylvette Dionisi témoigne d’un engagement sans faille : animatrice de <em>La Voix de la Résistance</em>, elle préside la Comité d’action de la Résistance et s’engage politiquement en faveur du gaullisme.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Décédée à près de 80 ans au Val-de-Grâce, Marie-Madeleine Fourcade bénéficie, par l’intermédiaire du ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, d’une dérogation lui ouvrant le droit à des funérailles aux Invalides : elle est la première femme honorée en ce lieu. Durant l’homélie prononcée par le révérend Père Riquet, furent exaltée un esprit de Résistance hors du commun ainsi qu’une féminité sublimée par l’engagement : « <em>Admirable exemple d’un courage viril en cœur de femme, elle s’est dépensée jusqu’à son dernier souffle pour sauvegarder la mémoire des héros de l’Armée des ombres, mais également venir en aide à leurs veuves et à leurs orphelins ainsi qu’aux rescapés et handicapés […]. Elle avait le don des mots qui réconcilient et qui entraînent, avec la finesse et la grâce de sa féminité que la guerre n’avait pas compromise</em> ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Avec <em>Libre et résistante. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable</em>, l&rsquo;auteur poursuit un nécessaire devoir de mémoire, renouvelant au profit du grand public les précieux souvenirs de cette résistante de premier plan, publiés en 1968 sous le titre <em>L’Arche de Noé</em>. Sylvette Dionisi est présidente de <em>Res Femina</em>, association créée en 2009 afin de promouvoir l&rsquo;engagement citoyen des femmes dans la sphère publique et politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10932" aria-describedby="caption-attachment-10932" style="width: 195px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-medium wp-image-10932" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="195" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=667%2C1024&amp;ssl=1 667w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?resize=768%2C1179&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/10/9782204160230_internet_h1400.jpg?w=912&amp;ssl=1 912w" sizes="(max-width: 195px) 100vw, 195px" /><figcaption id="caption-attachment-10932" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Sylvette Dionisi, <em>Libre et résistante</em>. Marie-Madeleine Fourcade. L’inclassable. Paris, Les éditions du Cerf, mai 2024, 239 p.</span></figcaption></figure></p>
<hr width="50%" />
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		<title>Juan Donoso Cortés : théoricien du conservatisme et prophète de la crise moderne</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/juan-donoso-cortes-theoricien-du-conservatisme-et-prophete-de-la-crise-moderne/16/07/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Benoît Garronay]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jul 2024 17:41:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Conservatisme]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Juan Donoso Cortés]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10656</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 16/07/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/juan-donoso-cortes-theoricien-du-conservatisme-et-prophete-de-la-crise-moderne/16/07/2024/">Juan Donoso Cortés : théoricien du conservatisme et prophète de la crise moderne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Juan Donoso Cortés est un écrivain et homme politique espagnol. Il est principalement connu pour ses critiques acerbes du libéralisme et du socialisme, ainsi que pour ses prophéties sur les crises et les conflits à venir en Europe.</strong></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Juan Donoso Cortés naît dans une famille catholique prestigieuse ayant connu son heure de gloire lors des grandes épopées du XVIe siècle. Lointain descendant du vice-roi d&rsquo;Espagne et conquérant Hernán Cortés, il hérite d&rsquo;un nom illustre.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès l&rsquo;âge de 11 ans, Donoso Cortés se montre particulièrement studieux et curieux dans ses études. Il entre à l&rsquo;université de Salamanque en 1820, puis à Cáceres où il fait la connaissance de Manuel José Quintana qui lui fait découvrir les grands penseurs du siècle des Lumières. Donoso Cortés s&rsquo;imprègne de la philosophie du XVIIIe siècle, mais sa foi restera résolument ancrée vers Dieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a></strong></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1824, après avoir étudié la philosophie, la théologie ainsi que la littérature, il poursuit des études de droit. Quatre ans plus tard, Juan Donoso Cortés est encore jugé trop jeune pour devenir avocat. Il rencontre sa femme Teresa Carrasco qui décédera avec sa fille cinq ans plus tard.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un engagement politique ferme</strong></span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Donoso Cortés s&rsquo;intéresse aux questions sociales et politiques de son pays. A cette époque, le royaume d&rsquo;Espagne connaît des rebondissements et l&rsquo;écho des idées de la Révolution française impacte les consciences. Le roi Ferdinand VII, voulant conserver l&rsquo;héritage de la monarchie face à un empire colonial dissout et affaibli, modifie la loi salique pour que sa fille Isabelle puisse lui succéder en 1833. Toutefois, le frère du roi, Don Carlos, conteste cette décision. Face à ce conflit intérieur, Donoso Cortés, se range du côté de la régente Marie-Christine, gouvernant au nom de la jeune reine Isabelle II.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Derrière le camp des Carlistes (ceux qui défendent la légitimité de Don Carlos) se cache un affrontement qui va bien au-delà d&rsquo;un conflit de pouvoir : une lutte entre deux mondes, la monarchie de droit divin traditionnelle et le libéralisme politique. Juan Donoso Cortés estimait que ce conflit devait être dépassé et suggérait au contraire une union des camps « pour mieux conserver ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès lors, il devient député de la circonscription de Cadix, siégeant au centre en 1837, et secrétaire des conseils des ministères présidés par Mendizábal. Toutefois, après de sanglants conflits, le général Espartero écrase les armées carlistes et met la monarchie sous tutelle. Donoso Cortés accompagne la régente Marie-Christine dans son exil en France et prépare son retour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une carrière diplomatique au sein des grades puissances</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1843, le général Narváez renverse Espartero et laisse la régente reprendre les affaires du royaume. Donoso Cortés obtient le titre de marquis de Valdegamas et commence une carrière diplomatique, défendant les intérêts de la couronne d&rsquo;Espagne. Il négocie le mariage du roi Louis-Philippe de France avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, sœur de la régente. Le décès de son frère Pedro le pousse à la lecture des mystiques catholiques tels que Thérèse d&rsquo;Avila et Louis de Grenade.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nommé ambassadeur en Prusse en 1848, Donoso Cortés observe les événements liés au Printemps des peuples comme une épidémie pouvant contaminer l&rsquo;ensemble des institutions des États européens. Cet épisode marque un tournant fondamental dans ses idées politiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un plaidoyer pour le retour du conservatisme</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Pour bien comprendre Juan Donoso Cortés, il faut noter qu&rsquo;il utilise une méthodologie historique similaire à celle de Hegel et s&rsquo;inspire de la philosophie de Vico. Pour lui, la religion est l&rsquo;institution fondamentale expliquant le rythme et l&rsquo;évolution des civilisations. Cette vision de l’histoire rejette l’idée que les institutions politiques seules pourraient améliorer l’humanité. Au lieu de cela, il voit l’érosion des traditions comme un chemin vers le despotisme et l’anarchie, où les humains remplacent Dieu et deviennent esclaves de désirs illimités. Cortès est convaincu que le monde économique et libéral finira par piéger les peuples et qu&rsquo;il est important qu&rsquo;un ordre moral règne. Pour lui, « l&rsquo;ordre matériel n&rsquo;est rien sans l&rsquo;ordre moral ». Seul le dogme chrétien est une réponse convaincante pour sauver la civilisation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a></strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans un discours de janvier 1849, « Discours sur la dictature », il présente deux types de répressions : politique et religieuse. Il explique qu&rsquo;un déclin de la répression religieuse s&rsquo;accompagne d&rsquo;une hausse proportionnelle de la répression politique. Il présenta ce principe comme une loi de l&rsquo;histoire, l&rsquo;équilibre se poursuivant selon le « thermomètre » entre les deux pouvoirs, politique et religieux, dans le but de maintenir l&rsquo;ordre d&rsquo;un régime.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ce discours a eu un fort retentissement dans les monarchies européennes, et lui permet de devenir une <a href="https://www.persee.fr/doc/mcm_1146-1225_1991_num_9_1_1035">figure </a>conservatrice influente de premier plan. Poursuivant son combat, il décide d&rsquo;écrire ses réflexions dans son livre : « Essai sur le catholicisme, le libéralisme et le socialisme ».</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Juan Donoso Cortés propose ainsi une revue historique de la lutte entre les pouvoirs politique et religieux, évoquant les tournants et querelles du Saint-Empire Romain Germanique contre la papauté, du début de la Renaissance avec le renforcement des monarchies et les débuts des États-Nations au détriment de l&rsquo;autorité papale.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il décède le 3 mars 1853 d’une crise cardiaque à la légation d’Espagne à Paris. Son influence perdure, notamment dans la pensée du juriste et philosophe du droit allemand Carl Schmitt qui s’intéressera à sa philosophie politique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 May 2024 15:06:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Théophraste Renaudot]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10508</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 31/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/theophraste-renaudot-pere-du-journalisme-francais-et-commissaire-aux-pauvres-du-royaume/31/05/2024/">Théophraste Renaudot : père du journalisme français et «commissaire aux pauvres du Royaume»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Théophraste Renaudot est un journaliste français et médecin du XVIIe siècle. Fondateur d’un des plus anciens journaux français, <em>La Gazette</em>, il est considéré comme le père du journalisme français. </span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Être protestant, se convertir au catholicisme, devenir médecin royal, journaliste et être nommé « commissaire aux pauvres du Royaume » sous Louis XIII, telle est la vie de Théophraste Renaudot qui fonda le « Bureau des adresses », le Pôle emploi du XVIIe siècle. Un exemple de réussite sociale.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La conversion<br />
</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né en décembre 1586, Théophraste Renaudot grandit à Loudun dans une famille protestante du Poitou. L’Edit de Nantes de 1598 assure une certaine protection à la famille lui permettant d’entamer des études de médecine à Paris puis à Montpellier à partir de 1605 où ses qualités scolaires sont remarquées. Malheureusement, il attrape en 1602 les écrouelles qui lui créeront des cicatrices au visage. Diplômé à 19 ans, il profite de son jeune âge pour voyager et se rend en Italie et en Prusse avant de retourner à Loudun et commencer à exercer la médecine.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Il y croise François Leclerc du Tremblay plus connu sous le nom de père Joseph, la future éminence grise du cardinal de Richelieu, qui l’introduira pour la première fois dans les cercles du pouvoir. De ces rencontres naîtront des discussions sur la pauvreté en France. En 1612, il écrit un traité « Sur la condition des pauvres » qui remontera au conseil de régence de Louis XIII qui le nommera « médecin ordinaire » avant de devenir officiellement « commissaire général des pauvres du royaume » en 1618. Promu à une belle carrière, il se convertit au catholicisme en 1625 et entre dans le conseil de Richelieu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une œuvre de réinsertion</span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre vagabondage et maladie, la pauvreté fait des ravages en France. Pour Théophraste, la priorité pour lutter contre ces maux est l’accès à l’emploi. Dans ce cadre, il souhaite accentuer les efforts de l’Eglise pour les personnes défavorisées en créant une sorte de « Pôle emploi ». L’objectif est de mettre en relation l’offre et la demande de travail. Il crée donc le « Bureaux des adresses » en 1628 sur l’Île de la Cité près de Notre-Dame de Paris. Dans ce lieu, chaque travailleur ou entrepreneur peut y trouver un emploi ou de la main d’œuvre.<br />
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La hausse des annonces entraîne la parution de la <em>Feuille du bureau d&rsquo;adresse. </em>Outre les offres, celle-ci répertorie des propositions de services, de ventes ou de locations. Considérant que la santé est essentielle pour travailler, il ouvre un dispensaire gratuit pour les plus modestes et payant pour les personnes aisées. Des cycles de conférences promouvant parfois des traitements novateurs viennent compléter les offres de son adresse parisienne, ce qui attire les foudres de la faculté de médecine de Paris.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le créateur de <em>La Gazette</em></span></strong></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 30 mai 1631, Théophraste Renaudot lance le premier périodique français : <em>La Gazette</em>. Il répond à une demande royale de créer un journal sur « le bruit qui court sur les choses advenues ». Même si l’imprimerie existait depuis plusieurs décennies, les nouvelles manuscrites n’étaient assurées en France que par quelques papiers et feuilles occasionnelles. Le périodique de quatre pages se spécialise principalement sur la politique étrangère et les rumeurs de la Cour.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/albert-londres-portrait-du-pere-fondateur-du-journalisme-dinvestigation/04/05/2020/"> Albert Londres : portrait du père fondateur du journalisme d’investigation </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1635, la Guerre de Trente ans qui fait rage nécessite la diffusion d’informations favorables à la France. Soutenu par Richelieu qui y voit un levier de communication politique, La Gazette obtient un monopole d’Etat. Le succès est au rendez-vous car un supplément, <em>les Extraordinaires</em>, vient compléter le périodique en détaillant des événements majeurs préalablement mentionnés. Le public est friand des récits de guerre, des plans de bataille et de toutes ces nouvelles de l’Étranger. Le décès de Richelieu en 1642 et de Louis XIII l’année suivante font perdre au journal les appuis dont il jouissait.</span></p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La Fronde installe une période de doute qui entrave la parution du périodique. Dans la continuité de son prédécesseur, Mazarin prend la suite mais ses détracteurs obtiennent gain de cause en 1644 : son « Bureau d’adresses » ferme et Renaudot se voit interdit d’exercer la médecine. Seul son journal subsiste, très utile pour le gouvernement. En 1646, pour le remercier, il est nommé historiographe du roi et bénéficie d’un logement dans les galeries du Louvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle </a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Son décès le 25 octobre 1653 ne signifie pas pour autant l’arrêt de son périodique (devenu <em>La Gazette de France</em> en 1792) qui perdurera jusqu’en 1915. La Première Guerre mondiale stoppera la publication du journal après presque trois siècles de parution. Une plaque rappelle l’emplacement de sa sépulture en l’église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris<a href="https://ville-loudun.fr/">.</a></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Charles de Blondin et Baudouin de Petiville]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 16:17:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Reportages]]></category>
		<category><![CDATA[Franciscains]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Sépulcre]]></category>
		<category><![CDATA[Terre sainte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/05/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-saint-sepulcre-les-franciscains-des-gardiens-de-leternite/25/05/2024/">REPORTAGE – Saint-Sépulcre : les Franciscains, des gardiens de l’éternité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Lieu de la mort et de la résurrection du Christ, le Saint-Sépulcre renferme l’un des mystères de la foi chrétienne</strong><strong>. Il est un véritable carrefour spirituel qui héberge différentes communautés cohabitant entres elles dans la vieille ville de Jérusalem. Bien que remplies d’humilité, d’héritage et de respect pour les différentes identités, les relations entre chrétiens autour du tombeau du Christ restent « viriles ».</strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« Joyeux Noël ! ». Un vieil homme juif orthodoxe vient saluer le supérieur des <a style="color: #003446;" href="https://www.custodia.org/fr">franciscains</a> et lui demande de prier pour la paix et pour lui-même. Étonnante en France, la scène se passe à Jérusalem à l’intérieur même du Saint-Sépulcre, devant le tombeau du Christ. Un moment symbolique qui rappelle la complexité de la Terre Sainte, de ses communautés religieuses qui cohabitent depuis des siècles jusque dans le saint des saints.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-bethleem-une-messe-de-noel-tournee-vers-lesperance/13/01/2024/">REPORTAGE – Bethléem : une messe de Noël tournée vers l’espérance</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Au Saint-Sépulcre, les pèlerins sont rares en ce mois de décembre 2023. La guerre entre Israël et le Hamas a fait annuler la quasi-totalité des voyages. Seuls quelques chrétiens éthiopiens, philippins ou d’Europe de l’Est viennent se recueillir dans ce lieu symbolique. Les chrétiens occidentaux quant à eux sont absents, les diplomaties européennes déconseillant à leurs ressortissants de se rendre dans la région. Depuis Paris, seule la compagnie aérienne israélienne El Al a continué à desservir Tel-Aviv malgré la guerre. Dans le monde, seulement une petite dizaine en plus de la société nationale.</span></p>
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<p><figure id="attachment_10455" aria-describedby="caption-attachment-10455" style="width: 640px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" decoding="async" class="size-large wp-image-10455" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020.jpg?resize=640%2C288&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="288" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=1024%2C461&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=300%2C135&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=768%2C346&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=1536%2C691&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?resize=2048%2C922&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757020-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10455" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La pierre de l&rsquo;Onction sur laquelle le corps du Christ a été lavé et enveloppé dans le Saint-Suaire fait l&rsquo;objet d&rsquo;une grande vénération. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une présence depuis 8 siècles</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Le Saint-Sépulcre est un lieu d’union</em> » aime à répéter le frère Stéphane, le supérieur des Franciscains, un ordre religieux, gardien des lieux saints depuis 800 ans. Le rôle de cette communauté est de remplir trois fonctions essentielles : habiter les lieux saints perdus après le départ des Croisés, assurer un soin pastoral pour les chrétiens locaux et accueillir les pèlerins qui arrivent du monde entier visiter la Terre Sainte. Une histoire qui commence en 1207, date à laquelle les premiers franciscains arrivent et négocient leur installation avec le sultan égyptien Malek el-Kamel.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/reportages/reportage-turquie-istanbul-vise-une-propriete-francaise-du-xixe-lorphelinat-saint-joseph/10/03/2024/">REPORTAGE – Turquie : Istanbul vise une propriété française du XIXe, l’orphelinat saint-Joseph</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">A force de persuasion, ils s’installent en 1333 au Saint-Sépulcre et sont nommés officiellement gardiens des lieux saints par le Pape Clément IV en 1342. Un lieu où cohabitent six communautés différentes : trois principales (grecs-orthodoxes, arméniens et l’ordre franciscain) et trois secondaires (coptes, syriaques et éthiopiens). « <em>Elles sont des satellites qui gravitent autour du soleil et qui respirent tous ici le même air, celui de Dieu. C’est ici que l’humanité va pouvoir s’unir</em>. <em>C’est depuis Jérusalem que la chrétienté va rayonner et c’est du monde entier que les chrétiens vont revenir </em>» précise le frère. Un lieu qui rassemble « <em>toute la diversité du monde</em> » et qui permet aux Chrétiens d’être le trait d’union dans cet Orient souvent complexe.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Un « vivre-ensemble » complexe</strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">« <em>Le saint-Sépulcre n’est pas un lieu de bonnes sœurs</em> » continue le frère Stéphane en nous faisant visiter les parties privées du sanctuaire. Une complexité unique assez peu compréhensible des Chrétiens Occidentaux. Un Dieu unique mais une culture parfois radicalement différente. « <em>En France, les catholiques ont la même culture, nourriture, histoire et langue. Ici, la seule chose que nous avons en commun, c’est Dieu</em> ». Les relations sont donc franches, directes et assumées et aucune langue de bois n’est de mise. « <em>C’est une cathédrale virile </em><em>! </em>».  Chaque communauté est fière de son héritage et l’assume pleinement. « <em>Ce n’est pas en gommant nos différences que nous pourrons dialoguer.  C’est en allant chercher dans nos racines communes que nous nous comprenons et nous nous respectons</em> » renchérit l’homme d’église. « <em>Ici ; les Grecs sont très Grecs, les coptes très coptes, les latins doivent donc être très latins. Nous n’avons donc aucun scrupule à être des catholiques latins mais avec une façon de faire orientale</em> ».</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/entretiens/entretien-alexandre-goodarzy-un-guerrier-de-la-paix-au-service-des-chretiens-dorient/28/03/2021/">ENTRETIEN – Alexandre Goodarzy : un guerrier de la paix au service des Chrétiens d’Orient</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La fidélité au latin et au grégorien est donc de rigueur. « <em>Il y a une fidélité naturelle au latin, c’est notre langue commune ici car chaque frère arrive avec sa culture</em> ». 41 nationalités sont représentées parmi les 300 frères qui œuvrent sur l’ensemble du territoire israélien et palestinien à faire vivre la chrétienté mais aussi à faire œuvre de charité auprès des autres religions. Une diversité qui donne un grégorien que le frère aime décrire comme « agricole ». « <em>Nous n’avons pas attendus Vatican II pour l’œcuménisme. Cela fait 800 ans que nous soignons les musulmans comme les juifs</em> ». Un ordre actif qui sait occuper le terrain. « <em>Dans un pays oriental, l’occupation de l’espace est importante. Pour garder les lieux saints, il faut occuper, alors nous occupons et faisons dire des messes partout où cela est possible. La liturgie est une façon de défendre les lieux saints</em> ».</span></p>
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<p><figure id="attachment_10456" aria-describedby="caption-attachment-10456" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10456" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034.jpg?resize=640%2C288&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="288" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=1024%2C461&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=300%2C135&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=768%2C346&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=1536%2C691&amp;ssl=1 1536w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?resize=2048%2C922&amp;ssl=1 2048w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/05/1716497757034-scaled.jpg?w=1920&amp;ssl=1 1920w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10456" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Une carte répertorie les possessions des différentes communautés dans le Saint-Sépulcre. ©Charles de Blondin</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Alors que le frère nous explique la façon dont les différentes communautés cohabitent dans la basilique, un prêtre arménien nous écarte pour faire passer un chariot élévateur à la sonnerie retentissante : le Saint-Sépulcre est en chantier permanent, depuis 2 000 ans à peu près. Le frère Stéphane échange des plaisanteries avec les ouvriers musulmans assis sur les pales du chariot pendant que d’autres un peu plus loin grignotent. « <em>Voyez-vous, la religion chrétienne est incarnée, on ne peut pas s’attendre à ce que ce lieu saint ne ressemble pas au pays où il est. Jérusalem est un souk : un musulman va vendre des kippas et un juif va vendre des corans. Le Saint Sépulcre, c’est la cathédrale des souks</em> » nous explique malicieusement le supérieur.</span></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Une œuvre de conservation </strong></span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Depuis huit siècles, ces gardiens de la foi, pareils à des sentinelles de l&rsquo;éternité, veillent sur un « trésor historique ». Balloté par le vent du Levant, les guerres et les intempéries, les Franciscains disposent des archives depuis leur arrivée au XIIIe siècle. Elles sont un témoignage vivant de la longue histoire de la chrétienté en ces terres saintes. Depuis les premières croisades jusqu&rsquo;aux temps modernes, ces documents renferment les récits des pèlerins, des missionnaires et des saints qui ont foulé ces terres sacrées et qui ont parfois consacré leur vie à la foi. « <em>Nous avons 800 ans d’archives, de lettres et d’échanges avec le monde et avec Rome contrairement à la France qui a beaucoup perdu à la Révolution</em> » précise le supérieur.</span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>LIRE AUSSI → <a style="color: #003446;" href="https://www.billetdefrance.fr/litterature/les-chretiens-dans-al-andalus-histoire-de-plusieurs-siecles-de-soumission/06/11/2020/">«Les chrétiens dans al-Andalus» : histoire de plusieurs siècles de soumission à l’Islam</a></strong></span></p>
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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dans cette perspective, un musée va voir le jour pour mettre en lumière cet héritage. « <em>Grâce aux catholiques latins, les juifs comme les musulmans pourront mieux connaître leur religion et leur civilisation</em> ». Il est prévu qu’il contienne deux parties : une section archéologique qui a déjà été inaugurée en 2017 et permet d’immerger les visiteurs là où Jésus est né et une section historique de plus de 1 000 m² avec 23 pièces différentes et dont la recherche de financement est toujours en cours. Cette dernière section sera en deux parties : l’histoire et la mission de la Custodie franciscaine en Terre Sainte et le trésor du Saint-Sépulcre. Dans cet Orient compliqué, le tombeau du Christ demeure un symbole d&rsquo;unité et d&rsquo;espoir : un monde d’éternité.</span></p>
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		<title>Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 15:56:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Germaine de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Madame de Staël]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution française]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10373</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/germaine-ou-la-france-vie-et-ecrits-de-madame-de-stael/29/04/2024/">Germaine ou la France : vie et écrits de Madame de Staël</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Madame de Staël fut sans aucun doute le plus grand esprit féminin de la Révolution française. Fine lectrice des Lumières, critique littéraire avertie, ennemie terrible de Bonaparte, elle influa sur un siècle entier en dévoilant à la France le sentiment allemand, forgeant ainsi un nouvel « esprit européen ».</strong></span></p>
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<p><span style="color: #000000;">Anne-Louise-Germaine Necker est née le 22 avril 1766 en l’hôtel d’Hallwyll à Paris. Issue d’une famille de protestants genevois très aisée, son père, Jacques Necker, est ministre des finances de Louis XVI de 1776 à 1781. Elle est élevée par sa mère, fille d’un pasteur calviniste, qui lui transmet les conceptions dévotes et encyclopédiques du moment, affichant ainsi une opposition frontale aux injonctions éducatives présentées par l’<em>Émile</em> de Jean-Jacques Rousseau. Le salon de Suzanne Necker est alors un haut lieu de la vie parisienne : y prennent part le naturaliste Buffon, le diplomate bavarois Friedrich Melchior Grimm ou encore le critique suisse Jean-François de La Harpe. Dès quatorze ans, Anne-Louise Necker y tient déjà un cercle et converse, brillant par son latin, son anglais et sa culture littéraire.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/numa-denis-fustel-de-coulanges-actualite-de-lhistorien-de-la-cite-antique/14/03/2024/">Numa-Denis Fustel de Coulanges : actualité de l’historien de la Cité antique</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Auréolée du prestige de son père, Anne-Louise Necker repousse les prétendants les plus prestigieux du monde protestant : l’ambassadeur de Suède Axel de Fersen, propriétaire du Royal-Suédois et correspondant secret de la reine Marie-Antoinette, le général allemand Georges-Auguste de Mecklembourg, beau-frère du roi de Grande-Bretagne George III, le colonel Louis-Marie de Narbonne-Lara, fils naturel de Louis XV ou encore William Pitt, Premier ministre britannique. En 1786, à dix-neuf ans, elle consent à épouser le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Gustave III de Suède à Versailles. Aristocrate d’origine immémoriale mais ruiné, le diplomate, âgé de dix-sept ans de plus que sa femme, profite d’une dot confortable et relève son train de vie. Anne-Louise Necker devient alors Germaine de Staël et entre dans le monde.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Paris : Amours, idées et politique</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">A l’heure où les femmes des salons font et défont les rois, Madame de Staël accueille le premier mouvement révolutionnaire avec enthousiasme. Son regard change bien vite, à mesure des atrocités que voit naître cette France nouvelle. Elle présente un plan d’évasion des Tuileries à destination de la famille royale dès 1789 et, après la mort du roi, transmet au gouvernement révolutionnaire une défense en faveur de Marie-Antoinette. Le salon de Madame de Staël ouvre dès 1795, en l’hôtel de Suède, rue du Bac. S’y présentent les principales figures de la nouvelle génération, marquée par la guerre d’Indépendance américaine. Outre la réception régulière du marquis de La Fayette, du marquis de Condorcet, du comte de Clermont-Tonnerre ou du vicomte de Noailles, l’hôte la plus courue de Paris se lie avec Mathieu de Montmorency-Laval, qui mène sa croisade contre les Lumières, vit une passion incontrôlable avec Louis de Narbonne-Lara et finance le retour d’exil de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Attachée à l’unité de l’Europe, elle publie une brochure destinée au Premier ministre britannique, <em>Réflexions sur la paix adressées à M. Pitt et aux Français</em>. Liée avec Benjamin Constant, elle anime à ses côtés l’influent Cercle constitutionnel, théâtre intellectuel au sein duquel se développe l’idée que le Fructidor du Directoire préfigure le Brumaire de Bonaparte. D’abord fascinée par le vainqueur de l’Italie, Germaine de Staël aurait quitté une entrevue outrée, lui ayant demandé « <em>Général, quelle est pour vous la première des femmes ?</em> » et s’étant vu répondre « <em>Celle qui fait le plus d&rsquo;enfants, Madame</em> ». Préoccupée du sort des droits féodaux des propriétaires suisses, elle s’emploie à empêcher la conquête des cantons par l’armée républicaine. Elle est finalement interdite de séjour parisien par Bonaparte, ce qui l’oblige à s’établir à Coppet, auprès de son père. Malgré plusieurs tentatives de retour, elle reste persécutée par la Révolution pour son attachement à la monarchie constitutionnelle, et est contrainte de se réfugier en Suisse à plusieurs reprises, au mépris du statut de diplomate de son mari.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’exil : « Un seul homme de moins et le monde serait en repos »</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Eloignée de Paris, Germaine de Staël publie en 1802 son premier roman, <em>Delphine</em>, un ouvrage anticatholique primaire, dont les considérations sur la condition féminine, en net recul depuis la fin de l’Ancienne France, constituent une charge contre le Code civil. Si cette attaque lui vaut un immense succès en Europe, elle signe aussi son éloignement. Après un voyage de plusieurs mois en Allemagne en 1804, où elle rencontre Goethe et Schiller, elle entreprend la rédaction de <em>L’Allemagne</em>, bientôt suivi, dans le même esprit, par <em>Corinne ou l’Italie</em>. Ces deux œuvres majeures constituent la découverte par la France des auteurs allemands et italiens. Si le ton romantique reste tout à fait ancré dans l’époque, la teneur des propos révèle une véritable modernité : celle de l’équilibre entre pensée classique et élans libertaires, la seule qui eut pu mettre un terme aux errements de la Révolution.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Avançant avant l’heure l’idée d’un « esprit européen », Madame de Staël pourrait être rapprochée de Tocqueville qui, dans sa <em>Démocratie</em>, présentera la nécessité d’une prise en compte des problèmes ayant provoqué la Révolution mais mettra en garde contre l’inévitable tyrannie de la majorité. Première opposante à Napoléon, qui la fera sans cesse espionner, la nommant « cette folle », elle sera reçue à Stockholm ainsi qu’à Saint-Pétersbourg. Veuve depuis 1802, elle se remarie en 1811 avec un officier genevois, Albert de Rocca, ce qui lui permet d’ouvrir à nouveau son salon, résolument tourné vers la Restauration de la maison de Bourbon et la réalisation de la monarchie constitutionnelle. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Lorsque le ministre de la Police, Savary, homme de confiance de Bonaparte responsable de la perte de Cadoudal et de la mort du duc d’Enghien, lui annonce que <em>De l’Allemagne</em> « n’est point français », Madame de Staël lui répond, en héroïne libertaire : « <em>Quelle gracieuse manière d’annoncer à une femme alors, hélas ! mère de trois enfants, à la fille d’un homme qui a servi la France avec tant de foi, qu’on la bannit, à jamais, du lieu de sa naissance, sans qu’il lui soit permis de réclamer d’aucune manière contre une peine réputée la plus cruelle après la condamnation à mort !</em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Si Germaine de Staël devint l’exemple que l’Empereur ne sut jamais considérer les femmes sans y voir autre chose que des dangers, celle-ci lui montrera toute sa supériorité en lui proposant sa plume lors de l’exil sur l’île d’Elbe. Visitant Joséphine à la Malmaison, elle tentera, à son retour à Paris, de comprendre celui qui manqua le monde. Hélas, l’exil ayant fait de l’opium le support de son génie, Madame de Staël succombe le 14 juillet 1817 d’une hémorragie cérébrale.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Inclassable Madame de Staël </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Femme de passion, Germaine de Staël déclencha toute sa vie les sentiments les plus divers. Amante effrénée des plus grands esprits de son temps, elle connut les attaques de tous les partis, des jacobins aux ultras. Huée par les Classiques, elle sera contestée par les Romantiques tardifs qu’elle a pourtant nourri. A la fin du XIXème siècle, <em>De l’Allemagne</em> lui vaut un ressentiment important, lié à la défaite &#8211; d’un Bonaparte ! – qui entraina une peine de cinquante ans envers les Provinces perdues. Les libéraux de tout temps ne lui pardonnant jamais son attachement au roi, les nationalistes n’entendant pas son européisme romantique, Madame de Staël fut, durant le siècle qui suivi sa mort, associée à la polémique.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Ses écrits purent être oubliés, sans doute plus par froid rejet que par une critique stylistique véritable, laquelle pourrait pourtant être nourrie de bien des observations sur ce romantisme des premiers temps, parfois si sentimental qu’il en devient étouffant. Plus encore que l’oubli de l’œuvre, le temps participa à l’effacement de la Femme, laquelle fut pourtant, au cœur des temps les plus troublés que connu la France, une figure à part entière, bien difficile à cerner. Fille du dernier grand ministre de la Monarchie, élevée dans l’un des salons féminins les plus courus, elle fut de toutes les cours et de tous les cercles, y tenant les premières places. Si, vivante, le monde la manqua, morte, elle le possède.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Chau Nguyen Ngoc]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Apr 2024 11:02:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Asie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Adran]]></category>
		<category><![CDATA[Annam]]></category>
		<category><![CDATA[Chau Nguyen Ngoc]]></category>
		<category><![CDATA[Cochinchine]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre Pigneaux de Behaine]]></category>
		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10342</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/04/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/">Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Pierre Pigneaux de Béhaine est un prêtre missionnaire d’Asie. Évêque d’Adran, il aurait joué un rôle de diplomate ayant aidé Nguyễn Ánh à monter sur le trône en Annam. Son rôle aurait contribué à faciliter l’arrivée de la France au milieu du XIXe siècle dans la région. Par Châu Nguyễn Ngọc </strong></span><a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a><span style="color: #000000;"><strong>.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’histoire de l’évêque d’Adran, Pierre Pigneaux de Béhaine, et son aide à Nguyễn Ánh, le futur roi Gia Long de l’Annam, est souvent racontée par les historiens français comme un conte de fée. Selon eux, c’est grâce au premier que le second a pu unifier le pays et monter sur le trône. La vérité est en réalité toute autre.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La série en 4 volumes intitulée <em>Histoire de la Mission de Cochinchine 1658-</em>1823 des Missions Étrangères de Paris à laquelle nous nous référons dans cet article, indique « Pigneaux » comme nom de l’évêque d’Adran. Cela veut dire que les livres qui parlent de « Pigneau » ne s’y réfèrent pas alors que ce sont des lettres et rapports des missionnaires à l’antenne des MEP à Macau. On peut alors douter de leur contenu et de celui des documents sur lesquels ils s’appuient.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10343" aria-describedby="caption-attachment-10343" style="width: 1002px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10343 size-full" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=640%2C164&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="164" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?w=1002&amp;ssl=1 1002w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=300%2C77&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-1-.jpg?resize=768%2C196&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10343" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les rapports de Monseigneur Pigneaux avec le général de Conway</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>La rencontre</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Phước Ánh, encore appelé Nguyễn Ánh (1762-1820) était le dernier descendant des seigneurs Nguyễn qui, depuis 1558, se transmettaient le pouvoir dans le Viêt Nam du sud alors que les seigneurs Trịnh faisaient de même au nord, au nom des empereurs Lê.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La révolte en 1771 des trois Frères Tây Sơn, du nom de leur village d’origine, mit l&rsquo;aîné, Nguyễn Nhạc, sur le trône (1778-1788) avant qu&rsquo;il ne le cédât à son frère Nguyễn Huệ (1788-1792). Ce dernier unifia le pays en battant, au nord, le seigneur Trịnh et les Chinois venus au secours de l&#8217;empereur Lê Chiêu Thống et, au sud, les Siamois appelés à sa rescousse par Nguyễn Ánh. Cela obligea Nguyễn Ánh à se réfugier au Siam (1785-1787). Ce fut à Long Kỳ, près de Bangkok, que celui-ci fit construire des bateaux de guerre et recruter des hommes pour préparer son retour au Việt Nam.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/chine-le-triple-demisme-de-sun-yat-sen/19/02/2024/">Chine : le triple démisme de Sun Yat-Sen</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Dans sa fuite, Nguyễn Ánh rencontra Pierre Pigneaux de Béhaine (1741-1799), l’évêque d’Adran, un missionnaire des MEP (Missions Étrangères de Paris), à nom vietnamisé <em>Bá Đa Lộc. </em>Celui-ci lui proposa de faire appel à l’aide du roi de France au lieu d’accepter celle des Portugais, des Anglais et des Hollandais qui le sollicitaient. L’évêque alla en France en 1784 avec le prince Cảnh, le fils aîné de Nguyễn Ánh, alors âgé de quatre ans pour négocier.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>L’aide de la France</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le 28 novembre 1787, un traité – appelé Traité de Versailles de 1787 – fut signé par Pigneaux de Béhaine et le ministre des Affaires Étrangères, le comte de Montmorin, représentant respectivement Nguyễn Ánh et Louis XVI. Soutenu par le cardinal Loménie de Brienne, l’archevêque de Narbonne Dillon et l’abbé Vermont (lecteur de la reine), qui y voyaient « <em>un grand avantage politique et commercial</em> »</span><a href="#_ftn2" name="_ftnref1">[2]</a><span style="color: #000000;">, ce traité accordait à la France l’île déserte de Hội Nam située dans la baie de Tourane (Đà Nẵng) &#8211; et non la ville de Tourane comme on le voit dans de nombreux livres d’historiens français &#8211; l’île Poulo Condor (Côn Sơn), et le commerce exclusif avec la Cochinchine, le tout contre l’aide française pour l’accession de Nguyễn Ánh au trône.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10345" aria-describedby="caption-attachment-10345" style="width: 1155px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10345" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=640%2C44&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="44" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?w=1155&amp;ssl=1 1155w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=300%2C21&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=1024%2C70&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-2-.jpg?resize=768%2C53&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10345" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Les îles du Traité de Versailles de 1787</span></figcaption></figure></p>
<p><figure id="attachment_10346" aria-describedby="caption-attachment-10346" style="width: 1167px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10346" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=640%2C140&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="140" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?w=1167&amp;ssl=1 1167w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=300%2C66&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=1024%2C225&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-3-.jpg?resize=768%2C168&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10346" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Discussions autour du Traité de Versailles de 1787</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Une première annexe donnait le détail des troupes et des navires promis par la France : quatre frégates avec une force de 1 400 hommes, 250 cafres et une artillerie de campagne. Une deuxième expliquait que Nguyễn Ánh supporterait les frais des fortifications que les Français feraient construire.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Un mois après la signature du traité, le 27 décembre 1787, Pigneaux de Béhaine et sa suite s’embarquèrent sur la frégate <em>La Dryade</em>, escortée par le bateau <em>La Méduse</em>. Deux barges avec six mois de provisions et 200 000 piastres devaient les rejoindre plus tard, et deux autres frégates, <em>L’Astrée</em> et <em>Le Calypso</em> déjà en service en Inde, devaient compléter la flotte.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour l’histoire, le comte Conway, commandant des forces françaises en Inde et gouverneur de Pondichéry, qui reçut le pouvoir de décider de l&rsquo;expédition suivant la tournure des événements, s’opposa à l&rsquo;envoi de la flotte au Việt Nam </span><a href="#_ftn3" name="_ftnref1">[3]</a>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/de-lukraine-a-taiwan-quels-enseignements-pour-la-france/04/06/2023/">De l’Ukraine à Taïwan, quels enseignements pour la France ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pour beaucoup d’historiens français, Pigneaux de Béhaine se serait substitué à la France en collectant lui-même de l’argent pour financer l’achat d’armes, de munitions et des vaisseaux dont le <em>Méduse</em>, et en recrutant des mercenaires français, dont de nombreux soldats et officiers de la marine en poste sur <em>La Mésuse</em> et <em>La Dryade</em>, pour l’armée de Nguyễn Ánh.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Par ses conseils techniques et tactiques, Olivier de Puymanel aurait aidé Pigneaux de Béhaine à construire des fortifications à la Vauban et une armée moderne : une unité d&rsquo;artillerie, des unités de génie, une unité d&rsquo;aérostiers avec un ballon, une cavalerie de 24 escadrons de soldats chevauchant des buffles, plusieurs milliers d’éléphants dirigés chacun par quatre cornacs, et une flotte composée de 1 200 embarcations, dont les trois bateaux cuirassés commandés par les trois ex-capitaines de vaisseau Philippe Vannier, Jean-Baptiste Chaigneau et Jean-Marie Dayot. Nguyễn Ánh aurait ainsi battu les Tây Sơn et unifié le pays grâce à Pigneaux de Béhaine, ses armes, ses vaisseaux et ses mercenaires. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Les deux fondateurs de l’Annam</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">La journaliste Thụy Khuê </span><a href="#_ftn4" name="_ftnref2">[4]</a><span style="color: #000000;"> écrit dans son</span> <a href="http://thuykhue.free.fr/stt/g/GiaLong-1.html">article</a> <span style="color: #000000;">qui se réfère à l’ouvrage <em>Monseigneur Pigneaux de Béhaine évêque d’Adran</em> d’Alexis Faure (1891), considéré comme un livre exemplaire pour les historiens, que Pierre Pigneaux de Béhaine est célébré comme le « fondateur du pays à côté de Gia Long ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Elle a fait aussi savoir que « <em>ce que, au début du XIXe siècle, ont laissé Bissachère et Sainte-Croix, les deux premiers Français venus au Viet Nam écrire des mémoires, est basé sur de la diffamation de l’histoire du pays. Leurs livres sans les deux chercheurs Cadière (auteur de nombreux articles dans le « Đô thành Hiếu Cổ » (Bulletin des Vieux Amis de Huế) et Maybon (auteur de “Histoire moderne du pays d’Annam (1920ˮ) qui les ont copiés et en ont fait des vérités historiques, seraient tombés dans l&rsquo;oubli comme d&rsquo;autres mauvais livres </em>».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/chroniques-libres/histoire-du-japon-des-origines-a-nos-jours-lempire-du-soleil-raconte-par-gerard-siary/23/10/2020/">«Histoire du Japon, des origines à nos jours» : l’empire du soleil raconté par Gérard Siary</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Thụy Khuê explique : « <em>La série de livres Histoire de la Mission de Cochinchine 1658-1823 qui est composée de 4 volumes consignant des lettres (rassemblées par le prêtre Adrien Launay) de missionnaires venus évangéliser notre pays (et un peu au Cambodge et au Laos) qui, pendant deux siècles, les adressaient à leurs supérieurs à Macao, une branche de la Société missionnaire de Rome</em> » dit la vérité sur ce qui s&rsquo;est passé.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">« <em>Les lettres [de Bá Đa Lộc c’est-à-dire Pierre Pigneaux de Béhaine), m&rsquo;ont ouvert un nouvel horizon, une vérité textuelle par rapport à ce qui a été écrit avant sur Bá Đa Lộc. Ce que j&rsquo;ai lu est complètement contraire à ce que Bá Đa Lộc a écrit dans ses rapports à ses supérieurs à Macao et à Rome dans cette série […] Par exemple, il fait savoir qu’il était rentré en Cochinchine par bateau avec le prince Canh les mains vides, sans aucune arme, pour aider le roi. Par la suite il n’avait pas pu amener au Việt Nam ni navires ni armes pour aider le roi Gia Long, alors encore Nguyễn Ánh. Il décrivait ses difficultés à la Cour, l’opposition des reines, mère, épouse, roi, parce que le prince refusait de pratiquer le culte de ses ancêtres, qu&rsquo;il appelait “l&rsquo;adoration des cadavres »… Il devait faire face à des difficultés avec les mandarins de la Cour qui conseillaient le roi de ne pas laisser le prince l’approcher. Bá Da Lộc avait l&rsquo;intention de partir, et se préparait vraiment à fuir secrètement lorsque le roi Quang Trung était sur le point d&rsquo;attaquer le Sud.</em> ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10347" aria-describedby="caption-attachment-10347" style="width: 470px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10347" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?resize=470%2C736&#038;ssl=1" alt="" width="470" height="736" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?w=470&amp;ssl=1 470w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-4-.jpg?resize=192%2C300&amp;ssl=1 192w" sizes="auto, (max-width: 470px) 100vw, 470px" /><figcaption id="caption-attachment-10347" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Histoire de la Mission de Cochinchine (1688−1823), Adrien Launay</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Pigneaux de Béhaine raconte son retour au pays au Cap saint Jacques les mains vides le 24 juillet 1789 après le voyage en France avec le prince Cảnh comme suit :</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10348" aria-describedby="caption-attachment-10348" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-10348" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=640%2C119&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="119" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=1024%2C191&amp;ssl=1 1024w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=300%2C56&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?resize=768%2C143&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-5-.jpg?w=1063&amp;ssl=1 1063w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10348" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Retour de Pigneaux de Béhaine au Cap Saint-Jacques en 1789.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Vers le mois de mars 1789, Pierre Pigneaux de Béhaine et le Comte Conway avaient déjà été informés que Nguyễn Ánh avait repris « <em>5 provinces méridionales » (Sài Gòn, Mỹ Tho, Đồng Nai, Long Hổ et une cinquième ville qui avait toujours obéi à ce prince)</em> » avec ses forces militaires renouvelées. Il était « <em>en état de lever une armée de 60 à 80 000 hommes et, selon les nouvelles, il aura au mois de mai prochain 50 galères, 2 vaisseaux et 4 à 5 cents bateaux de guerre</em> »).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10349" aria-describedby="caption-attachment-10349" style="width: 1017px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10349" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=640%2C259&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="259" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?w=1017&amp;ssl=1 1017w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=300%2C122&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/04/Extrait-6-.jpg?resize=768%2C311&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-10349" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Echanges de Monseigneur Pigneaux à Monsieur de Conway.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Ánh, avec son armée renforcée par le petit groupe de mercenaires français qui étaient venus se joindre à lui sur appel de Pigneaux de Béhaine, mit 12 ans à combattre l&rsquo;armée des Tây Sơn affaiblie par la mort de ses dirigeants. Nguyễn Ánh monta sur le trône en 1802 sous le nom de Gia Long.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/georges-ganier-dabin-un-enfant-de-montmartre-devenu-chef-des-armees-du-roi-du-siam/18/03/2023/">Georges Ganier d’Abin : un enfant de Montmartre devenu chef des armées du roi du Siam</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Les principaux mercenaires français qui avaient aidé Gia Long, devinrent mandarins, étaient exemptés des cinq prosternations rituelles (à la place, ils inclinaient cinq fois la tête), et avaient chacun à sa disposition cinquante gardes personnels. Ils restaient cependant écartés de toute responsabilité dans le gouvernement du pays et étaient seulement des conseillers personnels de l&#8217;empereur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un soutien fidèle</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Pierre Pigneaux de Béhaine, jusqu&rsquo;à sa mort en 1799 de dysenterie, resta à côté de Nguyễn Ánh et fut pour celui-ci un soutien, un ami et un conseiller, sans toutefois parvenir à le convertir.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La note biographique aux MEP de Pigneaux de Béhaine indique qu’« <em><span style="color: #000000;">il avait espéré conquérir Nguyễn Ánh à l&rsquo;Église catholique et au vrai Dieu, et, par lui, tout le royaume annamite. Ce ne fut qu&rsquo;un rêve. Le fondateur de la dynastie des Nguyễn ne devait pas renouveler dans cette partie de l&rsquo;Extrême-Orient le rôle de Constantin en notre Occident </span></em></span><a href="#_ftn5" name="_ftnref1">[5]</a><span style="color: #000000;"><em> <span style="color: #000000;">!</span></em> ».</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Nguyễn Ánh montra sa loyauté (<em>nghĩa,</em> l’une des cinq vertus confucéennes) et sa reconnaissance à Pigneaux de Béhaine en lui construisant, à sa mort un beau mausolée (<em>Lăng Cha Cảf </em></span><a href="#_ftn6" name="_ftnref2">[6]</a><span style="color: #000000;"><em>, </em>Mausolée du Père supérieur) à Saïgon<em>.</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/portrait-du-mois/jules-brunet-portrait-du-veritable-dernier-samourai-francais/12/11/2020/">Jules Brunet : le véritable «dernier Samouraï» français</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Durant son règne, les chrétiens vécurent en paix et le christianisme se développa, avec une domination des missionnaires espagnols au Nord et français au Centre et au Sud. Plusieurs mandarins se convertirent sans aucun problème, et des messes étaient régulièrement célébrées au palais le dimanche et les jours de fête. L&#8217;empereur y assista de temps en temps en curieux.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">À sa mort en 1820, il y avait six évêques européens dans le pays, 300 000 chrétiens au nord et 60 000 au sud et au centre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn1"></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> <span style="color: #000000;">Châu </span><span style="color: #000000;">Nguyễn Ngọc est l&rsquo;auteur de « <em>Viet Nam- Histoire politique de deux guerres- Guerre d’Indépendance (1858-1954) et Guerre Idéologique (1945-1975)</em> » préfacé par l’historien Pierre Brocheux et paru en 2019, dont est tiré cet article.</span></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn1">[2]</a> <span style="color: #000000;"><a href="http://archives.mepasie.org/fr/notices/notices-biographiques/pigneau-de-ba-c-haine.">Archives</a> des MEP</span></p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn1">[3]</a><em> <span style="color: #000000;">A Prince, a Missionnary and three revolutions </span></em><span style="color: #000000;">(Un prince, un missionnaire et trois révolutions) de Hien V. Ho, 2008. Dans une lettre au journal <em>Đông Pháp</em> en 1928, Huỳnh Ích Lợi, qui se réfère à l’<em>Histoire générale</em> de E. Lavisan, qui citait l&rsquo;historien anglais John Barrow, Pigneaux de Béhaine « <em>avait oublié de </em><em>venir voir la maîtresse</em> <em>du Comte Conway</em> [Madame de Vienne] <em>lorsqu&rsquo;il visita les épouses des autorités locales à son arrivée </em>».</span></p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn2">[4]</a> <span style="color: #000000;">Thụy Khuê, dont le vrai nom est Vũ Thị Tuệ, est une journaliste, chercheuse et critique d’œuvres littéraires et historiques qui vit à Paris. Elle collabora à RFI (Radio France International) de 1990 à 2009.</span></p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn1">[5]</a> <span style="color: #000000;">L&#8217;empereur Constantin (280-337) légalisa en 313 le christianisme dans son empire romain par l&rsquo;édit de Milan, appelé édit de tolérance, pour rallier les chrétiens. Il se fit baptiser finalement sur son lit de mort.</span></p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn2">[6]</a> <span style="color: #000000;">En 1983, ce mausolée fut détruit par les autorités vietnamiennes et les restes de Pigneaux de Béhaine rapatriés en France.</span></p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-pigneaux-de-behaine-leveque-dadran-au-service-de-nguyen-anh-a-annam/28/04/2024/">Pierre Pigneaux de Béhaine : l’évêque d’Adran au service de Nguyễn Ánh en Annam</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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		<title>Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 08:50:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Dachau]]></category>
		<category><![CDATA[Pierre de Porcaro]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=10073</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 28/02/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-de-porcaro-une-resistance-sacerdotale-aux-camps-de-la-mort/28/02/2024/">Pierre de Porcaro : une résistance sacerdotale aux camps de la mort</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Pierre de Porcaro est l’un des cinquante prêtres et séminaristes déportés à Dachau à cause de leur action clandestine au sein des usines du STO. Ouvrier le jour, prêtre la nuit, il y meurt le 12 mars 1945 du typhus, laissant derrière lui un seul exemple : la sainteté.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né le 10 aout 1904 à Dinan, dans les Côtes-du-Nord, Pierre de Porcaro est le fils d’un officier « mort pour la France » en 1916. Il entre, en septembre 1917, au petit séminaire Notre Dame du Grandchamp à Versailles, puis au grand séminaire de Versailles en octobre 1923. Lors de sa retraite d’ordination, en 1929, Pierre de Porcaro écrit : « Il faut que je devienne un saint. C’est le seul moyen de m’assurer plus tard un ministère fécond. Je crois pouvoir le dire en toute sincérité : j’ai soif des âmes ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès son ordination, Pierre de Porcaro est nommé professeur au Petit Séminaire de Versailles, où il cumule les fonctions de maître de chapelle et professeur d’histoire. Mélomane et musicien, il maîtrise tout le répertoire sacré et enregistre les cantiques chantés par ses séminaristes sous sa direction. Il développe le théâtre et, préoccupé par la crise des vocations, s’investit pour la jeunesse, donnant plus de deux cent conférences pour près de trente mille adolescents. Nommé vicaire de Saint-Germain-en-Laye en 1935, il est préposé à la jeunesse et y reprend la Passion, qu’il joue devant des foules de spectateurs.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Un prêtre dans la « drôle de guerre »</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 3 septembre 1939, à dix-sept heures, la France entre en guerre. Pierre de Porcaro rejoint son unité, le 15ème bataillon du génie de la VIIIème Armée, chargé de compléter la ligne Maginot près d’Altkirch. Comme ses frères Yves et André, il apprend sur le front la mort dans un accident d’avion de son ainé Jean. Dans cette drôle de guerre et jusqu’à l’armistice du 17 juin 1940, la jeunesse européenne assiste à l’agonie du vieux monde des années trente et, dans sa grande majorité, reste spectatrice médusée. A Pâques, aucun homme ne communie auprès du père de Porcaro : tout, même la foi, semble suspendu, attendant sa fin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-lherminier-un-officier-de-marine-qui-refusa-le-sabordage-de-la-flotte-en-1942/31/03/2022/">Jean l’Herminier : un officier de marine qui refusa le sabordage de la flotte en 1942</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fait prisonnier le 23 juin, Pierre de Porcaro s’évade et rejoint librement une colonne de prisonniers marchant vers Colmar. Trente prêtres français célèbrent la messe pour huit mille prisonniers au sein de l’Empire allemand. Malgré des espoirs chimériques de libération, les soldats sont déplacés, toujours plus à l’est. Strasbourg puis Stuttgart, où le train les emmène au stalag V-A. Le 3 septembre, sélectionné avec les soldats bretons, Pierre de Porcaro est désinfecté puis transféré au stalag IX B. Révolté, il prend, le jour de la Toussaint, la ferme résolution d’achever son ministère : il développe un cercle liturgique, célèbre la messe quotidiennement et poursuit la formation des séminaristes qui l’accompagnent. Libéré le 25 juillet 1941, il rentre à Saint-Germain-en-Laye et lance les fondations d’œuvres en faveur des femmes de prisonniers.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Aumônier clandestin volontaire pour le STO</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le 16 avril 1943, une lettre de Monseigneur Rolland-Gosselin demande à Pierre de Porcaro de repartir clandestinement en Allemagne comme ouvrier-aumônier du Service du Travail Obligatoire (STO). Sans même rencontrer son évêque, le vicaire de Saint-Germain-en-Laye a déjà dit oui. Il écrit « Oui mon Dieu, j’accepte avec toute la volonté possible, tout, y compris d’en mourir, de mourir sur une terre étrangère, loin de tout, loin de tous ». Sa mère, déjà affectée par la perte de l’un de ses fils et par la captivité des deux autres, accepte avec une grande dignité le départ de Pierre, écrivant « nous pouvons être fiers de lui, il est le digne fils de son père ». Après un mois de visites auprès de sa famille, Pierre de Porcaro rédige son testament.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a></span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Arrivé le 15 mai 1943 à Dresde, il accompli sa mission d’infiltration du STO et exerce son apostolat auprès des ouvriers français au sein d’une usine de carton. Rapatrié en France à la suite d’un accident du travail, il apprend depuis Saint-Germain-en-Laye les arrestations des responsables des Jeunesses ouvrières chrétiennes du STO dues au décret Kaltenbrunner du 3 décembre 1943. Se sachant dénoncé par un ouvrier, il repart, conscient des risques qu’il encourt. Interdisant à son frère de donner le nom de son Judas, il est arrêté le 11 septembre 1944 puis est déporté au camp de concentration de Dachau. Dans sa dernière lettre envoyée avant de mourir, il écrit « Quoiqu’il arrive, tout se passera dans l’amour ». Malade et épuisé, il exerce son ministère et meurt du typhus le 12 mars 1945. Il avait quarante ans.Durant la durée de la guerre, 2 720 prêtres, religieux et séminaristes sont déportés à Dachau et occupent ce que l’Histoire retient comme « les baraques à prêtres ». 1 034 d’entre eux y laisseront leur vie, faisant de Dachau le plus grand cimetière de prêtres catholiques au monde.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Appel à la sainteté</span></h3>
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 1988 est ouverte une cause collective de béatification à l’intention des cinquante victimes françaises de la persécution nazie lancée en septembre 1943 en application de la décision de rechercher et emprisonner tout prêtre, séminariste ou scout exerçant un apostolat au sein du STO. Pierre de Porcaro étant déclaré martyr de l’Église catholique, une preuve miraculeuse n’est pas exigée. Dans son hommage funèbre, le père Edmond Cleton de Lille y décrit l’abbé de Porcaro comme « l’un des plus capables ; le plus gai, le plus serein d’entre nous. Il rejoignit le père Dillard libéré le premier de Dachau. Tous deux volontaires des galères, témoins du Christ au milieu des exilés, aimés de tous. Ils nous laissent dans la tristesse humaine, mais dans l’espoir du ciel ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_10076" aria-describedby="caption-attachment-10076" style="width: 202px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-10076 size-medium" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="202" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?resize=202%2C300&amp;ssl=1 202w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/02/71f6hwg4xkL._AC_UF10001000_QL80_.jpg?w=672&amp;ssl=1 672w" sizes="auto, (max-width: 202px) 100vw, 202px" /><figcaption id="caption-attachment-10076" class="wp-caption-text"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Guillaume Zeller, <a href="https://www.tallandier.com/livre/la-baraque-des-pretres/">La baraque des prêtres. Dachau, 1938-1945</a>. Le récit de la vie quotidienne des 2 720 religieux ayant été emprisonnés dans le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jan 2024 21:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Eugène Sue]]></category>
		<category><![CDATA[Le Juif errant]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mystères de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 30/01/2024</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/eugene-sue-un-romancier-pour-les-parisiens/30/01/2024/">Eugène Sue : un romancier pour les Parisiens</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Chirurgien de Marine devenu dandy, Eugène Sue inaugure sous la monarchie de Juillet le genre du roman social au travers d’une fresque monumentale, Les Mystères de Paris. Bourgeois converti au socialisme, il laissera une empreinte littéraire indélébile, Théophile Gautier allant jusqu’à prétendre que « des malades ont attendu pour mourir la fin » d’une œuvre qui constitue d’abord le Mystère d’un homme.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Né le 26 janvier 1804 et mort le 3 août 1857, Marie-Joseph Sue accompagne le Bonaparte du sacre et s’éteint alors que celui du coup d’État déroule à la face du monde la grandeur du Second Empire. Il est le fils de Jean-Joseph Sue (1760-1830), chirurgien de la Garde impériale fait chevalier d’Empire et devenu médecin personnel de Joséphine de Beauharnais, de Joseph Fouché puis de Louis XVIII. Grand serviteur de la dynastie qui ouvre le siècle, Jean-Joseph Sue offre à son fils, grâce à un poste de médecin chef de la maison militaire du roi, les plus belles relations qui puissent être nouées en 1815. Déjà filleul de Joséphine et d’Eugène de Beauharnais, Marie-Joseph Sue entre au lycée Condorcet, où il développe son impertinence. Quittant cet environnement qui l’ennuie en 1821, il est placé par son père comme stagiaire de la Maison militaire du roi, qui l’envoie en 1823 aux hôpitaux de Bayonne. Aux portes de l’Espagne, il soigne les blessés de Trocadéro puis est affecté à Cadix. Le soleil andalou lui inspire une première œuvre, théâtrale, qui sera jouée devant les notables de la ville en l’honneur du sacre de Charles X.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9938" aria-describedby="caption-attachment-9938" style="width: 345px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9938 " src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=345%2C459&#038;ssl=1" alt="" width="345" height="459" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?w=612&amp;ssl=1 612w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/Jean-Joseph_Sue_1760%E2%80%931830_and_his_child.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w" sizes="auto, (max-width: 345px) 100vw, 345px" /><figcaption id="caption-attachment-9938" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Portrait de Jean-Joseph Sue, chirurgien en chef de la garde impériale et de son fils, à qui il se dispose à donner une leçon de botanique, portrait présenté par Adèle Romany au Salon de 1810. Une plongée au sein de la haute société bourgeoise de l’Empire.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Démissionnaire en 1825, il rentre à Paris et tente de noyer sa passion littéraire dans les journaux <em>La</em> <em>Nouveauté</em> et <em>Le</em> <em>Kaléidoscope</em>, où paraissent de premiers textes. Moins d’un an plus tard, il répond à l’appel des combats navals et s’embarque en tant que chirurgien, d’abord vers le Pacifique puis en parcourant les mers, des Antilles à la Méditerranée. Témoin en 1827 de la destruction de la flotte ottomane lors de la bataille de Navarin, dernière bataille navale de la marine à voile, il s’éprend en 1828 d’une femme antillaise qui le soigne de la fièvre jaune. Familier du bleu des flots, des clartés d’âmes comme des rougeurs du sang, le jeune officier quitte le service actif après cinq années de course vers le destin.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">A vingt-six ans, en 1830, il devient Eugène Sue, héritier de la superbe fortune familiale. Dandy couru par le Tout-Paris, « le Beau-Sue » noue une solide amitié avec le peintre de marine Théodore Gudin (1802-1880), déjà influencé par l’école anglaise. Alors que la France succombe au séjour parisien de Fenimore Cooper (1789-1851), auteur de The Red Rover et de The Water Witch, Sue obtient ses premiers succès en plongeant dans sa mémoire guerrière, d’où émergent successivement, entre 1830 et 1832 Kernok le pirate, El Gitano, Atar-Gull et La Salamandre. Membre dès 1834 du Jockey Club, il érige le snob en profession et dilapide son patrimoine en sept ans. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Encouragé par les critiques enthousiastes de Balzac et des lecteurs de La Mode, remarquant son pouvoir satirique, Eugène Sue décide de faire du métier d’écrivain sa passerelle vers la gloire. Le critique littéraire Sainte-Beuve (1804-1869) souligne le choix maritime de Sue en déclarant que celui-ci avait, pour l’éternité, « l&rsquo;honneur d&rsquo;avoir risqué le premier roman français en plein Océan, d&rsquo;avoir le premier découvert notre Méditerranée en Littérature ! ». La plume d’Eugène Sue se veut acérée, révélatrice des mœurs les plus basses comme sublimant l’ordinaire des gens de bien. Hélas, après une décennie de succès, il ne parvient pas à accrocher au roman historique et connaît un échec monumental avec une <em>Histoire de la Marine</em> en cinq volumes, parus de 1835 à 1837.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">La plume qui perça <em>Les Mystères de Paris</em></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Rarement, et sans doute jamais, une œuvre littéraire ne fit trembler quotidiennement une société. Même les gens qui ne savaient pas lire, dira Théophile Gautier (1811-1872), trouvaient le moyen de connaître des aventures du distingué grand-duc Rodolphe, travesti en ouvrier redresseur de torts. Publiés de juin 1842 à octobre 1843 au sein du Journal des débats, l’un des principaux organes libéraux de la monarchie de Juillet, <em>Les Mystères de Paris</em> paraissent en feuilleton et inaugurent le genre du roman social, s’intéressant aux classes laborieuses. D’abord presque gêné de sa propre conversion aux histoires populaires, Eugène Sue est rapidement dépassé par son œuvre, qui entraine son héros, aux côtés du Chourineur, bagnard à la violence repentie, et d’une myriade de personnages aux vices aléatoirement corrigés ou multipliés, au beau milieu du plus grand théâtre du XIXème siècle : les rues de Paris. Premier roman-feuilleton à grand succès, <em>Les Mystères de Paris</em> constituent un exercice littéraire repris dans l’Europe entière et que Dumas auréolera au travers du <em>Comte de Monte-Cristo</em> (<em>Le Journal des débats</em>, 1844-1846) et des <em>Trois Mousquetaires</em> (<em>Le Siècl</em>e, 1844).</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-geramb-un-general-et-moine-trappiste/12/04/2023/">Ferdinand de Géramb : un général et moine trappiste</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Avec <em>Les Mystères de Paris</em>, Eugène Sue décrit une crèche laïque, vivante d’aspirations, dépassant maintes fois le manichéisme attendu en laissant libre cours à l’émotion. Balançant sa plume entre représentations et imaginaires bourgeois et restitution des malheurs et aspirations du petit peuple parisien, l’auteur réalise son propre fantasme de dandy confronté au réel, un non-sens apparent qui reflète une lente conversion au socialisme. Adulé par ses lecteurs, Eugène Sue se hisse en 1843 au sommet de la gloire : il est assimilé à son héros, auquel sont adressées chaque jour des lettres implorant bonnes œuvres et déroulant sollicitations, pour lesquelles l’auteur se ruine.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9939" aria-describedby="caption-attachment-9939" style="width: 336px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-9939" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=336%2C508&#038;ssl=1" alt="" width="336" height="508" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=677%2C1024&amp;ssl=1 677w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?resize=198%2C300&amp;ssl=1 198w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/RodolpheMysteriesParis.jpg?w=695&amp;ssl=1 695w" sizes="auto, (max-width: 336px) 100vw, 336px" /><figcaption id="caption-attachment-9939" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Le Prince Rodolphe, héros des <em>Mystères de Paris</em>, dessiné par Pierre-Gustave Staal (1817-1882) en 1850. On notera que le dessinateur s’emploie à opposer le mouvement du corps et du vêtement : représenté dans une pose aristocratique, il arbore un visage aux traits des plus fins, ce qui contraste avec son habit typique d’ouvrier parisien. Il est la figure du prince immergé dans l’univers fantasmagorique des bas-fonds.</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="color: #000000;">Un créateur de héros populaires devenu porte-parole du petit peuple</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Plus que le brillant peintre d’une époque, Eugène Sue décide d’en devenir le critique. Devenu le héraut mythique du peuple de la rue, il est élu député de la Seine le 28 avril 1850, se déclarant républicain et socialiste. La légende atteint son paroxysme : Paris raconte que, lors de la rédaction des <em>Mystères de Paris</em>, Sue, manquant un jour à ses obligations de membre de la Garde nationale, fut emprisonné et dut son salut au maréchal Jean-de-Dieu Soult, Président du Conseil sous Louis-Philippe Ier, qui refusait que le feuilleton se trouve interrompu. La méthode d’Eugène Sue est la clé de compréhension de l’œuvre.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/david-de-mayrena-un-aventurier-francais-devenu-roi-des-sedangs/24/01/2023/">David de Mayrena : un aventurier français devenu «roi des Sédangs»</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;"> S’appuyant, outre l’observation, sur les enquêtes du médecin Alexandre Parent du Châtelet (1790-1836), qui, préfigurant la sociologie empirique, publie en 1836 une monumentale étude hygiéniste intitulée <em>De la prostitution dans la ville de Paris</em>, Eugène Sue plonge au cœur des problématiques du siècle. Avec l’utilisation Tableau de l&rsquo;état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie du médecin Louis René Villermé, paru en 1840, il contribue à faire éclater les scandales du monde aux yeux du grand public. C’est cette connaissance scientifique, profonde et millimétrée des difficultés des habitants du Paris encore médiéval de l’île de la Cité qui fonde la popularité des <em>Mystères de Paris</em>. </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le deuxième grand succès de l’auteur, <em>Le Juif errant</em> (<em>Le Constitutionnel</em>, 1844-1845) vérifie le poids du roman-fleuve, s’immisçant au milieu du débat sur l’enseignement secondaire et suscitant une réprobation populaire pour les méthodes jésuites. Le genre du roman social parisien se trouve ainsi bouleversé, surpassant ses premiers entrepreneurs, Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) et son <em>Tableau de Paris</em> ou Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734-1806) et ses <em>Nuits de Paris</em>. Vingt après Eugène Sue, sous la plume de Victor Hugo, le personnage de Fleur-de-Marie deviendra celui de Cosette dans <em>Les Misérables</em>.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Refusant l’orientation anti-libérale du régime, Eugène Sue s’engouffre en 1849 dans un nouveau feuilleton, <em>Les Mystères du peuple</em>, dont l’exergue est « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection ». Censurés par le gouvernement du prince-président, mis à l’Index de Rome, condamnés par les évêques de France, les feuillets de cette nouvelle fresque sont traqués par la police et leur publication réduite à de discrets envois postaux. Eugène Sue fuit le coup d’État du 2 décembre 1851 et s’installe au sein des libéraux États de Savoie.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">S’il entretiendra une certaine réserve, tentant encore une dizaine d’œuvres, romans sociaux ou ouvrages historiques teintés de révolte politique, Eugène Sue ne parvient jamais à emprunter le chemin que dessine, à coup de modernité galopante, l’empereur Napoléon III. Une fois l’œuvre des <em>Mystères du peuple</em> achevée, en 1857, 60 000 exemplaires sont saisis et détruits. L’imprimeur et l’éditeur sont condamnés à la suite du réquisitoire terrible du procureur Pinard (1822-1909), déjà tombeur de <em>Madame Bovary</em> et des <em>Fleurs du Mal</em>. Eugène Sue, sous le choc, se laisse mourir : il a cinquante-trois ans. Sa seule consolation, posthume, sera celle d’avoir provoqué un rassemblement sans précédent à Annecy lors de ses obsèques, pourtant célébrées à six heures du matin afin de prévenir tous troubles. Inhumé civilement, « en libre-penseur », Eugène Sue fut l’une des clés du Mystère français.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9953" aria-describedby="caption-attachment-9953" style="width: 351px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9953" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=351%2C576&#038;ssl=1" alt="" width="351" height="576" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?w=351&amp;ssl=1 351w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2024/01/9782264082985ORI.jpg?resize=183%2C300&amp;ssl=1 183w" sizes="auto, (max-width: 351px) 100vw, 351px" /><figcaption id="caption-attachment-9953" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;"><em>Les Mystères de Paris</em> d’Eugène Sue sont réédités pour la première fois au format poche en 2023 aux éditions 10/18. Plus de 2 000 pages découpées en quatre volumes, vendus moins de dix euros.</span></figcaption></figure></p>
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		<title>«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Dec 2023 22:48:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Idées de sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Cluny]]></category>
		<category><![CDATA[Cristal]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Musée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 21/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/voyage-dans-le-cristal-une-exposition-au-musee-de-cluny/21/12/2023/">«Voyage dans le cristal» : une exposition au musée de Cluny</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Le cristal de roche s’est imposé à travers les siècles tant comme un objet de science que comme un matériau d’art. Utilisé par toutes les civilisations, privilège des pouvoirs spirituels et temporels, muse de nombreux artistes, ce quartz transporte, transforme, trompe, conquiert et défait l’Homme depuis toujours.</strong></span></p>
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<p><span style="color: #000000;">« Vite, vite, ami, partons pour les féeriques régions du cristal ». Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024, le musée de Cluny, musée national du Moyen Âge, propose une exposition intitulée « Voyage dans le cristal », en collaboration avec le musée du Louvre et avec le soutien de l’Ecole des Arts Joailliers. Les deux commissaires d’exposition, Isabelle Bardiès-Fronty, conservateur général du patrimoine au musée et Stéphane Pennec, archéologue et conservateur-restaurateur réussissent à cette occasion leur pari : celui de nous faire voyager, tant au travers du temps que de la matière.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Ainsi intitulée d’après le roman fantastique de Georges Sand Laura, sous-titré « Voyage dans le cristal » et paru en 1864, l’exposition est d’abord un hommage à l’évasion que procure la minéralogie. Georges Sand, que le musée de Cluny encense déjà pour la découverte en 1841 des tapisseries de <em>La Dame à la Licorne</em>, avait conduit Walter, le héros de Laura vers l’hypnotique et mythifié monde des Esquimaux. Elle est à nouveau le passeur des néophytes pour ce si surprenant monde minéralogique : « Regarde donc où je t’ai conduit et reconnais que j’ai ouvert tes yeux à la lumière du ciel ». Fascinant pour sa transparence et sa capacité à diffracter la lumière, nous offrant mille et une compositions, le cristal est tant un objet de science que d’art. Il a pourtant longtemps été l’objet d’interrogations.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9826" aria-describedby="caption-attachment-9826" style="width: 315px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9826" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=315%2C236&#038;ssl=1" alt="" width="315" height="236" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?w=315&amp;ssl=1 315w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/s315-679c9b.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 315px) 100vw, 315px" /><figcaption id="caption-attachment-9826" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Têtes de lion sculptées dans un bloc de quartz, Rome, VIème siècle. Sans doute éléments d’accoudoirs, elles évoquent la pureté du cristal de roche lequel, associé au lion, symbolise le pouvoir.</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un objet de science, d’art… et d’interrogation </strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">On trouve des gisements de quartz hyalin partout : les plus connus se situent en Allemagne, dans les Alpes, en Arabie, aux Indes, au Pakistan, au Sri Lanka, en Amérique du Nord et du Sud et à Madagascar. Toutes les civilisations lui ont accordé une place dans leur spiritualité. Toutes l’ont considéré, travaillé, lui ont donné un rang, jamais des moindres. Appréhendé par Strabon comme <em>krystallos</em>, « glace » ou « eau gelée », il a été repris par Pline l’Ancien et occupe ainsi, de l’Antiquité jusqu’au premier cristallographe, la primauté dans tous les ouvrages de sciences naturelles. L’encyclopédiste Barthélemy l’Anglais (1202-1272), le définit, dans <em>Livre des propriétés des choses</em> (1247) comme une pierre reluisante et clere, qui a la couleur d’yaue, car il est engendré de nege ou de glace endurcie par moult de temps ».</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/le-vouvoiement-histoire-dun-panache-francais/02/03/2023/">Le «vouvoiement» : histoire d’un panache français</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">Cette approche pré-chimiste est remise en cause par Anselme Boèce de Boodt (1550-1632), qui ne parvient pourtant pas à expliquer l’origine de la pierre. Seul Jean-Baptiste Romé de l’Isle (1736-1790) y parvient en 1783 et mentionne le quartz, qu’il distingue encore du cristal. C’est la chimie du deuxième XVIIIème siècle qui permettra de considérer le cristal de roche comme un quartz. La portée symbolique de cette « mère des gemmes », responsable des propriétés de toutes les autres, fut longtemps issue, en Europe, de l’analyse du médecin Jean de Mandeville (1300-1372). Cette conclusion, curieuse pour nous, qui séparons le règne minéral du règne du vivant, conférait aux gemmes claires une vie rythmée par la naissance et la mort et faisait du cristal, par analogie, un conducteur de fécondité favorable aux mères.</span></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Une gemme pour le sublime</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Caton l’Ancien avait déclaré que « la vie humaine est comme le fer, elle s’use dans la pratique et se rouille dans l’inaction ». L’observation de l’utilisation par les hommes du cristal de roche nous permet de compléter cette analogie métallurgique en y introduisant une réflexion minéralogique. La vie humaine si elle s’use et se rouille, peut aussi se sublimer : tel est le rôle du cristal. Propice à la glyptique, l’art de la gravure, le cristal est partout, ce que nous montrent de nombreux travaux d’artistes au cours des siècles. Des perles de Tello (Irak) à l’<em>Aphrodite accroupie</em> de la Villa Getty, l’Antiquité représente un passage dans la sphère figuratif pour le cristal. On appréhende ainsi beaucoup mieux le travail minutieux des bagues papales du XVème siècle ou de la <em>Chute de Phaéton</em> en cristal gravé par Giovanni Bernardi (1494-1553) d’après un dessin de Léonard de Vinci.</span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/histoire/la-tulipomanie-de-la-bulle-speculative-a-la-vanite-florale/13/04/2020/">La Tulipomanie : de la bulle spéculative à la vanité florale</a></strong></p>
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<p><span style="color: #000000;">L’art européen comme oriental s’est saisi de cette matière, nous léguant un indice symbolique et spirituel sur son utilisation. Reliquaire de Saint Luc, collier à boule de Chilpéric, phylactère de Saint Hubert, châsse de Sainte Fausse : le cristal s’impose comme un moyen de visiter, plusieurs siècles après, les ateliers d’artisans dévoués répondant aux commandes des puissants. Le prêt par le musée du Louvre du <em>Salvator Mundi </em>de Joos Van Cleve (1485-1541) sublime cette relation, le Christ porteur d’un globe de cristal trônant au milieu du <em>frigidarium</em> clunisien transformé en Jérusalem céleste. On devine un jeu millénaire d’exposition des œuvres médiévales aux variations de la lumière, reflet de la puissance ecclésiastique. De nombreux objets moins attendus, telle une aiguière à forme de dragon de l’atelier des Saracchi, artisans lapidaires milanais, nous plongent dans l’usage profane de la matière, souvent conviée à la table des rois de France.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9827" aria-describedby="caption-attachment-9827" style="width: 480px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9827" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=480%2C354&#038;ssl=1" alt="" width="480" height="354" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?w=480&amp;ssl=1 480w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000243919_OG.jpg?resize=300%2C221&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption id="caption-attachment-9827" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Aiguière en forme de dragon, Atelier des Saracchi, Milan, XVIème siècle. © 2009 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi</span></figcaption></figure></p>
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<h3><span style="color: #000000;"><strong>Un pont entre les hommes</strong></span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’usage du cristal pourrait être un objet anthropologique, tant la matière fut utilisée par les civilisations les plus éloignées. L’énergie vitale attribuée au cristal trouve une illustration dans l’association amérindienne d’un quartz et d’une dent, sans doute à fin rituelle. Un polissoir à papier iranien portant une inscription coranique, l’intégralité de la sourate « <em>Ya-Sin</em> », lue en cas de guerre, de voyage ou de maladie nous renseigne sur la façon dont le monde médiéval relaya la fonction divinatoire de la gemme.</span></p>
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<p><figure id="attachment_9828" aria-describedby="caption-attachment-9828" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9828" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=640%2C521&#038;ssl=1" alt="" width="640" height="521" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/0000665116_OG.jpg?resize=300%2C244&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption id="caption-attachment-9828" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Polissoir à inscription coranique, Iran, XVIIIème-XIXème siècle © 2012 Musée du Louvre / Hervé Lewandowski</span></figcaption></figure></p>
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<p><span style="color: #000000;">La Renaissance et son nouveau regard apporté sur Euclide pousse Luca Pacioli (1447-1517), par son <em>De Divina Proportione </em>(1498) à adopter un regard géométrique sur le cristal. Albrecht Dürer (1471-1528) en déploiera les volumes tandis que les sculpteurs de vanités italiens feront les joies des grandes familles princières. Le quartz sera également partie prenante au XXème siècles et aux aventures de l’optique et du surréalisme. Revanche de la matière sur les hommes, le cristal sera aussi le support de l’une des plus belles blagues modernes : le crâne de cristal prétendument précolombien. Une série de crânes « découverts » au XIXème siècle et attribués au Mictecacihuati aztèque, tel celui longtemps exposé au musée d’Ethnographie du Trocadéro ne sont en effet considérés comme ce qu’ils sont, soit des créations allemandes contemporaines, que depuis quelques petites dizaines d’années. Le sujet fait sourire et évoque tout un pan de la pop-culture amatrice de prêt-à-penser, tel le <em>Royaume du crâne de cristal</em> qu’explore l’aventurier Indiana Jones (Steven Spielberg, 2008).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_9829" aria-describedby="caption-attachment-9829" style="width: 300px" class="wp-caption alignnone"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-9829" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&#038;ssl=1" alt="" width="300" height="300" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=300%2C300&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?resize=768%2C768&amp;ssl=1 768w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/12/800px-Crystal_skull_in_Musee_du_quai_Branly_Paris.jpg?w=800&amp;ssl=1 800w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><figcaption id="caption-attachment-9829" class="wp-caption-text"><span style="color: #000000;">Crâne de cristal du musée du quai Branly, Paris. Eugène Boban, un marchand d&rsquo;antiquité controversé, vend cette pièce à Alphonse Pinart, un jeune explorateur qui en fit don au Musée d&rsquo;ethnographie du Trocadéro.</span></figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’exposition poursuit sa réussite en montrant les capacités actuelles du cristal, qui, s’il est bien un minéral, reste un moteur vivant pour nos artistes. L’un d’entre eux, Patrick Neu, invité de l’exposition réinterprète certains motifs artistiques sur cristal : une scène de bataille sur un verre de cristal au noir de fumée, ainsi qu’une danse macabre dessinée sur la matière brute.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr width="50%" />
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		<title>Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lucas Dubois Jandot]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Dec 2023 22:52:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Abou Simbel]]></category>
		<category><![CDATA[Christiane Desroches Noblecourt]]></category>
		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
		<category><![CDATA[Haut barrage d'Assouan]]></category>
		<category><![CDATA[Nubie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Publié le 15/12/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/christiane-desroches-noblecourt-une-vie-pour-la-preservation-du-patrimoine-de-lhumanite/15/12/2023/">Christiane Desroches Noblecourt : une vie pour la préservation du patrimoine de l’humanité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #000000;"><strong>Christiane Desroches Noblecourt est une archéologue française spécialiste en égyptologie. Elle est connue pour avoir sauvé dans les années 1950-1960 les temples de Nubie en Égypte notamment celui d&rsquo;Abou Simbel.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il est des épopées bien réelles que la mémoire de l’homme ne saurait oublier, et que le temps, pourtant, vient à effacer. Loin de la métropole, par-delà la première cataracte du Nil, se dressaient autrefois dans l’Antique Nubie les vestiges d’une civilisation à nulle autre pareille. Œuvres d’un peuple singulier, ayant régné plusieurs millénaires auparavant sur la terre pharaonique, les trésors de Nubie étaient voués à disparaître sur ordre du président de la République arabe unie : « le Raïs » Gamal Abdel Nasser.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">La construction du Haut barrage d’Assouan censée préserver le peuple nilotique de la faim et générer une dynamique d’émancipation de l’Égypte sur le plan international (notamment vis-à-vis de la France et du Royaume-Uni ayant une position hégémonique sur le canal de Suez) par une logique de modernisation et d’industrialisation, signait en outre la disparition du patrimoine nubien et le délogement de son peuple. Philæ submergée, Debod inondé, Abou Simbel englouti, par les eaux de la modernité prête à reléguer le passé aux poissons pour affirmer sa nouvelle indépendance.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/benoit-chasseriau-lagent-secret-francais-au-service-de-simon-bolivar/31/12/2022/">Benoît Chassériau : l’agent secret français au service de Simón Bolívar</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Peu se soulevèrent contre le désastre annoncé, les islamistes voyaient dans ces temples l’incarnation d’une génération de cultes impies dont la disparition était souhaitable, la population égyptienne dans sa grande majorité ne s’en préoccupait pas et allait même jusqu’à démembrer les temples de leurs pierres pour édifier leurs propres maisons. Seules quelques voix s’élevèrent dans le désert intellectuel pour affirmer la nécessité de protéger ce patrimoine multi-millénaire de la destruction des eaux du Haut barrage. Parmi ces dernières, la plus flamboyante fut sans aucun doute possible celle de Christiane Desroches Noblecourt, une archéologue française qui remua Ciel et Terre pour alerter l’opinion nationale et internationale sur le désastre historique qui se préparait.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Une vie pour l&rsquo;histoire</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Née à Paris en 1913 sous le nom de Clémence Christiane Desroches, notre héroïne suivit durant sa jeunesse des cours d’égyptologie et devint en 1934 chargée de mission au sein du Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre dont elle prit la tête en tant que conservateur en chef en 1974 au départ de Jacques Vandier. Protectrice des antiquités égyptiennes, elle le fut déjà durant la Seconde Guerre mondiale quand elle participa à la mise à l’abri de ces antiquités en zone libre. Ces faits de résistance furent d’ailleurs constatés par la collaboration qui l’emprisonna un temps sur ordre de la milice française.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/ferdinand-de-lesseps-le-constructeur-du-canal-de-suez/30/06/2021/">Ferdinand de Lesseps : le constructeur du canal de Suez</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Peu atteinte dans sa quête de vitalité, Christiane Desroches épousera en 1942 André Noblecourt et donnera naissance à un enfant. Professeur à l’école du Louvre en épigraphie égyptienne puis en archéologie égyptienne, elle sera la première femme titulaire d’un poste à l’Institut français d’archéologie orientale et l’une des premières femmes à diriger un chantier de fouilles. Forte de cette expérience, Christiane Desroches Noblecourt fut un lien puissant entre les nations françaises et égyptiennes, qui malgré quelques périodes de froids, firent toujours confiance à cette femme agissant au nom des intérêts communs des deux pays.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Apprenant le drame historique qui allait se dérouler, sous les yeux d’organisations internationales au regard absent, Christiane Desroches Noblecourt se mit à édifier une machine de guerre archéologique, politique et médiatique afin d’empêcher l’impensable : la destruction par les eaux de trente-deux temples et chapelles, mémoire de tout un peuple. Mais malgré sa légitimité peu l’écoutèrent, les historiens, scientifiques et autres politiciens préférant voir en cette quête pour la préservation historique les lubies d’une femme nécessairement hystérique. Peu importe, cela n’empêcha pas « la Noblecourt » de continuer son œuvre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">Sauvegarder le patrimoine nubien</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">Le projet de barrage est annoncé en 1954 par Nasser qui s’allie pour le projet aux Soviétiques. Christiane Desroches Noblecourt de son côté convint certains scientifiques de rallier sa cause et ces derniers répondent par la publication d’un rapport sur les antiquités de Nubie menacées de submersion par les eaux du Haut barrage un an plus tard (édité en français, en anglais et en arabe). Elle fonde par la suite le Centre d’études et de documentation sur l’Ancienne Égypte. Le 8 mars 1960, elle intervient à la tribune de l’UNESCO, peu après le début des travaux du Haut barrage, et lance un appel à la solidarité mondiale aux côtés du ministre égyptien de la culture Saroite Okacha (ami de Noblecourt et de Nasser) et d’André Malraux qui plaidera avec son lyrisme habituel pour la préservation aussi bien des personnes que des biens culturels.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/monde/le-mouvement-des-pays-non-alignes-un-acteur-discret-mais-vivace-de-la-scene-internationale/24/07/2020/">Le Mouvement des pays non-alignés, un acteur discret mais vivace de la scène internationale</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">Il déclara ainsi que « Pour le patrimoine artistique des hommes, nous faisons appel à l’univers comme d’autres le font […] pour les victimes de la catastrophe d’Agadir » et espérait ne pas avoir « à choisir […] entre les effigies et les vivants ! » car pour lui, « la survie des effigies est [peut-être devenue] une forme de la vie. ». L’appel de Malraux lance la campagne internationale pour la sauvegarde des sites et monuments de Nubie qui durera vingt ans et se caractérisera par la difficulté de trouver des financements. De nombreux Etats faisant des promesses de dons qui resteront non tenues, partiellement tenues ou actées trop tardivement.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pendant ce temps, Christiane Desroches Noblecourt s’entretient avec Saroite Okacha dans l’objectif de rédiger une lettre officielle devant être signée par le Président Nasser et visant à envoyer des missions archéologiques pour établir des relevés et garder la trace du patrimoine tendant à disparaître. La lettre est envoyée à René Maheu, sixième Directeur général de l’UNESCO, et ami de Noblecourt. Les missions d’inventaire des antiquités nubiennes puis d’inventaire des antiquités chrétiennes en Nubie sont constituées et donnent lieu à des rapports. Des campagnes de fouilles sont lancées sous un soleil accablant et presque criminel (la température atteignant 58°c à l’ombre cumulée à l’interdit de boire en période de Ramadan) et permettent de faire sortir du sable du désert de nouveaux artefacts et temples. Christiane Desroches Noblecourt n’a pourtant qu’une obsession, non pas ce qu’elle pourrait trouver au fil des fouilles, elle pense d’ailleurs à tort qu’ils « ne trouveront pas grand-chose », mais bien de préserver le temple d’Abou Simbel et ses colosses, érigés à la mémoire de Ramsès II.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="color: #000000;">L&rsquo;oeuvre d&rsquo;une vie</span></h3>
<p><span style="color: #000000;">L’argent est donc une nécessité première. Comme les Etats versent au compte-gouttes, Christiane Desroches Noblecourt décida de reprendre la main et monta de toute pièce une exposition dédiée à Toutankhamon à Paris dont les bénéfices allèrent au sauvetage d’Abou Simbel. Parallèlement, des mécènes inattendus se font jour, des enfants, des centaines d’écoliers français, ainsi que des retraités firent parvenir une partie de leurs revenus (ou de leur argent de poche) par la Poste pour sauver le patrimoine égyptien. Et de l’autre côté de l’Atlantique, Jacky Kennedy fit pression sur son mari pour financer le sauvetage des temples, ce qu’il accepta en échange d’intérêts commerciaux, en bon américain qu’il était. Les Egyptiens quant à eux décidèrent de faire don de leurs temples nubiens de moindre importance en l’échange de financements (à titre d’exemple, le temple dédié à Amon de Debod finira ainsi dans la capitale espagnole).</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/opinions/egypte-juste-un-pogrom-de-plus-pour-les-coptes/03/06/2021/">Egypte : juste un pogrom de plus pour les Coptes ?</a></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;">L’eau monte inexorablement pendant ce temps, ce qui impliquait pour les archéologues de prendre des mesures radicales pour sauver les temples, même les plus folles. Le temple d’Abou Simbel, construit à même la roche fut ainsi découpé en briques grossières afin d’être déplacé un peu plus haut sur un plateau désertique au-dessus duquel fut construit une montagne artificielle, permettant de recréer un paysage semblable. Fruit du travail des meilleurs ingénieurs de la planète et de la passion d’une femme dont « la foi transportait les montagnes », le sauvetage fut la première et dernière véritable réussite à ce jour de l’UNESCO et de la communauté internationale dans une action ayant pour but de donner sens et corps au concept juridique qu’est « le patrimoine de l’humanité ». </span></p>
<p><span style="color: #000000;">Et bien que l’eau ait ravagé les paysages antiques et le lieux de vie d’une population millénaire, le patrimoine le plus précieux de Nubie fut tout de même préservé grâce au travail de Christiane Desroches Noblecourt, Saroite Okacha, René Maheu et plus subsidiairement du Général de Gaulle. L’anecdote est amusante et mérite d’être racontée. Souhaitant sauver le temple d’Amada, Noblecourt annonça que la France prendrait en charge les dépenses y étant liées. Puis, elle prit contact avec un ami du Général de Gaulle pour que ce dernier lui permette de contacter « Le Connétable ». Elle fut par la suite introduite à l’Élysée pour rencontrer le « Grand Charles » prêt à blâmer son action. Ce dernier lui demanda comment avait-elle pu engager la parole de la France sans se référer au Président. Elle lui répondit de but en blanc « Mais, Général, en avez-vous référé au gouvernement de Vichy avant de lancer votre appel du 18 juin 1940 ? ». Le Général amusé lui répondit que la somme nécessaire pour le sauvetage du temple en ruine avait déjà été réunie avant son arrivée, le dossier fut clos comme ce modeste coup d’État au bénéfice de l’égyptologie.</span></p>
<p><span style="color: #000000;"><a href="https://egyptophile.blogspot.com/2019/06/christiane-desroches-noblecourt-la-dame.html">Christine Desroches Noblecourt</a> s’éteignit forte de ces miracles civils le 23 juin 2011 à Épernay. Ce jour marqua la disparition d’une femme d’exception qui a, à jamais, inscrit son nom au frontispice de l’éternité, aux côtés des représentations des antiques monarques qu’elle s’évertua à préserver pour la postérité.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Pour approfondir : <em>Les Immortels, l’épopée de Christiane Desroches Noblecourt pour sauver les temples de Nubie</em>, ouvrage de Claude Le Tourneur d’Ison, élève de madame Desroches Noblecourt.</span></p>
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		<title>Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Nov 2023 22:12:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<category><![CDATA[Édouard Corniglion-Molinier]]></category>
		<category><![CDATA[Indochine]]></category>
		<category><![CDATA[Militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9718</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 29/11/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/edouard-corniglion-molinier-linsouciance-dun-chevalier-du-ciel/29/11/2023/">Édouard Corniglion-Molinier : l’insouciance d’un chevalier du ciel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;"><strong>Édouard Corniglion-Molinier combattit lors de deux guerres mondiales, produisit au cinéma cinq films et fut plusieurs fois ministre. Sa vie constitue un témoignage du bouleversement que fut l’aviation pour une génération de chevaliers célestes qui, d’une guerre à l’autre, firent démonstration de leur goût pour l’aventure.</strong></span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Né à Nice le 23 janvier 1898, Édouard Corniglion refuse, malgré de brillantes études secondaires, le chemin tracé pour lui par son père notaire. Au sein du lycée Masséna de Nice, il fait la rencontre de Roland Garros, son aîné de dix ans et trublion débarqué de Cochinchine. Ce dernier l’initie au football, à la bagarre, à l’aviation mais surtout à l’école buissonnière, ce qui lui permet d’assister au fameux meeting aérien de Nice d’avril 1910, lors duquel il réalise son baptême de l’air. Issu de la même génération que Hubert Latham, Jorge Chávez ou Georges Legagneux, tous pionniers de l’aviation fauchés dans les airs avant 1914, Édouard Corniglion découvre, parcourant les salons aériens, sa véritable vocation. Dès l’âge de 17 ans, Édouard Corniglion, qui portera aussi le nom de sa mère, Anne Molinier, rêve de s’engager.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/roland-garros-portrait-dun-aviateur-qui-donna-son-nom-a-un-terrain-de-tennis/28/02/2021/">Roland Garros : un aviateur qui donna son nom à un terrain de tennis</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Dès 1915, encore âgé de seize ans, il maquille son état-civil et s’engage au 27ème bataillon de chasseurs alpins. Face à l’insistance de son père, il rejoint très vite la cavalerie et passe au 5ème régiment de dragons à Saumur. Un mois plus tard, il demande sa mutation dans l’aviation et décroche son brevet de pilote de chasse à Ambérieu, le 27 avril 1916. Brigadier, il est envoyé en Italie et intègre l’escadrille N392 où il combat les austro-hongrois dans le ciel adriatique. Il se porte volontaire pour toutes les missions, d’observation, de bombardement ou de chasse et obtient plusieurs victoires, malgré une blessure et le paludisme. Démobilisé avec le grade de sous-lieutenant en 1919, décoré de la Légion d’honneur et médaillé militaire, il est le plus jeune pilote de chasse français de la guerre, l’un des seuls rescapés d’une génération d’as qui comptait Georges Guynemer, Maurice Boyau, Michel Coiffard et tant d’autres.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9727"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="464" height="276" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=464%2C276&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9727" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?w=464&amp;ssl=1 464w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/561_N23_Corniglion.jpg?resize=300%2C178&amp;ssl=1 300w" sizes="auto, (max-width: 464px) 100vw, 464px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Nieuport 23 d’Édouard Corniglion. L’avion porte le juron vénitien qui est sa marque de reconnaissance : « Ocio ! Fiol d&rsquo;un can » (« Attention ! Fils de chien. »). ©Collection Paolo Varriale</span></figcaption></figure>



<p>&nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Entre-deux-guerres : des rêves plein la tête</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Docteur en droit et licencié ès lettres après-guerre, Édouard Corniglion-Molinier est peu emballé par la perspective paternelle. Fasciné par le Napoléon d’Abel Gance, l’un des derniers chefs d’œuvre du cinéma muet, il achète en 1927 les studios Victorine de Nice, où se rencontreront Marcel Carné et Jacques Prévert, duo iconique du cinéma d’entre-deux-guerres. Après l’adaptation du roman d’Antoine de Saint-Exupéry Courrier Sud (1937), il produit Drôle de drame (1937), devenu un classique par le célèbre « Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre » prononcé par Louis Jouvet. Lié à André Malraux depuis 1934, il produit son unique film, <em>Espoir, sierra de Teruel</em>, interdit en Espagne et censuré en France. Collaborateur du journal <em>Paris-Soir</em> puis de <em>L’Intransigeant</em> dans les années 1930, il participera en 1945 à la fondation du magazine <em>Point de Vue</em>.</span></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/marcel-dassault-le-capitaine-de-lindustrie-aeronautique-francaise/07/09/2023/">Marcel Dassault : le capitaine de l’industrie aéronautique française</a></span></strong></p>



<p>&nbsp;</p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le regard toujours tourné vers les cieux, il accepte en 1934 ce qu’Antoine de Saint-Exupéry et Jean Mermoz ont refusé : accompagner André Malraux sur les traces du royaume de Saba. Sans plan de vol, sans autorisations, sans connaissances archéologiques précises, ils éprouvent leur amitié au Yémen, vivant mille aventures. Sans jamais rapporter de résultats, ils deviennent les héros du magazine de comics américain Argosy, alors célèbre diffuseur de la série Tarzan. En 1936, aidés par Jean Moulin, le duo inséparable livrera des avions aux républicains espagnols. Enfin, Édouard Corniglion-Molinier s’embarque fin 1936 pour le Cap aux cotés de Jim Mollison, le plus jeune pilote britannique de la Première Guerre Mondiale, tentant de battre un record de vitesse depuis l’Angleterre.</span></p>



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<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Seconde Guerre Mondiale : les ailes de la Liberté</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Fin août 1939, il est appelé comme capitaine de réserve à l’état-major, et demande immédiatement une affectation à la chasse, renonçant à tous les privilèges de son grade et de son âge. Entre mai et juin 1940, lors de la campagne de France, il abat trois appareils ennemis et devient ainsi l’un des trois pilotes français à avoir descendu un avion dans les deux guerres. Prenant contact avec Emmanuel d’Astier de la Vigerie dès août 1940, il fonde le mouvement de sabotage et de recrutement La Dernière colonne. Surveillé par le Ministère de l’Intérieur du fait de sa proximité avec Malraux, il est arrêté à Marseille mais vite libéré : il rejoint alors New-York et s’engage au sein des Forces françaises Libres.</span></p>



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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI →&nbsp;<a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></span></strong></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Inconnu du général De Gaulle, qui avait ordonné « Que Corniglion me rejoigne et que Molinier reste en France », il devient chef d’état-major des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) au Moyen-Orient. Au cours des campagnes de Lybie et de Cyrénaïque, il constitue le groupe de chasse « Alsace » et le groupe de bombardement « Lorraine » et détruit une colonne de chars de l’Afrikakorps. Commandant des FAFL en Grande-Bretagne à partir de 1942 puis commandant des forces aériennes de l’Atlantique chargées de la neutralisation des poches de résistance de La Rochelle et Royan, il finit la guerre comme général de division aérienne. Édouard Corniglion-Molinier se voit alors proposer un poste en état-major, ce à quoi il répond « Je suis la mode, en temps de paix, je suis toujours en civil ». Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944, il ajoute à ses nombreuses décorations étrangères de 1914-1918 une deuxième Croix de Guerre, avec quatre citations.</span></p>



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<h3 class="wp-block-heading"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Mener sa vie sans chercher à l’écrire</span></h3>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">La guerre terminée, Édouard Corniglion-Molinier revient à ses passions : l’aéronautique, le cinéma et la presse. Administrateur de grandes sociétés, il est vite séduit par l’aventure parlementaire. Il est élu député des Alpes-Maritimes en juin 1951, après avoir été sénateur de la Seine et conseiller de la République en 1948. Lors de ses meetings, il s’associe au cinéaste Marcel Pagnol, entré en 1946 à l’Académie française. Il participe également, au travers du conseil général, dont il est membre, à la création du Festival international du film. Membre de la commission de la défense nationale et de la commission de la presse, de la radio et du cinéma, il se voit confier plusieurs portefeuilles ministériels : d’abord ministre d’Etat chargé du Plan puis Garde des Sceaux, ministre de la Justice, il devient ministre d’Etat chargé du Sahara et délégué général permanent de la République de Côte-d’Ivoire en France.</span></p>



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<p><strong><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">LIRE AUSSI → <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/pierre-lazareff-portrait-dun-des-plus-grands-patrons-de-presse-francais-du-xxeme-siecle/05/03/2020/">Pierre Lazareff : un des plus grands patrons de presse français du XXème siècle</a></span></strong></p>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Rallié au gaullisme au sein de l’Union pour la nouvelle République, il est à nouveau élu député des Alpes-Maritimes en 1962, mandat qu’il exercera jusqu’à sa mort. Membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, il reste conseiller général des Alpes-Maritimes et maire du village de Roquebillière. Très attaché à la modernisation de l’aviation civile et militaire, le général Édouard Corniglion-Molinier réalise le 18 juin 1955 le record de vitesse du trajet Paris-Nice à bord d’un Mystère IV N aux cotés de Gérard Muselli. Il est alors ministre des Travaux publics en fonction.</span></p>



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<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-9723"><img data-recalc-dims="1" loading="lazy" decoding="async" width="640" height="360" src="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=640%2C360&#038;ssl=1" alt="" class="wp-image-9723" srcset="https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?w=996&amp;ssl=1 996w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=300%2C169&amp;ssl=1 300w, https://i0.wp.com/www.billetdefrance.fr/sitewordpress/wp-content/uploads/2023/11/2.jpg?resize=768%2C432&amp;ssl=1 768w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption class="wp-element-caption"><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Le général Édouard Corniglion-Molinier passe les troupes en revue, 1945 © Service historique de la Défense</span></figcaption></figure>



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<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">Ayant refusé toute sa vie la mollesse de la conformité, il demande, toujours ministre, l’autorisation de sauter sur Diên-Biên-Phu, ce qui lui est refusé. Édouard Corniglion-Molinier avait déclaré « ne pas vouloir mener de vie tranquille et refuser de mourir dans son lit » : il meurt le 9 mai 1963 à bord de la Caravelle qui le ramène de Nice à Paris. Son éloge funèbre est prononcé en la cathédrale Saint Louis des Invalides par Gaston Palewski, lieu d’où, entourée des Compagnons de la Libération, s’éleva l’âme d’un chevalier du ciel.</span></p>



<p><span style="font-family: Georgia; color: #003446;">En 2019, dans une biographie intitulée <em>Édouard Corniglion-Molinier : un paladin au XXème siècle</em>, son gendre Maurice Ligot lui rendit hommage en livrant le récit d’une vie qui fut « un hymne aux facettes nouvelles et passionnantes du génie humain ». Du 2 octobre 2023 au 4 février 2024, le Musée de l’Ordre de la Libération, situé au cœur de l’Hôtel national des Invalides, consacre une exposition temporaire à « Un chevalier du ciel : Édouard Corniglion-Molinier ».</span></p>



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		<title>Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</title>
		<link>https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Arthur Ballantine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Oct 2023 18:01:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait du mois]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.billetdefrance.fr/?p=9478</guid>

					<description><![CDATA[<p>Publié le 25/10/2023</p>
<p>Cet article <a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/guillaume-le-marechal-vie-epique-du-meilleur-chevalier-du-monde/25/10/2023/">Guillaume le Maréchal : vie épique du «meilleur chevalier du monde»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.billetdefrance.fr">Billet de France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="s5"><strong><span style="color: #000000;"><span class="s4">Guillaume le Maréchal, issu </span><span class="s4">d’une modeste famille anglo-normande du XIIème siècle, vainqueur de nombreux tournois</span><span class="s4"> et</span><span class="s4"> survivant à cinq batailles, fut considéré par ses contemporains comme le meilleur chevalier du monde. </span><span class="s4">Elevé par ses dons dans la hiérarchie féodale jusqu’à devenir l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre, il devint, sous la plume de Georges Duby, </span><span class="s4">une</span><span class="s4"> sublime figure littéraire qui nous transporte aux Âges chevaleresques.</span></span></strong></p>
<h3 class="s3"></h3>
<p>&nbsp;</p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">La date de naissance exacte de Guillaume le Maréchal nous est inconnue. Les historiens l’on fixée aux alentours de 1145. Toujours est-il que l’homme lui-même n’a jamais </span><span class="s4">s</span><span class="s4">u</span><span class="s4"> son âge avec certitude. Sur son lit de mort, en 1219, il se plaignait de la lassitude que lui offraient ses quatre-vingt ans passés. Sans doute exagérait-il un peu. Au moins ajoute-il ainsi à sa légende un élément : celui d’avoir su, partant d’un lignage </span><span class="s4">relativement modeste, mourir l’égal des rois, offrant même</span><span class="s4"> un</span><span class="s4"> festin aux pauvres du royaume le jour de s</span><span class="s4">on passage. Un</span><span class="s4"> attribut </span><span class="s4">régalien</span><span class="s4">.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s2">« Dieu aide le Maréchal »</span><span class="s2"> : une fortune faite de bravoure</span></span></h3>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Fils de Jean le Maréchal et petit-fils de Gilbert, maréchal de la cour de Henri Beauclerc (1168-1135), Guillaume est l’héritier d’une famille de petits barons ayant</span><span class="s4"> la</span><span class="s4"> charge de seconder les connétables anglo-normands. Par sa mère, Sybille de Salisbury, il est allié à la famille de Tancarville, longtemps dépositaire de la charge de chambellan du duc de Normandie. C’est d’ailleurs auprès de Guillaume de Tancarville</span><span class="s4">, chambellan d’Angleterre, qu’il fera son apprentissage, sur le continent.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/dom-robert-un-moine-artiste-a-la-poursuite-de-la-nature/31/08/2023/">Dom Robert : un moine artiste à la poursuite de la Nature</a></strong></p>
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<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Plongé dès son enfance dans les luttes intestines </span><span class="s4">de l’Anarchie anglaise</span><span class="s4"> qui opposent les fidèles d’Etienne de Blois, neveu du défunt Henri Ier, à son héritière légitime et désignée, Mathilde l’Emperesse, épouse du roi des Romains, que Guillaume est </span><span class="s4">promis à un engagement politique et militaire</span><span class="s4">. </span><span class="s4">Preuve en est, ce jeune garçon jalousé en Normandie car chéri de son maître, ce qui lui vaut le surnom de « gâte-viande », est ceint dès sa vingtaine de l’épée, que Georges Duby</span><span class="s4"> (1919-1996) </span><span class="s4">analyse comme « un outil, mais d’avantage, un emblème du droit et du devoir de combattre ». </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Désormais jeté sur les routes comme cherche-fortune, Guillaume se met en quête d’un parti à servir. Le haut lignage de sa mère lui permet de se mettre à la disposition du comte Patrice de Salisbury, alors chargé par le roi Henri II (1133-1189) de veiller à la protection de son épouse, Aliénor d’Aquitaine (1122-1204). C’est à l’occasion de cette mission d’escorte que Guillaume prouve sa bravoure : son oncle Patrice est assassiné « à la poitevine », c’est-à-dire sans respect de l’honneur chevaleresque. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Répondant aux attentes de son lignage,</span><span class="s4"> il se jette dans une mêlée qui l’oppose à soixante-huit adversaires</span> <span class="s4">ce qui, malgré une défaite rapide, fait de lui un chevalier accompli, n’ayant pas </span><span class="s4">hésité</span><span class="s4"> à venger le lieutenant du roi et ainsi, le roi lui-même. Cet épisode lui permet, dès 1170, d’être choisi par Henri II comme membre de la </span><span class="s11">mesnie</span><span class="s4"> de son héritier, Henri le Jeune.</span> <span class="s4">Cet épisode fondateur nous permet de pleinement comprendre l’homme, à la suite de Georges Duby : « Il n’avait jamais cessé d’agir selon les règles de la chevalerie. En simple chevalier. Il n’avait jamais été que cela ».</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3 class="s3"><span class="s2" style="color: #000000;">Guillaume le Maréchal, u</span><span class="s2" style="color: #000000;">n tournoyeur devenu régent d’Angleterre</span></h3>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Guillaume le Maréchal relève-t-il de l’anomalie ou </span><span class="s4">poursuit-il une ascension sociale classique à la fin du XIIème siècle ? Pour Georges Duby, l’adresse militaire et politique de cet homme qui ne s’éloigna pas de son éducation chevaleresque lui permirent une fortune certes exceptionnelle, mais toujours juste, ne relevant pas d’autre chose que de son sens de l’honneur. </span><span class="s4">« Lorsque j’interroge ce document si riche afin de suivre la trajectoire d’une ascension personnelle, et ceci dans l’intention de construire, partant de cet exemple, des hypothèses mieux fondées sur ce que purent être les mouvements de capillarité, de promotion dans l’aristocratie d’Occident durant ce demi-siècle qui encadre l’an 1200, un fait m’apparaît très clair : la roue de la fortune élevant les uns, rabaissant les autres, tournait de plus en plus vite en ce temps-là, même dans ce milieu social apparemment stable »</span><span class="s4">. Le seul caractère de Guillaume lui permit donc d’être qualifié à sa mort de « meilleur chevalier du monde ».</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/jean-mariotti-un-poete-de-nouvelle-caledonie-a-lexil-volontaire/24/06/2023/">Jean Mariotti : un poète de Nouvelle-Calédonie à l’exil volontaire</a></strong></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​</span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Car c’est bien la chevalerie, cet art de vivre guerrier, qui permit au jeune serviteur d’Henri le Jeune d’accèder à l’inaccessible. Prenant le parti du fils contre son père lors de la révolte de 1173 </span><span class="s4">et 1174, il sert l’opposition au roi Henri II formée par ses trois fils, Henri, Richard, Geoffroy et leur mère Aliénor auxquels se joignent de nombreux barons. Cette lutte entre deux partis, Guillaume y participe brillamment au cours des tournois qui prennent place dans le nord du royaume de France. Capturant plus de cinq cent chevaliers lors de ces manifestations guerrières, où les prisonniers s’échangent à prix d’or, il acquiert la réputation d’un tournoyeur redoutable. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">En cette époque, ces théâtres de l’honneur réunissaient la fleur de l’Europe presque chaque semaine que compte les beaux jours et opposaient les équipes en « grande noise et grand bruit ». Dix ans de ce jeu qui n’en était pas un firent de lui le serviteur le plus connu des révoltés, si bien qu’à la mort d’Henri le Jeune en 1183</span><span class="s4">, son père le roi le pria à son service. Après une période de croisade au sein de l’ordre du Temple, temps méconnu par les chroniques, il devient le plus fidèle serviteur du roi dans la lutte contre Richard Cœur de Lion. </span></span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​<span class="s4">Le temps des tournois semble alors s’éloigner et Guillaume, confirmé lors de l’avènement au trône de Richard, épouse l’un des plus beaux partis du royaume, « la pucelle de Striguil », Isabelle de Clare (1172-1220). Pupille du roi Henri II, elle était dotée du château de Pembroke et du comté de Buckingham. Petite-fille du roi de Leinster, elle possédait un quart de l’Irlande ainsi que, par ses origines capétiennes, de nombreuses terres </span><span class="s4">au sein de </span><span class="s4">l’honneur de Longueville. </span><span class="s4">A la tête de soixante-cinq fief, Guillaume le Maréchal se transforme : il atteint le cercle étroit de ceux qui dominaient le monde.</span></span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/adrien-conus-du-chasseur-de-brousse-a-la-france-libre/06/11/2022/">Adrien Conus : du chasseur de brousse à la France libre</a></strong></p>
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<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Ne défiant jamais Jean Sans Terre, qui usurpe son frère Richard parti pour la Terre Sainte, Guillaume</span><span class="s4"> n’en fut pas pour autant son familier : il s’attacha à préserver l’Angleterre, exsangue des dépenses du roi croisé. Ainsi, il s’engagea naturellement à combattre les barons anglais ralliés au prince Louis (1187-1226) et, septuagénaire, remporta la bataille de Lincoln, le 20 mai 1217. Chevalier jusqu’au bout, il tua le jeune comte du Perche, âgé de vingt ans et raccompagna, sans faire de lui son prisonnier, le dauphin capétien sur les rivages sud de l’Angleterre. Dans un ultime élan de fidélité, il accepta la garde de l’héritier de Jean Sans Terre, le futur Henri III (1207-1272), alors âgé de neuf ans. Dans un monde où la chevalerie n’était déjà plus, le XIIIème siècle laissant la politique </span><span class="s4">guider les rapports humains, il se contenta donc, durant deux ans, de veiller à la bonne régence du royaume.</span></span></p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Relique d’un monde qui n’était plus, </span><span class="s11">William Marshal</span><span class="s4"> expira le 14 mai 1219, auréolé à jamais d’avoir été celui qui, atteignant au cœur d’un</span><span class="s4">e réalité</span><span class="s4"> changé</span><span class="s4">e</span><span class="s4"> le plus haut degré d’humanité, avait fait vivre l’incorruptible esprit chevaleresque du XIIème siècle. </span><span class="s4">Revêtu du manteau blanc à croix rouge de l’Ordre du Temple, il vit ses ultimes heures dans un nouvel état</span><span class="s4">,</span> <span class="s4">celui de moine, plus proche de l’hôte de sa dernière demeure</span><span class="s4">.</span></span></p>
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<h3 class="s3"><span class="s2" style="color: #000000;">La vie de Guillaume le Maréchal, un testament pour l’Europe</span></h3>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">De ses cinq fils, Guillaume (1190-1231), Richard (1191-1234), Gibert (1197-1241), Gauthier (1199-1245) et Anseau (1208-1245), tous comtes de Pembroke, le Maréchal n’obtiendra aucune descendance légitime. Opposé toute sa vie à une succession d’archevêques de Cantorbéry fidèle à Richard Cœur de Lion, il fut, en une génération, </span><span class="s4">dépouillé de tout héritage</span><span class="s4"> matériel. Son sang lui survit au travers de ses filles : Maud (1194-1248) par son premier mariage avec Hugues Bigot, comte de Norfolk, est l’ancêtre directe de </span><span class="s4">deux</span><span class="s4"> rois Plantagenet puis de tous les monarques d’Angleterre à partir d</span><span class="s4">e </span><span class="s4">Henri VIII (1509-1547)</span><span class="s4"> ; </span><span class="s4">Isabelle (1200-1240)</span><span class="s4">, par son premier mariage avec Gilbert de Clare, comte d’Hertford et de Gloucester, figure parmi les ascendants des dynasties écossaises Bruce et Stuart.</span></span></p>
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<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/silius-italicus-naitre-avocat-vivre-consul-mourir-poete/31/07/2022/">Silius Italicus : naître avocat, vivre consul, mourir poète</a></strong></p>
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<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Mort, Guillaume survécu aux siècles au travers d’une chanson biographique narrée par son écuyer, Jean d’Early, et mise en forme par un clerc copiste</span><span class="s4"> et trouvère</span><span class="s4">.</span> <span class="s4">Financé par Guillaume le Jeune, ce manuscrit, voué à l’ultime hommage d’un fils à son père, détonne avec les éloges de Philippe Auguste ou de Geoffroy Plantagenet, dont le souvenir fut fixé par la langue savante des liturgie ecclésiastiques.</span><span class="s4"> Plus proche de la chanson de geste que du modèle qu’était la </span><span class="s11">Vie des douze Césars</span><span class="s4"> de Suétone (70-140), ce récit fait du Maréchal un être à part.</span></span></p>
<p class="s5"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Cette œuvre</span> <span class="s4">monumentale,</span><span class="s4"> octosyllabique rythmé de plus de 19 000 vers</span><span class="s4">, dont subsiste un manuscrit du XIIIème </span><span class="s4">siècle, fut remise à la lumière du jour par Paul Meyer (1840-1917), qui le </span><span class="s4">publia en trois volumes</span><span class="s4"> sous le titre</span> <span class="s11"><em>Histoire de Guillaume le Maréchal</em>, comte de Striguil et de Pembroke, régent d&rsquo;Angleterre</span><span class="s4">. En 1984, l’historien Georges Duby grand </span><span class="s4">spécialiste</span><span class="s4"> du Moyen-Âge et auteur en 1978 du célèbre </span><em><span class="s11">Les Trois Ordres ou L&rsquo;Imaginaire du féodalisme</span></em><span class="s4">, lui consacra</span><span class="s4"> un ouvrage</span><span class="s4"> en 1978</span><span class="s4">,</span> <em><span class="s11">Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde</span></em><span class="s4">, dans lequel, sur le modèle du </span><em><span class="s11">Dimanche de Bouvines</span></em><span class="s4"> (</span><span class="s4">Fayard, </span><span class="s4">1973), il présente une analyse d’un homme dans une société et dans un environnement donnés : « Mon propos est d’éclairer ce qui l’est encore très mal, en tirant de ce témoignage, dont j’ai dit l’exceptionnelle valeur, ce qu’il apprend de la culture des chevaliers</span><span class="s4">. Je veux simplement voir le monde comme le voyaient ces hommes ».</span><span class="s4"> Véritable œuvre théâtrale, cette œuvre moderne donne l’un des plus beaux récits de chevalerie.</span></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">LIRE AUSSI → </span><a href="https://www.billetdefrance.fr/culture/charles-de-broglie-un-diplomate-espion-promoteur-de-la-fayette/29/09/2022/">Charles de Broglie : un diplomate espion promoteur de La Fayette</a></strong></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;">​</span></p>
<p class="s3"><span style="color: #000000;"><span class="s4">Le dernier hommage notable qui accompagne le nom de Guillaume le Maréchal est celui que lui re</span><span class="s4">n</span><span class="s4">dit le royaume de France. Apprenant la nouvelle de sa mort, Philippe II, qui portait le surnom des empereurs romains, </span><span class="s4">l’annonça</span><span class="s4"> à son plus preux serviteur, Guillaume des Barres</span><span class="s4"> (1160-1234), qui, par son éclatant esprit chevaleresque reste, pour l’éternité, l’Achille de son temps. Ce dernier, se levant, souffla au roi de France que seul le Maréchal devait être digne des éloges du capétien : « Sire, je juge que ce fut le plus sage chevalier qui fut vu, en nul lieu, de notre temps ». Ainsi, le royaume de France, celui du premier lieutenant de Dieu sur Terre, rendit à son plus grand adversaire</span><span class="s4"> le plus juste des hommages</span><span class="s4">.</span></span></p>
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